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Toilette de ville,
Coiffure de mousseline, laissant voir l'extrémité du chignon enveloppé d’une résille. Robe de dentelle à longue queue. Tunique sans corsage ; de légères bre-
S q ; £ telles en tiennent lieu. Le haut du bras est orné de bracelets de cheveux garnis de pierres fines, o No 8.
Toilette à la Vestule.
Coïffure en cheveux recouverte d’un voile léger et
ample. Tunique simple à queue traïnante,
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Costume de soirée.
Dans les cheveux, une couronne de corimbes. Canezou
rRanee xvurseenre PRANCEXVIIE STECCE PRankRe‘ex xvnrres JaBRT
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blanc à cordons lacés sur le devant et aux manches No 17.
courtes garnies de lisérés bleus. Sous ce corsage
passe une large bretelle qui se relie à la jupe de Phaéton du haut duquel une dame tient les rênes même couleur, de deux petits chevaux,
Nos 14, 15, 16 et 19.
Le Courrier des Modes constatait dès 1786 que les dames Bonnets-calottes de Paris et de Londres,
venaient d'adopter l'usage d’aller en cabriolet sans
Tous ces bonnets ont la forme de la vesica (vessie), cavaliers ; € Elles y vont seules, elles y vont deux, espèce de coiffe en usage chez les dames grecques. mais point d'hommes. » Elles conduisaient elles-mê- Le bonnet n° 19 a de plus une fanchon de couleur mes, ordinairement accompagnées par un seul jockei rose, venant se nouer sous le menton. qui criait aux passants de se garer.
Pendant le régime de la Terreur, quelques artistes, David à leur tête, avaient déjà préconisé le costume grec et le costume romain comme les deux types que les hommes et les femmes de-
vaient s’appliquer à imiter et à reproduire dans la République française. Quelques essais en
ce genre avaient été faits, avec plus ou moins de goût ou d’excentricité, parmi les classes appartenant aux arts, au théâtre, à la politique; mais ce ne furent que des essais isolés.
C’est du Directoire que date l'adoption du costume grec ou du costume romain. Ce dernier convenait mieux aux femmes grasses qui, par leurs formes opulentes, se rapprochaient plutôt des matrones de Rome ; l’autre costume appartenait de droit aux femmes plus jeunes, sveltes eb bien faites, ayant une taille élégante, et n’ayant rien à redouter des indiscrétions d’un costume léger. Ces merveilleuses à la grecque s’appliquèrent dès lors à copier les statues antiques et n’eurent que l'embarras du choix entre les robes à la Flore et à la Diane, les tuniques à la Céres et à la Minerve, les voiles à la Vestale, etc. Les couturières qui confectionnaient ces vétements archéologiques se faisaient aider par des peintres ou des sculpteurs : c'était Nancy pour les modes grecques ; Raimbaut pour les romaines. Le cothurne avait remplacé, pour les
vraies merveilleuses, le soulier en peau de chèvre rose, brodé en soie verte ou bleue.
La plupart des étoffes légères, exclusivement blanches, qu’on employait à la confection des costumes de femmes, étaient anglaises et provenaient des prises maritimes que le gouvernement faisait vendre à Brest et à Lorient, où les marchands se disputaient des milliers de pièces de mousseline, de linon et de batiste, que l’industrie nationale ne pouvait fournir. Le satin et le taffetas, le velours et les plus riches soieries ne trouvaient pas d’usage dans la toilette des femmes, insouciantes des intempéries de l’air et de la rigueur des saisons. C’est à peine si une merveilleuse se décidait à endosser, au cœur de l’hiver, une redingote de satin sans manches, eb si, dans les chaleurs de l'été, elle consentait à mettre son teint à l’abri du soleil sous un chapeau de paille dont la passe allongée se dressait en l’air de manière à ne rien cacher du visage ni de la perruque frisottée, (Voir la planche AH.)
À ces restaurations archéologiques, on avait doucement gagné le nu. La robe s'était retirée peu à peu de la gorge; et les bras habillés jusqu’au coude, suspectés d’être de vilains bras, accusés de s’envelopper dans une robe à l’hypocrite, se dénudaient jusqu’à l'épaule, On apprit tout à coup que les merveilleuses ayant jugé les chemises absolument inutiles, n’en portaient
plus. La chemise, d’après la théorie des costumes étroits et collants, « déparait la taille eb s’ar- « rangeait gauchement ; un juste bien fait perdait de sa grâce et de sa précision par les plis « ondulants et maladroits de ce vêtement antique. »
C’est l’anglomanie qui corrigea l'audace des merveilleuses que leurs excentricités avaient fait appeler des #mpossibles, en leur apportant des vêtements qui les couvrirent au lieu de les déconvrir, de véritables châles qui n'étaient plus des écharpes, des redingotes et des spencers. Les chapeaux de paille et les turbans réussirent encore mieux, parce qu’on les accommoda avec les exagérations de la frisure et du chignon.
Vers la fin du Directoire, la forme des robes, était encore celle de la tunique à manches courtes ; si les manches étaient longues, on les rehaussait d’une légère bordure en soie de couleur ou en broderie d’or. Les femmes se résignèrent à porter des bonnets ou des cornettes en crêpe ou en tulle avec ruches, dentelles et fleurs artificielles, et même des chapeaux et des capotes plus où moins fermées en étoffe de soie. Elles s’enveloppèrent aussi d'immenses châles qui tombaient jusqu’à terre et leur permettaient de conserver une toilette légère.
La mode des perruques se maintenait toujours, quoiqu’elle fût vivement blâmée et critiquée par les partisans des coiffures à la Titus, chez beaucoup de capricieuses qui se plaisaient à changer de physionomie en changeant de perruques qu’elles prenaient tantôt blondes et tantôt brunes, D’autres femmes refusaient d'abandonner leur longue chevelure, mais la mode vint à bout de leur résistance, Vers 1798, la Titus avait fait de tels ravages, qu’on ne voyait pas dix femmes sur mille qui eussent conservé leur chevelure ; elles regrettèrent amèrement ce sacrifice, quand on revint aux boucles frisées et aux chignons nattés. Voir, au sujet des postiches, des tours ou cache-folie, la notice de la planche ayant pour signe le Pied de cheval.
Pendant le Consulat, les révolutions perpétuelles des modes étaient tempérées par la liberté que chaque femme s’attribuait de choisir la toilette qui lui seyait ou lui convenait le mieux. Pujoulx raconte dans son Paris à la fin du dix-huilième siècle (1801), que le même salon lui avait offert à la fois trois femmes habillées, ou plutôt costumées, comme en carnaval, à la grecque, à la turque et à l'anglaise. « Je suis bien aise de faire observer », dit-il en terminant, « que ces trois êtres amphibies, franco-turco-anglico-grecs, étaient des Françaises. »
Le n° 9 est tiré d'une esiampe où sont représentées deux merveilleuses : « Les Héroïnes « d'aujourd'hui, » Deret del. e{ Blondeau sculp. Le n° 11 provient d'une suile de gravures intitulée & Modes el manières dv jour, » sans nom d'artiste.
Le n° 13 a pour original une de ces eslampes enluminées qui se vendarent chez Basse, rue Jacques, n° 670.
Les autres Jigures proviennent du « Journal des modes, » de la Mésangère, années 1800 eË 1801.
Voir, pour le texte : MM. de Goncourt, la Société française pendant le Directoire. — Quicherat, Histoire du costume en France, — ef Paul Lacroix, Directoire, Consulat et Empire.
FRANCE. — XVIIIE-XIXE SIÈCLE