‹ Le costume historique (volume 3)Chapitre 146 sur 173 · A ? LL · texte numérisé non relu

A ? LL

Le]

LR LES

Las

ÉREENit one des ETS . mitbtété) he né

robe de soie juste assez écourtée pour dégager des petits pieds finement chaussés d’escarpins ; son fripon, coquet tablier de foulard ; le madras laissant voir deux bandeaux de cheveux partagés sur le front ; le fichu enveloppant un corsage dont la nuance était quelquefois en guerre ouverte avec celles de la robe et du tablier, tout enfin contribuait à donner à sa toilette un charme plein de séductions.

Puis venait la portanière ou femme du peuple, à la mise d’un éclat plus pittoresque, surtout les jours de fête où presque toutes arboraient la coiffe haute, large, recourbée, plissée en éventail et aux longues barbes de batiste. Le vêtement comprenait un jupon très froncé, aux couleurs éclatantes, toujours recouvert du tablier de rigueur; deux longues poches extérieures en basin blanc, se balançant à la ceinture et ayant toutes les apparences de paniers placés à droite et à gauche de la robe ; une brassière aux manches collantes ; par-dessus un fichu entr’ouvert devant et derrière le cou afin de révéler l'existence d’une chemise en batiste de qualité très modeste. La blancheur du linge se certifiait encore au moyen de petites ouvertures pratiquées de chaque côté de la brassière.

La haute coiffure a disparu peu à peu pour faire place à un mouchoir enveloppant la tête et s’élevant au-dessus d’elle en turban au moyen d’un peigne; deux des coins sont noués sur le devant, un autre se détache sur le côté et forme comme une aile plus ou moins développée ; une boucle de cheveux s'échappe de chaque côté du front,

Les villageoïses des environs, celles que l’on voyait les jours de marché portant sur la tête une balastre garnie de fruits ou de volailles, avaient un costume à peu près analogue à celui des portanières. Sauf le bonnet nécessairement plus bas, c'était encore la brassière, la jupe, le tablier et les mêmes grosses poches de percale ou de basin accompagnées d’un clavier, longue chaîne d'argent à laquelle se suspendaient des ciseaux, des clefs, des pelotes, etc. Ces femmes se garantissaient du froid ou de la pluie avec une cape qu’elles ramenaient sur leurs bras. La chaussure se composait de gros sabots peints.

À cette époque, l'habillement distinguait encore les rangs ; aujourd’hui la mode actuelle a pénétré dans les communes les plus reculées.

D'après la Statistique de la Gironde (18387), Bordeaux possédait dans un de ses faubourgs une population qui conservait une dénomination spéciale, à l'instar des Transteverins. Elle habitait les Chartrons, et les natifs de ce quartier s’intitulaient Chartronnais plutôt que Bordelais. Le mot chartronnes fut même trouvé pour signifier une promenade faite le long du quai des Chartrons.

D'ailleurs les habitants de Bordeaux ont toujours aimé les distinctions ; anciennement, ils se divisaient eux-mêmes en Bordelais francs, et en Bordelais métis. Les premiers étaient ceux qui comptaient plus de trois générations dans cette ville ; parmi les autres on rangeait les

“étrangers dont les pères seulement s’y étaient établis. D’où venait le vieux dicton : « N'est pas

Bordelais qui veut. »

Cet amour-propre local s'explique dans une vieille cité qui a toujours exercé une sorte de

protectorat sur un certain nombre de villes : au quinzième siècle, toutes celles qui l’environnaient prenaient la désignation expressive de filleules de Bourdeaux.

Les n° 1, 2, 8, 4, 6, 7, 8, 9, 10, 12, 14 ef 16 sont tirés du Recueil des divers costumes des habitants de Bordeaux et des environs, par de Galard et Géraud; Bordeaux, 1818-19.

Les n° 5, 11, 18, 15 ef 17 proviennent des Costumes des femmes de Hambourg, du Tyrol, de la Hollande, etc, par Lanté et la Mésangère, Paris, 1827.

Voir, pour letexte : Saint-Sauveur, Voyage à Bordeaux et dans les Landes, an VI (1798). — Bernadau, Tableau de Bordeaux, 1810. — De Jouy, l'Hermite en province. — Jouannet, Statistique de la Gironde, 1837. — Ducourneau et Monteil, la France nationale, 1844. — La Bordelaise, par André Delrieu (les Français peints par eux-mêmes, {ome VI).

————————"““ñp?" Q ———

EG

FRANCE. — XIXE SIÈCLE

COSTUMES POPULAIRES DES LANDES ET DES PYRÉNÉES OCCIDENTALES. PREMIÈRE PARTIE DU SIÈCLE.

N°S 1, 2, 8 et 4 — Département des Landes.

N°5 5,6, 7,8, 9, 10 et 11. — Pyrénées occidentales : n° 7, département de la Haute-Garonne ; n°% 6, 8, 10 et 11, Hautes-Pyrénées; n° 5 et 9, Basses-Pyrénées,

Page 1