ITALIE. — XIVE, XVE ET XVI SIÈCLE
COSTUMES CIVILS ET MILITAIRES DE LA NOBLESSE. UN CONDOTTIERE. — OFFICIERS DE LIVRÉE.
C’est au douzième siècle que la fabrication des étoffes précieuses, jusque-là le monopole de l'Orient, s’introduisit à Lucques, Plaisance, Pise et Florence. L'Italie du moyen-âge ne se borne pas à propager ce qui contribue à la somptuosité du costume; elle innove en matière de mode et possède le privilège d’attirer sur les états qui veulent suivre son exemple une série de lois prohibitives de la part des gouvernants.
L'époque du véritable luxe est surtout le quinzième siècle et c’est chez les patriciens de Venise qu’il arrive à son apogée. Ceux-ci ont des imitateurs partout et les différents costumes portés par les jeunes nobles des contrées de l'Italie, appartiennent particulièrement à cette cité opulente et coquette entre toutes, à Venezia la bella.
La plupart des exemples ici représentés sont contemporains de cette époque de magnificence et se relient à ceux donnés dans la planche double ayant pour signe le Ballot ; leur suite se retrouve dans les costumes italiens du seizième siècle (planches ayant pour signes la Jumelle et le Bélier).
COSTUMES CIVILS. leur partie supérieure et étroites sur l’avant-bras, Ceinture à laquelle est suspendue une sacoche bro-
ne dée d’or. Petit poignard passé dans cette même cein-
Gentilhomme de la fin du quatorzième siècle. ture. Chausses mi-partie : l’une est de soie verte,
Fresque de Guariento, au chœur des Eremitani ; l’autre de soie blanche, Chaussures de velours rouge Padoue, brodé d’or.
Noble flamand du quinzième siècle, Figure tirée d’un tableau d'Hemling ; pinacothèque de Turin.
Capuchon bleu recouvrant une coiffe blanche. A la fin du quatorzième siècle, la mode avait introduit diverses bizarreries dans la forme des capuchons; celle-ci, par exemple, d'en prolonger la pointe outre mesure et de la nouer de distance en distance. Pourpoint blanc Bonnet de velours bleu garni de fourrure. Pourpoint de à boutons d’or; ses manches sont bouffantes dans satin au-devant duquel on voit un poignard suspendu
à la ceinture, Chausses de soie bleue. Manteau fourré, | espèce dezimarra chamarrée, ouverte du collet an pied et tombant en plis lourds autour du corps.
NA
Gentilhomme vénitien du quinzième siècle.
Tableau de Jean Bellin; Académie de Venise.
Costume de ville,
Sur les cheveux ondulés, une foque ou calotte ornée d’une plume, façonnée à la mode de Florence et de Milan; cette coiffure devient alors imperceptible. Surcot de satin rose laissant le cou complétement à découvert ; le devant de ce surcot est formé d’une pièce de satin jaune ; les longues manches sont largement échancrées à la partie supérieure du bras et laissent voir celle de la gavardina, veste de dessous en étoffe verte. Chausses mi-partie selon la mode qui régnait alors à Venise et qui consistait à réserver la jambe gauche à des ornements quelconques et à laisser l’autre tout unie,
Noble vénitien en habit d'hiver ou de campagne ; fin du quinzième siècle. Tableau de Giorgione ; Uffzi de Florence,
Chapeau de feutre aux bords relevés et fendus sur le devant. Justaucorps en forme de gilet croisé,
Chausses à braguette, ornées de crevés serrés de distance en distance par des cordons. Manteau de drap blanc sans manches ; deux ouvertures permettent de passer les bras, Souliers de cuir teint.
No 13,
Mignon ; commencement du seizième siècle.
Figure tirée d’une fresque de Sodoma, peintre contemporain de Raphaël ; cloître de Monte-Olivetto Maggiore, près de Sienne,
Sur la résille de soie verte, une toque de Florence à cheveux tirés et penchée du côté de l'oreille ; certaines toques étaient garnies de cheveux pour augmenter la fourniture des têtes qui s'en coiffaient, Cette toque est ici ornée de joyaux cousus sur ses retroussis, Pourpoint « fringant » de velours mi-partie brocard d’or et -brocard d'argent ; ses manches ont des ouvertures lacées avec des aiguillettes de soie, Ces
crevés, de dimensions différentes, forment comme un canevas au travers duquel apparaît la fine chemise
de soie. Ce mignon peut recevoir le sobriquet français de bragard que l’on donnait alors aux jeunes gens qui mettaient de l’affectation à laisser sortir la chemise entre le haut-de-chausses et le pourpoint. Grosse ceinture de cuir dans laquelle est passé un poignard damasquiné. Longue épée à dragonne de soie rouge terminée par une houppette semée de fils d’or. Chausses mi-partie.