‹ Le costume en FranceChapitre 50 sur 117 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

constant, quoique les femmes missent leur coquetterie à les modifier étrangement. D'après Quicherat , ils furent fendus depuis les épaules jusqu'au dessous des hanches pour mieux montrer la cotte. « Le corsage fut amené à n'être plus qu'un collier d'étoffe que deux bandes verticales rattachaient à une vaste jupe. »

Sous Charles VI, la houppelande devint une pièce du costume féminin; en ce cas elle n'était point fendue sur le devant, mais retenue par une large ceinture, et ressemblait fort à la chape close.

En ce qui concerne la coiffure, aux tressoirs d'orfroi succédèrent les frontaux, et la hiive ou voilette empesée qui faisait de grands plis remplaça la souple guimpe. Les atours « en bourlées ou en oreilles » étaient des pièces rembourrées qui accompagnaient le visage de diverses façons et nécessitaient l'emploi de faux cheveux :

Voslre affubler est comme un grand cabas; Bourriaux y a de coton et de laine.

Autre chose plus d'une quarantaine, Frontiaux, filets, soye. espingles et nœuds; Rendez l'emprunt des estranges cheveux,

dit un poète du temps.

Ajoutons que les ceintures formaient l'un des plus riches ornements du costume des femmes; on les faisait en étoffe brodée, en cuivre, en argent avec des ornements d'émail; on y suspendait des aumônières, des bourses, des chapelets, des cachets. Le goût des bijoux commence à ruiner la noblesse ; bracelets, agrafes, bagues, colliers, chaînes et carcans ou hausse-col d'or-

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fèvrerie, sont d'un usage si répandu qu'on peut dire que les pauvres hères seuls n'en portaient point. Encore ne faut-il pas oublier que les amples chaperons, les

jaquettes fourrées , les souliers à la poulaine furent adoptés par les paysans euxmêmes.

Habillement chevaleresque. — La mode des habits courts et collants pour le costume de ville amena une révolution analogue dans Tarmure. Plus de chevalerie martiale et agissante sous des atours chamarrés, plus de lourd haubert, plus de cotte de mailles, plus de gamboison ni de capuchon : une chemisette de mailles très fines s'arrêtant à micuisse, le haubergeon^ et un camail de même travail lacé au bassinet. La cotte d'armes elle-même a cessé de plaire; on la remplace par un powpoint collant et sans manches à plastron rembourré, plus court que le haubergeon. Il est lié à la taille par la ceinture de chevalerie. On revient pourtant aux grandes manches de la cotte.au temps de Philippe le Bon.

Mais qu'est ce changement auprès de celui qui s'accomplit dans les dernières années du siècle : la substitution de l'armure pleine aux armures de mailles !

Fig. 97. — Sceau du xiv^ siècle. (Demay.)

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