BRETAGNE
COIFFURES DE FEMMES ET D'ENFANTS : LES BIGOUDENS DE PONT-L’ABBÉ ET LES CABELLOUS. — FEMMES SABLAISES.
POPULATION SALICOLE DE LA PRESQU'ILE DE GUÉRANDE COSTUMES DE MARIÉS; LE VENTEL, MANTEAU DE RELEVAILLES. PARALLÈLE DU COSTUME FÉMININ SAVOISIEN.
COIFFURES D'ENFANTS : LES cabellous.
Les cabellous, petits bonnets communs aux enfants bretons des deux sexes, sont d’une grande variété de couleurs. Les garçons, qui portent la robe jusqu’à l’âge de six ou sept ans, se distinguent des filles par une houppette ou un gland ornant leurs cabellous ; c’est le seul signe qui les fasse reconnaître dans les nombreux groupes d'enfants que l’on rencontre à l'entrée des vil-
lages.
COIFFURES DES FEMMES DE PONT-L'ABBÉ, DÉPARTEMENT DU FINISTÈRE : LES bigoudens.
Le bigouden est la coiffe de linon ou de coton dont les paysannes de Pont-l Abbé recouvrent leur serre-tête brodé de soie; non seulement cette coiffure prend une forme différente chez la jeune fille ou la femme mariée, mais elle subit encore, dans chacune de ces catégories, plusieurs variantes dont quelques exemples sont ici représentés.
Les temps ont voulu que l'harmonieuse appellation, si longtemps réservée aux bonnets, fût donnée à celles qui les portaient : on dit aujourd’hui, en parlant de ces paysannes, dont la coquetterie est proverbiale en basse Bretagne, les Bigoudens de Pont-l'Abbé.
Nos t; 2 7 et 8. No: 3, 10 et 11.
Bonnets de petites filles. 3onnets de petits garçons:
No 4, riche serre-tête, et, contrairement aux autres coiffes, c'est au fond que sont fixées les longues brides que l’on voit ici flotter dans tout leur développement. Quel que soit le mode de coiffures spécial à chaque région, les femmes bretonnes, dans toute espèce d’acte religieux, ont l'habitude de détacher les brides de leurs bonnets : en Cornouaille, le jour des offices, c’est avant d'arriver au bourg qu’elles enlè- No 5. vent les épingles qui maintiennent reployées les brides de fin lin ; dans les campagnes du pays de Tré- Bigouden de coton; une bride indépendante, passant guier et de Lannion, les femmes laissent flotter sur sur le dessus et nouée sous le menton, doit mainte- leurs épaules les deux ailes de leurs coiffes blannir cette coiffe sur le serre-tête brodé. ches.
Bigouden de linon, garni de brides nouées sous le menton, et posé sur un serre-tête brodé de soie. Derrière, les cheveux sont relevés sous la coiffe.
Ainsi encadré par la coiffe et ses brides, le bord du serre-tête qui entoure le visage rappelle la templette de l’époque d'Anne de Bretagne,
Coïffe de coton, s’éloignant par son caractère et ses proportions des exemples précédents ; la longueur des côtés ne semble pas la destiner à recouvrir un
Ce bonnet est tout à la fois une coiffe et un serre-tête : étoffe brodée d’or, d'argent et de soie ; fond enlinon plissé ; brides de couleur.
FEMMES SABLAISES.
Les Sables-d'Olonne sont habités par une des populations les plus robustes de la France; les hommes sont d’habiles pêcheurs de sardines, les femmes secondent leurs maris et se livrent, de plus, à la culture ; la plupart demeurent dans le faubourg de la Chaume, situé à l’ouest du port.
Leur costume à un caractère général que varient surtout plusieurs genres de coiffures ; la plus élégante est celle dont on voit un exemple dans la figure n° 16, la coiffe frisée ou cabriole.
Dans leur travail, les Sablaises marchent presque toujours pieds nus. Par les grands froids, elles sont chaussées de sabots et de palines, avec des bas sans pieds, appelés véroles, et vébues de cette même mante que portent les femmes de Batz pour leurs relevailles (voir n° 12), c'està-dire du vente! descendant à mi-Corps, recouvert de huit à dix livres de laine teinte en bleu ou en noir et tordue en écheveaux nommés bouchons. Les veuves des marins portent cette mante, même pendant l’été, comme vêtement de deuil. ee No 12.
Maraîchère des Sables.
Poissonnière sablaise ; costume du dimanche. } ) ; SE, ; ! Petite coiffe de toile, garnie d’une seule bride noire se
nouant sur l’un des côtés et encadrant étroitenent le visage. Casaque de laine légèrement décolktée, aux manches ornées de parements de velours. Robe
Cabriole de toile aux brides flottantes. Collier et boucles d'oreilles d’or. Camisole de laine aux manches bouffantes, et recouverte d’un châle à fran ges croisé
sur la poitrine, Jupe de molleton. Tablier rayé, dont l’une des poches contient un couteau suspendu à une chaîne d’argent accrochée dans la ceinture, Bas de laine, Chaussures de cuir.
de même étoffe que la casaque, Tablier à cosage couvrant un châle de laine tissée croisé sur la poitrine. Bas de laine. Souliers de cuir garnis de rubans de Soie, Cœur et croix d'or suspendus à une ganse noire.
POPULATION SALICOLE DE LA PRESQU'ILE DE GUÉRANDE ; DÉPARTEMENT DE LA LOIRE-INFÉRIEURE,
À l'extrémité ouest de la Loire-Inférieure, s’étend une péninsule uniquement habitée par des paludiers, répartis dans une demi-douzaine de villages entourés de marais salants.
Le village de Kaillé, à une lieue de Guérande, et le bourg de Batz, placé à une distance double, peuvent être regardés comme les deux points les plus importants et les plus curieux de la presqu'île. Là se trouvent les types de cette race péninsulaire qui tient au celtico-aquitain de la Loire par la haute taille, et au celtico-breton de l’Armorique par sa vitalité et son énergie.
À Saillé comme à Batz, la population est restée pure de tout alliage ; car la coutume des habitants de la région, de ne se marier qu’entre gens de la même commune, a été observée dans ces deux localités plus rigoureusement qu'ailleurs, à cause de l’industrie toute spéciale des habitants, de la langue bretonne et du costume traditionnel fidèlement conservé. Mais il en est résulté, à Batz et à Saillé, un nombre considérable de personnes portant un même nom de famille ; aussi ne s'y reconnaît-on qu’en ayant recours aux surnoms qui sont d’un usage général.
NULS. | Nos 14 et 15.
& Ilienne » du bourg de Batz ; costume de relevailles. Costumes des mariés de Saillé.
La pièce capitale du costume des « Iliennes » de Batz N° 14. Les cheveux de la jeune mariée sont divisés et est le ventel, mante faite d’un tissu extrêmement tressés avec soin, enroulés dans une bandelette et grossier, garni en dehors, et surtout au bord supé- ramenés sur le front de manière à former une courieur, de longs poils de laine peignée et teinte en ronne. Petite coiffe de batiste terminée en pointe et vert ou en noir, selon les circonstances. Depuis un dont les deux aïles flottent sur le cou. Sur cette temps immémorial, on se transmet, dans les familles, coiffe, est posée une couronne de fleurs d'oranger. ces singuliers vêtements dont la trame est inusable, Grande collerette de dentelle, Corsage violet aux et on les entretient toujours neufs en y repiquant, de manches rouges garnies de parements en drap d’or temps à autre, une nouvelle toison, brodé de soie; sous ces manches apparaissent deux
Lorsqu'une femme de Batz se présente à l’église ou trois autres manches blanches étagées. Pièce pour la cérémonie de ses relevailles, elle met des vête- haute et roïde, composée de rubans dorés couments noirs et se couvre de son épais ventel à laine sus ensemble et montés sur une espèce de plasverte; puis, prenant au bras un panier rempli de tron qui couvre toute la poitrine. Jupe de laine. Tapetits morceaux de pain, elle se dirige vers le bourg, blier de soie violette sur lequel retombe une écharpe accompagnée de quelques proches parentes. de soie aux bouts frangés. Bas rouges à coins dits à&
La messe pieusement entendue, la nouvelle accou- Jourchettes. Souliers à rubans. chée parcourt l’église, offrant aux assistants le pain N° 15. Grand chapeau à trois pics dont l’un est reque le prêtre a béni, puis elle reprend la route de levé sur le côté. Col de chemise rabattu, Premier son village. Chemin faisant, elle offre encore aux gilet de basin blanc croisé sur la poitrine, à hauteur de personnes qu'elle rencontre quelques morceaux de cou, et cachant complètement la chemise ; il est très pain bénit qu'on mange en se signant et en récitant long et couvre le ventre. Second gilet un peu moins’
à l’intention de la jeune mère un Pater et un Ave, | long, en flanelle blanche boutonnant droit et laissant
paraître celui de dessous. Troisième gilet de drap bleu par une rosette flottante, Bas blancs et souliers de foncé moins long que les deux autres, un peu fendu daim jaune,
sur les hanches et garni, autour des boutons et des Les jours de travail, le paludier porte un long sarboutonnières, d’un liseré vert. Sur ces trois vête- rau de toile blanche, muni, sur la poitrine, dune ments, se porte la chemisette, espèce de veste rouge large poche ayant deux ouvertures verticales. Lorstombant droit et moins longue que les gilets. Cu- qu’il est en deuil, il jette sur ses épaules un petit lotte de toile courte et bouffante serrée aux genoux manteau noir.