‹ Le costume au moyen âge d'après les sceaux (volume 2)Chapitre 16 sur 77 · FORME DES MATRICES · texte numérisé non relu

FORME DES MATRICES

G%ter&& out ce que nous avons dit sur les différentes formes des sceaux s'applique nécessairement aux instruments qui les ont engendrés.

Ceux-ci offraient de plus une poignée qui a varié avec les temps et avec leur destination particulière.

Les premières matrices, les plus anciennes, étaient enchâssées dans un anneau. On disposait comme les coins des monnaies celles qui devaient supporter le choc du marteau pour frapper des sceaux métalliques.

Quelques-unes sont munies d'une anse ; d'autres présentent simplement à leur bord un appendice perce d'un trou où Ton passait une chaîne ou un lien pour les suspendre; chez certaines, la poignée consiste en une lame soudée perpendiculairement à leur surface libre. Dans les ty " ; petits, tels que les contre-

sceaux, elles se te t en une poignée conique ou

en pyramide, péri ;on sommet d'une ouverture

circulaire ou tréfli Les matrices les plus modernes portent une douilh destinée à recevoir un manche.

Les matrices ibles, c'est-à-dire les matrices

accompagnées d'un type à contre-sceller, si elles étaient d'or ou d'argent, comportaient une chaîne de même métal qui les tena réunies. Celles de bronze se couplaient avec une lanière de cuir ou des rubans pareils à ceux dont il a été parlé à l'occasion des attaches des sceaux.

DE LA l IRDE DES MATRICES

s a garde et l'emploi des matrices des sceaux publics étîi nt confiés à des personnes d'une probité et d'une loyauté reconnues.

C'était un granc dignitaire de la couronne, le chancelier, qui avait la garde du grand sceau royal. Le roi conservait près de lui ses cachets et signets privés.

L'inventaire des meubles de Charles V dit : ce Signets estans ou coffre de cypraes dont le roy porte la clef. » En Angleterre, le chancelier ne se dessaisissait jamais du sceau royal : maître Roger, vice -chancelier de Richard I#r, ayant péri dans un naufrage proche l'île de Rhodes, on trouva le sceau royal suspendu à son cou. Le sceau privé de Henri VIII était gardé par Jean Russell, chevalier de la Jarretière.

Le garde des chartes de la grande église de Constantinople portait sur sa poitrine le sceau du patriarche.

Dans les chapitres, dans les abbayes, c'était également au chancelier qu'était attribuée la conservation du sceau. Chaque juridiction, bailliage, prévôté ou vicomte, avait son gardien du scel ; dans certains tribunaux ecclésiastiques, on l'appelait sigillifer.

Les chevaliers, les bourgeois conservaient toujours leurs matrices avec eux : le châtelain de Coucy, atteint à la croisade d'une blessure mortelle, jette son signet à la mer.

Le maire de la ville d'Amiens portait à la ceinture les sceaux de sa ville : ce A Euvrarde, ouvrière de broudure, pour son salaire et labeur d'avoir fait et ouvré de broudure une bourse pour les sceaulx de la ville que porte à son chaint le majeur d'Amiens... » (Comptes de la ville, 1 384-1 385.) C'était en effet dans des bourses qu'on enfermait d'ordinaire les matrices de sceaux.

Dans un registre de l'argenterie de la reine, en

1403, nous trouvons que Jaquette d'Espinay, boursière, fournit deux bourses à mettre les sceaux du dauphin et de madame de Bretagne.

Les comptes de l'argenterie du roi Jean, i352-i355, mentionnent des achats de soie, d'or de Chypre, de velours bleu et de camocas livrés à Pierre des Barres, orfèvre, pour conl :tionner deux tasses, c'est-à-dire deux bourses : l'une pour le chancelier de France, et l'autre où l'on enfermait le scel secret. A celle-ci brillait une perle vermeille. Un peu plus loin, une aune de fin velours azuré, une demi-livre d'or de Chypre et une demi-livre de soie de couleur ardente sont em- ployées à fabriquer quatre bourses à mettre les sceaux du secret du roi, du dauphin, du duc d'Orléans et du comte d'Anjou, cette dernière suspendue à une chaîne d'argent.

La perte ou le vol d'une matrice pouvait exposer son propriétaire à de terribles conséquences. Ayant tout à redouter d'actes scellés sans sa participation, il s'empressait de révoquer le sceau perdu par un acte dressé à la chancellerie, au Chàtelet ou devant une autre juridiction. Il avait aussi recours à une déclaration publique dans laquelle il annonçait la perte de la matrice, en donnait la description, recommandant de ne pas ajouter foi aux lettres qui en seraient désormais scellées. La première déclaration était suivie d'une seconde relative au nouveau type remplaçant la matrice perdue.

Voici la dénonciation de la perte des sceaux de la ville de Paris : « Vendredi i o décembre 1417, maître Jehan le Bugle, ou nom et comme procureur de la ville de Paris, vint en la chambre de Parlement dénuncier et signifier que le jour précédent les seaulx de ladicte ville de Paris avoient esté perduz par larrecin, et que ce n'estoit pas l'intention de la ville de ad jouter foy désormais à ce qui seroit fait soubz le scellé des ditz seaulx depuis le dit larrecin, et perte dessuz diz. Mais feroit faire autres seaulx nouveaux differens à ceulx qui ont esté perduz. »

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