‹ Le costume historique (volume 3)Chapitre 28 sur 173 · ET EG SC · texte numérisé non relu

ET EG SC

DE

landais, le huiken tombant de la tête, pluvial antique que les fers d’or auraient empêché d’adhérer au visage lorsqu'il fallait le fermer. Malgré cette apparence de l'utilité pratique qu'auraient pu avoir les fers temporaux dans l’ancien costume des N éerlandaises, on n’en retrouve aucun, ainsi que nous l’avons dit, dont le travail soit antérieur au seizième siècle.

Le collier de grains de corail avec son fermoir d’or mat, bruni, de trois, quatre, cinq rangées, est à beaucoup près le plus répandu, et se porte avec les diverses sortes de fers.

Non moins typiques sont pour les hommes les larges boucles d'argent en disque portées à la ceinture du pantalon, les boutons d’habits, de cols et de poignets ayant même forme, ainsi que les garnitures des chemises et des gilets qui sont souvent de vieilles médailles transmises avec leur usage par les ancêtres. Le matelot porte ces parures comme le paysan de l’intérieur des terres; elles sont inséparables du costume national. Cette forme en disque des plaques d'attache, souvent ajourées, est d’origine germaine, c’est celle des plaques de ceinturon des anciens Teutons. Elles étaient de grande dimension, et tout à fait de la famille des plaques de ceinture du paysan batave.

Quant au couteau dont le paysan ne se sépare jamais, s’en faisant gloire, comme dans le pays des quatre métiers, à Axel et aux environs, où le couteau est suspendu à la ceinture

dans sa gaîne de cuir, les autres le portant en poche, il a été dit que c’est, au besoin, une arme de combat,

On se battait et on se bat encore au couteau dans la Flandre zélandaise en des duels réglés, et, suivant la gravité du cas, à lame entière, à mi-lame, ou au tiers de lame ; c’est-àdire qu’à la demande du provoqué, on entoure de ficelle la lame de manière à lui laisser la longueur voulue. Ces batailles au couteau sont terribles. Parfois les combattants sont liés l’un à l’autre par une ceinture commune. Il ne s’agit alors ni de rompre, ni de fuir, mais de frapper à mort,

La manière de provoquer l'adversaire, de l'avertir de se mettre en garde, diffère de race à race. À Axel, le provocateur enfonce son couteau dans la table ; les Ménapiens qui habitaient le canton de Gand en agissaient ainsi. Dans le canton d’Audenaerde, on provoquait en lançant le couteau au plafond, directement au-dessus de sa tête ; le plafond étant toujours bas, le couteau restait à la portée de la main ; aussi longtemps que la lame vibrait, l’homme provoqué avait le droit de produire ses moyens de défense. De Coster parle d’un cabaret de Zaamslagh, où le couteau, accroché par le manche au plafond bas, était en permanence dans la salle de réunion. On le touchait pour provoquer un adversaire que l’on désignait du doigt,

En Zélande, avant 1863, des villages entiers se donnaient rendez-vous pour se battre au couteau, Il y avait des haïines de village à village qui ne pouvaient s’assouvir que dans ces sortes de batailles,

Les paysans de Heidenszand en Beveland, et sans doute d’autres encore, savent lancer

leur couteau comme un stylet. La lame de ce couteau n’a que huit centimètres de longueur. En Walcheren, lorsque en face d’un péril imminent les diguiers ordinaires exerçant leur

profession de père en fils se trouvent en nombre insuffisant, on réquisitionne des ouvriers pour aider à parer au danger commun. C’est le sort qui désigne ceux qui prendront part au travail, car tous voudraient y participer. On jette le couteau en l’air pour décider entre les aspirants. C’est une espèce de jeu à pile ou face, nommé neerfje ou opperté; V'ouvrier lançant le couteau doit dire s’il tombera du côté de la lame où se trouve la marque du fabricant, ou de l’autre côté.

Ces matériaux, étudiés d'après nature dans la Section Néerlandaise, proviennent tous de l'Expo-

sition internationale de 1878 à Paris.

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