‹ Le costume historique (volume 3)Chapitre 87 sur 173 · OFFICIER GÉNÉRAI · texte numérisé non relu

OFFICIER GÉNÉRAI

GARDE DU ROI : MOUSQUETAIRES ET JANISCHARS OÙ JANISSAIRES INSTITUÉS PAR JEAN III SOBIESKI.

Dans les premiers siècles de son existence, la Pologne n’avait pas d'armée régulière et les nobles composant l’ordre équestre étaient les seuls défenseurs du pays. Boleslas le Grand organisa le premier les forces nationales en instituant une armée de cavaliers qui, d’après les historiens, se montait à cent cinquante ou deux cent mille hommes. Mais l’armée régulière permanente ne date que du règne de Sigismond-Auguste (1562) ; ce souverain obtint des diètes que la quatrième partie des domaines royaux serait consacrée à l'entretien d’une force régulière qui prendrait le nom de woysko-kwarciane où « armée du quart ».

Deux parties composèrent à peu près de tout temps l’armée polono-lithuanienne, Dans la première, dite « nationale », et recrutée seulement dans l’ordre équestre, figuraient les Aussarz, les pancerns ou cuirassiers, et les petyhorcés, cavaliers lithuaniens. La seconde partie, formée de fantassins, de dragons et de cavalerie légère, comprenait toutes les troupes étrangères. Dans les périls imminents, et comme dernière ressource, l'État convoquait le Pospolité ou arrière-ban, composé de tous les hommes valides de la nation.

L'armée régulière ne fut jamais bien nombreuse, même dans les temps les plus florissants de la Pologne ; c’est avec quarante mille hommes qu’Étienne Batory fit sa campagne contre les Russes ; Charles Chodkiewicz, lors de son expédition de Chocim, n’en eut pas davantage ; et Sobieski, à la tête de l’armée européenne rassemblée sous les murs de Vienne, n’avait avec lui qu’une trentaine de mille hommes de sa nation.

Les rois de Pologne s'étaient donné une maison militaire, entretenue et équipée à leurs frais. Avant le règne de Jean ITT Sobieski, ce corps privilégié se composait de six cents gardes à pied, de six cents cavaliers et de douze cents hommes formant un régiment d'infanterie. Sobieski y ajouta une compagnie de Cent-Suisses (comme à la cour de France), deux cents heiduques hongrois et cinq cents Janischars ou janissaires, témoignages vivants de ses victoires contre les Turcs ; cette dernière troupe se tenait toujours auprès de la personne royale. Au siège de Vienne, l'entourage de Sobieski s’étonnait fort de voir un roi chrétien s’avancer contre le croissant avec une telle escorte ; c’est alors que le roi, s’adressant à ses janissaires, leur proposa de retourner vers leurs anciens étendards ou de gagner les derrières de l’armée chrétienne afin de n’avoir pas à combaëtre leurs compatriotes : tous répondirent qu’ils ne pouvaient vivre ou mourir qu'auprès de lui.

Les guerres continuelles avec les Tartares et les Turcs avaient mis la Pologne en relations fréquentes avec le monde asiatique ; aussi la cavalerie, composée de la noblesse, se faisait-elle

généralement remarquer par la magnificence de ses armes, le luxe de ses costumes et la beauté de ses chevaux.

L’infanterie soldée, paraît-il, ne brillait par la richesse de ses vêtements que lorsque les hasards de la guerre venait la favoriser. Les historiens racontent qu’à la bataille de Vienne, Charles de Lorraine appelant l’attention de Sobieski sur un régiment polonais remarquable par la pauvrèté de son équipement, le roi répondit : « Ce régiment a l'habitude de s’habiller aux frais de l’ennemi ; dans la dernière guerre tous ces soldats étaient vêtus à la turque. » Si ces

paroles ne les habillaient pas, elles les cuirassaient, comme dit l'abbé Coyer.

Étienne Batory (1575) avait essayé d'introduire l’uniformité du costume militaire ; mais cette mesure ne fut réellement en vigueur qu’en 1735, lorsque Joseph Potocki eut le commandement de l’armée.

Après le roi, les troupes polonaises avaient à leur tête deux généraux, l’un polonais et l’autre lithuanien ; ils étaient assistés de deux lieutenants ayant le titre de généraux de campagne, Dans chacun des deux corps polonais et lithuanien, il existait un maître de l'artillerie, un intendant de l’armée, un grand enseigne, un maréchal de camp et un général des sentinelles. Tes colonels, maîtres de leurs régiments, entretenaient eux-mêmes leurs soldats.

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