‹ Le costume historique (volume 3)Chapitre 156 sur 173 · FRANCE. — XVIIE ET XIX* SIÈCLE · texte numérisé non relu

FRANCE. — XVIIE ET XIX* SIÈCLE

COSTUMES POPULAIRES DU LITTORAL DE LA MANCHE. PÊCHEURS DIEPPOIS : LES POLLETAIS

1 2 3 4 ÿ 6 7 8 ( 10 11 12 Nos 2, 3 et 5.

Dieppois et Polletais ; seconde partie du dix-huitième siècle,

Les costumes n° 2 et 5 ont conservé leur originalité pendant une bonne partie du dix-neuvième siècle.

Nos 7 8e 9, 10, 11 et 12,

Polletais; première partie du siècle.

Nos 1, 4et 6.

Types modernes de pêcheurs des deux sexes,

Dieppe fut longtemps célèbre par ses entreprises maritimes ; à la fin du moyen âge, lorsqu’elle se gouvernait elle-même en cité républicaine, ses marins, les plus expérimentés et les plus hardis navigateurs de l'Europe, trafiquaient avec tous les pays déjà connus, faisaient des découvertes et créaient de nombreux établissements aux Indes. La ville, enrichie par le commerce, devint très puissante et atteignit sa plus grande prospérité sous François I°'; mais différentes guerres, le bombardement de 1694 et l’envasement du port réduisirent la cité à l'ombre d’elle-même.

Depuis le premier empire, toute l’activité de Dieppe s’est tournée vers la pêche ; cette ville pourvoit à une bonne partie de l’approvisionnement de Paris.

Le Pollet, mentionné dès 1285 dans des lettres patentes de Philippe IIT sous le nom de villa de Poleto, est toujours le faubourg où habitent la plupart des pêcheurs. Cette petite localité, à peine séparée de la ville par un étroit chenal, a longtemps conservé une physionomie particulière avec ses rues torbueuses et ses maisons basses et lézardées, aujourd’hui disparues ; sa population, autrefois en état d’hostilité constante avec les Dieppois, ne se compose que de marins et de pêcheurs.

D’après quelques écrivains, ces loups de mer et ces fortes brunes au teint hâlé auraient une origine vénitienne. Il est reconnu que, vers les douzième et treizième siècle, époque où la colonie du Pollet semble s'être formée, les Vénitiens entretenaient de fréquents rapports avec les Normands, et qu'ils avaient coutume de faire escale à Dieppe, en se rendant en Hollande ou dans la Baltique. Les vestiges de leurs passages successifs pourraient à la rigueur se reconnaître dans le costume polletais, remarquable par un bariolage et un clinquant qui n'ont certainement pu être imaginés que par des hommes du Midi, et dans le langage des habitants dont la prononciation molle et efféminée est pour ainsi dire toute vénitienne.

Dans son tableau du port de Dieppe, J oseph Vernet, en groupant les costumes pittoresques de la localité, a eu soin de placer au premier plan plusieurs Polletais dans leur accoutrement particulier ; il n’a pas oublié non plus le marchand d'objets d'ivoire, car l’art de la sculpture sur ivoire est très ancien à Dieppe; seulement, si l’industrie en est prospère aujourd’hui, elle ne laissait pas, au dix-huitième siècle, que de péricliter d’une manière assez sensible : c’est le caprice de la mode qui l’a relevée.

Actuellement, on ne retrouve guère de différences extérieures bien accentuées entre les Polletais et les autres pêcheurs du littoral ; presque tous portent des habits de mêmes formes et de mêmes couleurs. Il en est de même au moral: partout le pêcheur normand participe du Polletais par une honnêteté proverbiale ; laborieux et intrépide, sa simplicité provient de l'ignorance complète de tout ce qui est en dehors de ses occupations habituelles.

Les femmes prennent part aux travaux de leurs maris, pêchent le long du rivage et vont vendre le poisson.

È échancré en pointe et recouvert d'un col rabattu ; XVIII SIÈCLE, AVE SERGDE ruban de velours autour du cou.

No 2: No 3.

Groupe de paysannes, Marchand ambulant d'objets en ivoire, Deux de ces femmes sont coiffées d'un bonnet à lon- No 5, gues barbes ; robe courte à corsage décolleté ; brassards autour desquels flottent les larges manches de la chemise ; la paysanne de droite porte un petit Bonnet rouge; longue yeste en drap à boutons de fichu de cou. corne ; sur la culotte, un cotillon de toile grise sem- L’accoutrement de la troisième femme est d’un blable à celui que portent les brasseurs ; mules de caractère plus citadin : coiffure plate; corsage cuir noir.

Pécheur polletais ; costume de travail,

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