CHAPITRE IX
en s'affichant par la pompe d'habillements enrichis d'or
Archers sous Louis XI, (Suzanne, Hist. de l'Inf. française.)
et de fourrures; en mettant par-dessus ses courtes hardes des tabards et des surtouts fendus sur les flancs;... le
jour OÙ elle fut prise, elle avait sur le corps une Inique en drap d'or ouverte de tous côtés. »
Tous ces termes nous sont familiers ; on voit que, sous Charles Vil, le vêtement demeura court et serré ; ajoutons qu'il fut assez simple. Le luxe s'était réfugié dans les Flandres et à la cour des ducs de Bour^osne; Pinterminable guerre contre les Anglais avait son contre-coup sur la mode en France. Nous connaissons les formes de toutes les pièces du vêtement de la Pucelle tel que nous venons de le transcrire, et elles ne varièrent guère. La robe courte ou jaquette fut presque toujours séparée en deux morceaux : le corsage et la jupe furent de plus en plus étriqués. Les manches affectèrent une forme bizarre par l'emploi des maholtres^ sorte de bourrelets destinés à faire paraître les épaules plus hautes et plus larges et à donner aux manches une bouffissure artificielle; les gens de guerre eux-mêmes n'échappèrent pas à ce ridicule.
Le chaperon garda son antique vogue jusqu'à la fin du règne de Louis XI ; on ne fit que le rendre plus pratique en apprêtant et en fixant une fois pour toutes les replis de la cornette ; comme certains nœuds de cravate aujourd'hui, les chaperons étaient ainsi « tout faits » et faciles à mettre et à retirer. Les chapeaux, au contraire, furent taillés sur mille patrons : on en vit de ronds, de coniques, de pointus, de cylindriques; ceux-ci avaient des bords retroussés devant ou sur les côtés; ceux-là avaient une visière, ou bec; d'autres portaient sur la forme une étoffe, ou touaille^ ornée de fanfreluches. On vit des chapeaux n'avoir pas moins de 45 centimètres de hauteur. Le chapeau de Louis XI, son « vieux cha-