‹ Le costume au moyen âge d'après les sceaux (volume 2)Chapitre 51 sur 77 · LE MANIPULE · texte numérisé non relu

LE MANIPULE

ans les premiers temps, le manipule portait le nom de suaire. C'était une pièce de linge fin et blanc, une serviette destinée à essuyer

les mains et le front de l'officiant. Le prêtre le tenait

à la main. Appelé à remplacer dans sa destination

l'oraire transformé et dénaturé,

le suaire subit, bien avant

l'époque qui nous occupe, un

sort analogue. Prenant le nom

de manipule, il devint un simple

attribut qui se traduit sur les

sceaux par une bande d'étoffe

brodée, fixée par le milieu sur

le poignet gauche du prêtre et

par -dessus l'aube, ses deux

extrémités retombant libres de

chaque côté du bras.

Sa forme et sa décoration

suivent la forme et la décoration de Tétole. C'est une petite

étole dont les bouts sont pâtés et sans franges, sur

les sceaux de Hugues de Toucy et de Guillaume, de

Champagne, archevêques de Sens, en 11 58, 11 69;

Fig. 347.

D'après le sceau de l'abbaye

de Saint-Araand,

xii" siècle.

Pâtés insensiblement dès leur naissance et garnis de trois pendants, dans le type de Thibaud d'Heilly, évêque d'Amiens, en 1170;

Potences et frangés, comme Tétole, sur les sceaux de l'abbaye de Saint- Amand (fig. 347), au douzième

Fig. 348.

Guillaume,

archevêque de Reims,

Fig. 349.

Richard,

abbé du Bec,

Fig. 35o.

Pierre,

évêque de Meaux,

siècle, — de Guillaume IV, évêque d'Avranches, en 1 2 1 3 ;

En palette et frangés, chez Robert de Torigny, abbé du Mont-Saint-Michel, au douzième siècle, — Hugues, évêque d'Auxerre, en 1120 (fig. 341);

Droits et sans franges, dans le type de Guillaume, archevêque de Reims, en 1224;

Droits et frangés, sur les sceaux de Guillaume,

VETEMENT SACERDOTAL

archevêque de Bourges, en 1201, — de Richard, abbé du Bec (fig. 349), en 1221, — de Robert, évèque de Beauvais, en 1240.

De même que l'étole, le manipule est décoré près de ses extrémités de riches parements d'orfroi, de broderie et d'orfèvrerie : d'orfroi, sur le sceau de Pierre, évêque de Meaux (fig. 35o), en 1225; d'orfèvrerie, sur celui de Samson, archevêque de Reims, en 1145. Le manipule de Hugues II , abbé de Saint-Bénigne de Dijon, en 1269, est brodé de perles dans toute son étendue.

En jetant un coup d'œil sur les dessins qui accompagnent ce texte, on ne manquera pas de saisir la différence qui existe entre ^"^oîf"* ces manipules et les manipules modernes. I369' Autant ceux d'à présent sont courts, raides et lourds, autant ceux du moyen âge étaient longs, souples et élégants.

Fig. 35 1.

Hugues H,

abbé de

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