LE CAVALIER ET SA MONTURE. — ARMES OFFENSIVES ET DÉFENSIVES
(Ces costumes font suite à ceux des planches CF et CG.)
No 2, tonag ou guaïilleachan, tartan carré ressemblant à un petit châle et dont l’arrangement et les couleurs sont très en vogue chez les Highlanders. La broche d'argent, qui fixe ce tartan sur le milieu de la poitrine, est un des bijoux les plus estimés dans les familles; souvent d'une grande valeur, il se transmet à travers les générations.
Cette banarach tient de l'autre main une corde tressée lui servant probablement à porter sur le dos le cuman chargé de lait ; les deux mains tiennent alors le petit taquet fixé à l’extrémité de la corde.
No 1.
Vieillard du clan des Farquharsons ; combattant de la bataille de Culloden (1746).
No 4, Ce Gaël, drapé dans son ample tartan, tient dans ses mains la #uagh-cath, grande pique dont le fer est en FU “ee forme de hache, arme de fantassin des plus redou- Bonnet plat où se trouve l’insigne végétal du clan. La tien
Jeune fille du clan Sinclair.
Robe bleue, mélange de toile et de laine, produit du pays. Longue écharpe au breacan du clan,enveloppant la tête et retombant gracieusement en avant. On fixait autrefois ces pièces d’étoffe sur la poitrine au moyen d’une broche d’argent, de bronze ou de cuivre, bijoux qui jouèrent un certain rôle pendant les guerres civiles ; car les dames affichaient leurs opi. nions rien que par la façon dont les broches étaient posées.
Cette jeune highlander est nu-pieds, pratique très commune dans le pays, et qui n'indique aucunement une basse condition.
Homme du clan des Colqhons ; dix-huitième siècle.
cravate est inconnue, mais dans les grandes circonstances on fait usage d’un petit rabat. Pourpoint garni de boutons de cuivre. Plaïd de la plus grande longueur, mis en sautoir et fixé sur l'épaule par une large broche d'argent. Les érews (chausses) sont du même breacan que le plaid; c'est un haut-de-chausses complet sans solution de continuité. Baudrier auquel est suspendue la claymore à cliabh, c’est-àdire ayant une garde en panier. Ceinturon à boucle. Chaussures découvertes et lacées sur le cou-de-pied.
Banarach ou laitière ; clan des Mac-Nicols.
Cette laitière porte dans sa main le vase cuman objet
« qui recoit le tribut de lait du troupeau ». La principale particularité de ce costume consiste dans le
Plaid en sautoir, f'heile-beag (jupon) et moggans (bas) au breacan du clan. Jarretières rouges. Souliers à cordons lacés sur le cou-de-pied,
Femme drapée dans un a@risaid; clan des Urqharts.
L’arisaid est un plaid hors d'usage aujourd'hui; son
aspect pittoresque rappelle la lein-croich où chemise colorée des Irlandais et des Écossais des vieux âges (voie la planche C F). Ce plaid est d’une longueur suffisante pour envelopper quelqu'un de la tête jusqu'aux pieds, mais la manière de s’en draper consistait, après s'être couvert la tête, à le ramener vers la taille où il se trouvait serré par une longue ceinture de cuir à ornements d’argent.
Cheveux tressés et ornés de rubans rouges à leurs
extrémités, Fichu de mousseline qu'une broche fixe au corsage. Robe rayée. Souliers à boucles, Nowl5, Autre exemple d’arisaid ; clan des Mathesons.
Arisaid rayé jaune, assuré sur la poitrine par une large
broche et serré à la taille par la ceinture dont on
voit pendre l’extrémité sur le devant du plaid. Ce
manteau forme capuchon et peut au besoin se rame-
ner sur la tête.
Corsage de drap écarlate galonné d'argent et orné de boutons enjolivés de pierres précieuses. Cheveux tressés et garnis de rubans.
Le garçon porte un pourpoint et un kil ou f'heile-
beag de tartan, avec des cuarans en peau de daim montant assez haut.
No 17.
Cavalier monté du clan Mac-Niels.
Cet exemple donne le véritable spécimen du poney highlander dont la hardiesse et la sûreté de pied
. sont appréciables dans ce pays semé de fondrières et de passages dangereux.
Le cavalier a des &rews qui sont un haut-de-chausses bien ajusté sur la jambe, Jaquette serrée à la taille par une ceinture, Gibecière et poire à poudre. Large plaid en sautoir fixé sur l’épaule au moyen d'un anneau. Long fusil de chasse. Bonnet plat retroussé à l’aide d’une épingle faite d’un os de la jambe du daim, objet également très commode pour fixer à la coiffure l’enseigne végétal du clan.
Le caparaçon du cheval annonce son antiquité; mais ce même aspect si rude ne se rencontre plus même dans les districts les plus retirés. Ce harnais est composé de garrots ou de baguettes de coudrier tressées; un bâton tient lieu de croupière ; la bride est une corde de poils et la selle se trouve remplacée par une belle peau de bouc.
Il paraît qu’un gentilhomme highlander étonna bien l’entourage de Georges IV, lors du voyage de celui-ci en Écosse, en paraissant dans le costume de notre cavalier et monté sur un cheval harnaché de la façon présente.