‹ Le costume historique (volume 3)Chapitre 50 sur 173 · PRE ACTE TES PTE PE NP ETAINT EMMA ETS TES · texte numérisé non relu

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Saxe. — Cette nation à été longtemps considérée comme celle qui représentait la nation allemande tout entière ; actuellement encore, en Transylvanie, les descendants des colons germains de diverses provenances n’ont d’autre appellation que celle de « Saxons ». La race saxonne à toujours eu, d’ailleurs, une influence des plus actives sur le grand corps germanique.

Le haut du bassin de la Sprée, en Saxe et en Prusse, est encore occupé par quelques populations de langue wende, vestiges de la grande nation slave qui s’étendait autrefois jusqu’à l’Elbe, dans la grande plaine comprise entre les montagnes et la Baltique.

N° 10. — Femme de Dannstedt, district de Magdebourg; province de Saxe (territoire prussien), — Les femmes de Dannstedt ont une coiffure composée de longs rubans qui entourent le visage et tombent sur la poitrine ; en arrière sont deux rubans reployés et deux autres qui descendent jusqu'aux pieds ; ces derniers, d’une grande richesse, sont garnis de passementeries et de longues franges de soie ; le prix de ces rubans s’élève souvent à cinq frédéries d’or (cent dix francs). Chaîne massive ornée d’une croix. Corsage de soie aux manches longues et étroites. Jupe de même étoffe, garnie de broderies. Fichu de laine brodé de fleurs de soie, ainsi que de paillettes d’or et d’argent. Sur ce fichu, s’en trouve un autre plus petit en soie de couleur. Tablier couvert de broderies; ses rubans, qui retombent en avant, sont frangés d'argent. Bas bleu-gris. Souliers de cuir à rubans croisés sur le pied.

Les jeunes filles portent le même costume, mais leur coiffure ne consiste qu’en une couronne de fleurs.

N° 12. — Jeune fille wende de la Lusace. — Petit bonnet gaufré entouré d’une fraise de mousseline. Corsage de linon dans lequel disparaît un fichu de couleur éclatante, dont les extrémités reviennent décorer un gracieux tablier brodé. Les Wendes catholiques ont les plis de leurs jupes cousus les uns sur les autres ; ces plis sont sans coutures chez les protestantes de la même race.

Saxe-Altenbourg. — Les Slaves de la famille des Sorbes ou Sorabes ont pénétré jusque dans cette région de l'Allemagne, et forment encore une population à part dans les campagnes de Saxe-Altenbourg ; ils ont perdu leur idiome slave, mais ils se distinguent toujours par le costume et les mœurs. Chez eux, et d’après l’ancienne coutume du pays, les propriétés ne se partagent pas entre tous les enfants : c’est le plus jeune fils qui hérite, les grands étant censés d’âge et de force à pouvoir se tirer d’affaires tout seuls ; souvent ils restent domestiques chez leur puîné et contribuent à l'enrichir.

Nos 14 et 17. coiffure, faite de soie ou de satin, ornée de broderies d’or ou d'argent, est un objet important de la toi-

Femmes altenbourgeoises. C Le lette, Les couleurs foncées forment généralement le

Coiffure qui se compose d’une pièce d’étoffe formant calotte, plissée à la nuque et descendant jusqu’à la ceinture ; par le moyen de deux carrés de carton, la partie pendante est horizontalement maintenue près

de la tête et retombe perpendiculairement ; cette

fond du costume féminin altenbourgeois, qui n’est relevé que par l'originalité de sa forme et l'éclat de ses garnitures, La chemise est couverte d’une jaquette de cotonnade aux courtes manches toujours ornées, près de l'épaule, d’initiales brodées, Sur la

jaquette, est un corset très échancré par devant; cette échancrure est remplie par un large busc recouvert de la même étoffe que le corset auquel il est fixé par des rubans de couleur ; l’extrémité supérieure du busc cache une partie du menton ; de là, pour les paysannes, l’habitude de poser la main sur la partie supérieure de cette pièce de leur costume afin de pouvoir parler plus aisément. Large cravate de soie noire dont les extrémités ornent le haut du busc. Rubans de soie aux bouts frangés, couvrant entièrement le corsage et retombant sur les côtés du tablier. Sur une jupe de laine, se trouve la robe, formée de cinq aunes d’étoffe; la moitié est cousue en plis si serrés, que ce vêtement, formant maillot, accuse rigoureusement les parties du corps non recouvertes

par le tablier; cette robé ne dépasse pas le genou. Pour les fêtes, elle est toujours de soie foncée, et les broderies de la partie supérieure, ainsi que l’ourlet du bas, sont garnis de rubans de soie de couleurs. Tablier de soie (que l’on remplace par un tablier de toile dans l’intérieur de la maison) à larges plis et tombant un peu plus bas que la jupe; il est retenu par des rubans qui pendent sous ceux couvrant la jaquette. Bas de coton blanc maintenus par des jarretières de couleurs placées au-dessous du genou. Souliers plats, sans talons. Par le mauvais temps, les Altenbourgeoises portent des bottes de cuir montant à mi-jambe et garnies de velours à leur partie supérieure.

N° 13. — Fruitière de Hambourg. — Bonnet d’indienne sur lequel esb posé, en bandeau, un fichu empesé dont la pointe se tient droite au-dessus de la tête. Dans cette classe de marchandes, une femme était autrefois regardée comme pauvre si elle avait moins d’une demi-douzaine de jupes les unes sur les autres,

N° 18. — Jeune fille de Cobourg. — Sur le haut de la tête est fixée une petite calotte ornée de grosses perles de verroterie. Chemise à manches bouffantes, recouverte d’un corsage à petites basques. Robe à petits plis. Souliers découverts.

N° 5. — Type d'étudiant de l’université d'Heidelberg ; commencement du siècle, — Cet étudiant, d’allure romantique, a un toquet brodé d’argent ; son abondante chevelure retombe sur un col brodé. Avec sa gigantesque pipe de porcelaine, il a bien la tournure particulière à la jeunesse des universités allemandes ; il ne lui manque, indépendamment des balafres de rigueur qui décorent habituellement la figure de tout étudiant d’outre-Rhin, qu’une colichemarde pendue aux côtés de sa redingote brodée et des bottes à l’écuyère dans lesquelles s’enfoncerait son pantalon bleu à bande d’argent.

Les n°® 1, 2, 3, 4, 7, 9, 10, 11, 14, 15, 16, 17 ef 19 sont tirés du beau recueil Deutsche Wolkstrachten, de M. Albert Krestchner; Leipzig, 1870. Les n°° 12, 13 et 18 proviennent du recueil de Lanté et Gatine : Costumes féminins de différents pays ; Paris, 1827.

Les n° 6 et 8 font partie du Osteirreich-Ungarn National Trachten, collection de photographies éditée à Vienne.

Le n° 5 est reproduit d'après une gravure Juisant partie de la collection de costumes publiée au commencement du siècle par Martinet.

Voir, pour le lexle : Deutsche Volkstrachten ef la Géographie universelle de M. Elisée Reclus.

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