‹ Le costume historique (volume 3)Chapitre 30 sur 173 · COSTUMES NATIONAUX · texte numérisé non relu

COSTUMES NATIONAUX

BARDES IRLANDAIS, GUERRIER DES TEMPS PAÏENS. CHEFS, SOLDATS ET PAYSANS DEPUIS LE MOYEN AGE JUSQU’A NOS JOURS. —- LE Dreacan DU CLAN.

L'Écosse se divise naturellement en trois parties ; celle du nord est marquée par une suite de lacs qui traversent le pays du N.-E. au $.-0., depuis le golfe de Murray, jusqu’à l’île Mull. Le milieu est borné au $. par les golfes du Forth et de la Clyde, et par le grand canal qui les réunit. Le sud, bien cultivé et contigu à l'Angleterre a beaucoup d’analogie avec elle. Le pays est divisé en trente trois comtés. Les Highlands, hautes terres, sont les parties montagneuses de l'Écosse ; les Zowlands, sont les terres basses. Le pays est surtout montagneux dans les régions septentrionales ; les terres basses sont principalement dans le midi. En général, la chaîne des monts Grampians sépare les Highlands des Lowlands. Le Highlander, c’est le montagnard. |

Au delà des Grampians, en s’avançant vers le nord, et surtout après avoir traversé le comté d’Inverness, dont le chef-lieu est comme la capitale de toute l'Écosse, le pays devient rude et sauvage. Ces parties, couvertes autrefois d’une grande forêt, sont creusées de vallées profondes qui donnent naissance à presque toutes les rivières de l'Écosse. De vastes lacs complètent la physionomie de ce pays agreste, en lui donnant un charme que les Romains avaient ressenti.

Jusqu'en 1745, le mir of Raunah, désert d'environ vingt milles carrés dans le Perthshire, était resté impénétrable pour d’autres que pour les occupants qui en gardaient attentivement les étroits défilés. Avant le commencement du dix-huitième siècle il n’y avait presque aucune communication entre les Highlands et les Lowlands ; c’est seulement en 1811 qu’une voiture put aller des uns aux autres. C’est chez les montagnards que les traditions des ancêtres sont

restées le plus longtemps inaltérées. On sait que le trait caractéristique de l’organisation celtique qui est restée propre aux Highlanders jusqu’à ces derniers temps est la réunion en clan.

Le clan, qui tient le milieu entre la tribu et la famille, est un groupe dont tous les membres portent le même nom, en y ajoutant le préfixe #ac (fils). Un chef commandait cette communauté sous le nom de lard ou de chieftain. Sa souveraineté était un mélange d’autorité féo-

dale et de pouvoir patriarcal. Quoique le chef du clan écossais fut héréditaire, il était soumis à une sorte d’investiture.

La fabrication du tartan chez les Bretons remonte à une haute antiquité ; le plaid n’est pas moins ancien. On a signalé à son sujet que les montagnards des Highlands, doués en quelque sorte de l'instinct de certains animaux, donnaient à leurs vêtements la teinte des bruyères qu’ils parcouraient, pour échapper plus facilement à la recherche de l’ennemi. H y a peut-être, en effet, quelque intention de ce genre dans la disposition des lignes croisées, aux couleurs souvent changeantes qui forment le dessin écossais et que l’on désigne sous le nom typique de « breacan ». Le break, qui a d’ailleurs un nombre important de dérivatifs dans la langue anglaise, semble cependant devoir être surtout entendu dans le sens de rompre, brouiller, alté-

rer, fausser, casser, briser, ebc., autant d’effets que le breacan causerait à la vue. Ce qui a bien le caractère d’une ruse de guerre et aussi de chasse.

Le choix des couleurs et leur distribution n'étaient, d’ailleurs, point arbitraires. Le breacan qui est l’ensemble du dessin et de ses couleurs, différait pour chaque clan, et servait pour le ralliement ; 1l était réglé aussi selon le rang, ainsi que le fait la loi appelée Z{breachta, qui remonte à l’époque de la première arrivée de la colonie milésienne, dont les chefs en Irlande ont fourni à l’Écosse ses premiers rois dans le deuxième siècle de notre ère. Il n’est point inutile de faire remarquer en passant, que c’est sous le pavillon de ces milésiens, les rois.dalriadiques, que l’époque héroïque de l'Irlande s’est trouvée transportée en Écosse, par l’Ossian de Mac Pherson, fils de Fin-Mac-Cumhal ou Fingal, l’un des descendants de la race des rois irlandais ; eb que c’est ainsi, ces chants ayant tout embrouillé, que l’on a dû à peu près renoncer à distinguer ce qui concerne les populations des deux contrées, d’ailleurs si voisines, et qui demeurent véritablement inséparables lorsqu’il s’agit des temps anciens.

En vertu de la loi Ilbreachta, les paysans et soldats devaient avoir leurs vêtements d’une seule couleur; les officiers en avaient deux; les chefs de clan, trois. La classe supérieure des nobles, obligés d’avoir maison ouverte pour recevoir les étrangers, les Beatachs et les Bruighnibs quatre couleurs, cinq pour les plus nobles ; s Ollambs ou hauts philosophes, six ; la famille royale, sept. :

La forme du vêtement variait aussi dans certains détails, et ces différences se sont retrouvées dans les régiments qu’on a formés parmi les Highlanders. En outre de ces dissemblances,

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chaque clan avait ses armoiries particulières, et choisissait une fleur ou une branche verdoyañte, qui lui servait de symbole.

Ces mœurs originales, chères à des populations énergiques, aux montagnards qui surenb rester indépendants des souverains de l'Écosse, et résister autant qu’ils le purent aux rois d’Angleterre, étaient encore à peu près intactes au commencement du dix-huitième siècle. Les Highlanders qui avaient embrassé le parti des Stuarts en se soulevant en 1715 et en 1745, furent une première fois désarmés, mais incomplètement, par une opération qui dura de 1716 à 1724. Après leur défaite en 1745, on renouvela contre eux les anciennes ordonnances d'Édouard IV, de Henri VII et de Henri VIII, contre le costume national qui semblait être le symbole de leur vieille indépendance, et une provocation à la défendre. En 1748, on les frappait d’un nouveau coup en abolissant leur juridiction héréditaire. Ce ne fut que, en 1782, lorsque les passions furent apaisées, que le duc de Montrose fit rapporter l'ordonnance qui proscrivait le vêtement national. Devenu inoffensif, le vieux costume reste honoré comme un précieux vestige des anciens temps; mais le Highlander étrange, poétique et mystérieux a cessé de vivre,

N° 1. — Clan Mac Dugal de Lorn, de cliabh, la garde en forme de panier; targaid à double poignée,

Les Highlanders conservaient l'usage de se dépouiller de leurs plaids lorsqu'ils étaient chaudement engagés ; dans l'original, celui-ci est aux prises avec des soldats de Cromwell,

Costume des anciens Gaëls : cotte de flanelle ; simple jupon (fheile-beag); bourse (sporran) contenant la corne à tabac (snaoisin); claymore de cinq pieds huit pouces, à pommeau pesamment chargé de plomb contrebalançant le poids de la lame et la rendant

ainsi plus facile à manier; la claymore à deux mains N°04. — Clan Mac Inne, était à la fois & épée et bouclier »; petite dague à la ceinture. Guerrier armé de l’aseth, lance à main employée comme arme de jet; elle est garnie d'une courroie servant N°2. — Clan Ferguson. à la ramener une fois lancée ; veste en fourrure;

targaid orné du capan ; chemise de mailles par-dessus la cotte de flanelle et le Küfé,

Le targaid, malgré ses petites dimensions , suffisait aux montagnards qui l’opposaient aux archers.

Vêtement autrefois appelé Lein-Croich (chemise colorée au safran), en usage chez les Irlandais et les Écossais, et spécial aux Druine-usual ou gentilshommes ; cette pièce d’étoffe était habituellement de vingt-quatre mètres et quelquefois davantage ; — casque (clogaid) où se trouve fixée la branche de verdure, insigne des Ferguson ; bouclier (éargaid) en

bois couvert de plusieurs couches de lin mixtionné Bonnet rond appelé 4onaid-gorm, c’est la coiffure na-

N° 5. — Clan Mac-Cruimin où se trouvaient les pipers.

de goudron; il est orné d'un large ombilic, le ca- tionale par excellence ; il porte l’insigne végétal du pan, et d’une poignée intérieure; l'épée, nommée clan; — plaid en sautoir (dreacan-fheile); pourclaidheamb, est une arme différente de la longue point garni de passementeries en argent ; baudrier Claymore dont le poids exige la forte prise des deux en fourrure; petite claymore dont la poignée est mains. en forme de panier ou à cliabh ; cuarans, brodequins N° 3, —- Clan Mac Milan. de peau de daim.

; Chez les nations celtiques, les métiers ont été de

Bas (moggans) sans pieds, jambières du montagnard ; tout temps héréditaires, et ses. chefs avaient toujupon (Xik ou f'heile-beag) ; petite claymore en forme jours dans leur maison quelques hommes qui en

exerçaient un. Ceux-ci en obtenaient, en retour de l'accomplissement de leurs professions, certains privilèges et allocations destinés à leur propre entretien.

Un des plus importants de ces personnages était certainement le piper qui semble, dans les derniers âges, avoir succédé au harper, en animant la compagnie dans les banquets et en encourageant les clans, pendant la bataille, avec les notes excitantes de son instrument. Valter Scott en racontant la bataille de Culloden, montre l’intrépidité du piper se faisant tuer sur place en maintenant jusqu'au dernier moment l’ardeur des vaincus.

No 6. — Clan Mac Coll.

Personnage provenant d’une mosaïque de l’époque de Charlemagne.

Bonnet en forme de mitre; manteau qui n’est autre que la cklamyde ou le sagum romain; on l’attachait sur l'épaule droite par une boucle joignant les deux côtés, de telle sorte que le bras droit se trouvait libre, tandis que le gauche était caché et ne pouvait guère agir qu'autant qu’on relevait une partie de ce vêtement; collier orfévré; tunique courte serrée à la taille par une ceinture ; bas maintenus audessous du genou par des cercles d’or ; bottines.

N° 7. — Clan Mac Donald des Iles.

Laird des Iles tenant une audience sur le Tom Moid ou mont de la Loi; le type des barons qui l’entourent est représenté par celui qui se trouve auprès de lui et dont la tunique est décorée des grands carreaux du tartan.

Lurich (la lorica des Romains), haubergeon de mailles descendant presque jusqu’au talon ; doublet en cuir; les bras et les jambes montrent le breacan, c’est-à-dire le dessin et les couleurs du clan, spécial aux Mac Donald; — clogaid orné d’un cercle de pierreries et surmonté d’une aile d’aigle, insigne du chef, et d'une touffe de bruyère, marque particulière du clan ; jugulaire en corde de cuir tressée.

No 8. — Clan Mac Laurin; chef des premiers temps du moyen âge.

Cet archer porte le clogaid en forme de heaume conique; sous un doublet de soie, le Zurich, chemise de mailles ; le breacan-fheile, plaid en sautoir aux couleurs du clan; les cuarans, brodequins ; l'arc, et le carquois en peau de blaireau.

No 9. — Awenydd du temps des Romains, ainsi que les n°5 10 et 11 (voir aussi la planche DN, Grande- Bretagne).

Ce personnage est un élève barde inspiré par Awen, esprit de la poésie.

Habit aux couleurs des bardes, bleu vert et blanc. Dans la main droite de ce disciple est une coupe qui contenait, à ce que l’on croit, un peu du jus sacré, le gewin-a-bragaivd, vin et bragget, boisson galloise composée d’eau et de miel, avec quelques épices ; ou peut-être seulement l’hydromel que l’on buvait dans les grandes fêtes; la main gauche tient un oiseau, symbole de l’aspirant,

N° 10. — Olamh irlandais.

En général, l'habillement des bardes irlandais se composait de la cotte en toile teinte de safran et ornementée d’un travail à l’aiguille suivant le rang de celui qui la portait. Cette cotte était ouverte pardevant et descendait jusqu'à mi-cuisse; on la serrait autour de la taille avec une ceinture; les manches descendaient jusqu’au poignet.

Par-dessus, le cochal, long manteau avec capuchon, . couvert de bandes blanches, bleues, vertes et rouges ; couleurs auxquelles les Ollamhs ajoutèrent le pourpre, ce qui faisait six avec le jaune de leur tunique ; braies de couleur bleue; brodequins en cuir.

Ordinairement les Ollamhs se coiffaient avec le barrad, capuchon conique ; dans les fêtes, ils avaient la tiare,

N° 11. — Picte ayant à la main l’aseth (voir n° 4), trait que l’on ramène; arme appelée aussi ériniframma. A l'extrémité se trouve le aropstara (balle agissante) en bronze rempli de pièces de métal, afin de produire du bruit dans un engagement contre la cavalerie.

Ce Calédonien, tatoué sur toutes les parties du corps, est paré d’un collier que l’on ne pouvait avoir qu’avec la tête de l’homme, et d’une ceinture de chaînes en fer à laquelle est suspendue son épée,

N° 12, — Clan des Mac Qaaries,

Cet archer, le cearnaich du seizième siècle, est vêtu d’un doublet tailladé à la partie supérieure des manches ; du jupon, le fheile-beag et chaussé de cuarans.

La grande claymore est suspendue dans le dos, seule manière de la porter ; éargaid dont l’umbo est entouré d’une espèce d’anneau qui sert à embarrasser l’arme de l’adversaire; un crochet permet au porteur de le suspendre aù côté.

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