‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 56 sur 130 · PRÉPA PT TP NE CI PAR PET RTE RER TE RCE RE PR RE RERRERS · texte numérisé non relu

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ITALIE

LES GONDOLIERS VÉNITIENS: XV° ET XVIe SIÈCLE. PAGES, NAINS ET FOUS DE COUR; XIV° ET XVIII° SIÈCLE.

LES GONDOLIERS CASTELLANT,

Philippe de Comines dit qu’à son passage à Venise on y comptait environ trente mille gondoles. Cette brillante époque des gondoles était aussi celle des galères, de sorte que la population pauvre cb inférieure de la ville se vouait à peu près tout entière au métier de rameur ou gondolier.

Cette dernière profession, héréditaire et tenue en grand honneur parmi les classes populaires, pouvait être considérée comme l’école et la retraite de la marine vénitienne.

La plus grande variété de costumes se montrait chez les gondoliers au service de la famille du doge et des nobles dont ils portaient la livrée toujours riche et élégante. Quant aux autres, on les distinguait en Nicolotti, c’est-à-dire vêtus de couleurs sombres, et en Castellani, remarquables par la couleur rouge dominant généralement dans leurs vêtements ; c’est évidemment parmi ces derniers qu’il faut ranger les gondoliers représentés dans notre planche. Ces deux appellations, désignant les habitants de la rive droite et de la rive gauche du grand canal, établissaient entre Vénitiens, une rivalité remontant à l’époque de la fondation de la ville, rivalité qui existe encore à l’heure actuelle,

C’était entre eux une lutte conbinuelle ; dans toutes les fêtes publiques, chaque parti, reconnaissable à ses couleurs, cherchait à triompher, soit dans les régates, soit dans les jeux de force, d'équilibre ou d'adresse. Dans ces circonstances, la splendeur de leurs habits était en rapport avec celle des costumes portés par une assistance choisie et par une foule également avide de luxe et de plaisir.

Les gondoles furent à Venise, à la fin du moyen âge, des objets d’un luxe si extravagant

que le Sénat fut contraint de rendre une loi qui, en fixant un type pour la gondole, défe ndit que personne, le doge et les ambassadeurs exceptés, se fé construire une barque plus riche, plus élégante, mieux décorée à l'extérieur, que celle dont le modèle était donné, C’est de cette

époque que date l’uniformité des gondoles peintes en noir.

D'après Vecellio, les nobles, et surtout les plus riches, avaient en général des barques à

deux rames, c’est-à-dire à deux gondoliers ; les barques publiques n'avaient qu’un seul gondo-

lier placéà la poupe,

N® 3 et 4.

Condoliers amarrant leur embarcation sur les dalles d’un quai; tenue de service journalier ; fin du quinzième siècle, Figures tirées des tables de Ludovico Menin.

N° 3. Bonnet enveloppant entièrement la tête. Surcot vert orné d’un capuchon en drap rouge foncé. Ceinture et sacoche de cuir fauve. Poignard passé dans la ceinture. Chausses de couleur foncée. Souliers de cuir.

No 4, Bonnet de même forme que dans la figure précédente; ici, cette coiffure à en plus des jugulaires, terminées en pointes garnies de petits glands, et deux plumes fixées sur le côté. Chemise à larges manches. Corselet de cuir serré à la taille par une ceinture. Chausses, de couleur blanche sur la partie antérieure des jambes, et de couleur rouge sur la partie postérieure. Souliers de cuir.

Lorsqu'il y a deux gondoliers, celui qui se trouve à la proue appuie sa rame sur le tranchant d’une pièce de bois placée sur le côté gauche, plus haute d’un pied que le bord de l’embarcation et échancrée en rond pour y loger le manche de la rame, comme on le voit dans cet exemple. Le second gondolier se tient debout sur la poupe, afin de voir la proue pardessus la caponera, partie couverte de la gondole où se tiennent les passagers ; il manœuvre sa longue rame du côté droit,

Le fer en croissant à sept dents n’apparaît dans les embarcations qu'au seizième siècle (voir la planche le Bélier).

Dans les anciennes gondoles, comme celle qui se trouve ici représentée, un petit tapis blanc est attaché à la proue par deux cordons et couvre tout le fond du bateau.

Nos 1, 2, 5 et 6,

Grondoliers en habit de parade; figures tirées d’un tableau de Carpaccio, à l’Académie de Venise,

N° 1. Ce costume a l’aspect d’une livrée; les nègres figu-

rent fréquemment parmi les gens au service des nobles italiens de cette époque.

Bonnet rouge. Cotte de satin. Pourpoint de velours à parements de soie jaune. Brassards de même couleur que le pourpoint, au haut desquels bouillonnent les manches de la chemise. Ceinture de cuir. Haut-dechausses de velours et bas-de-chausses de soie bariolés. Ce bariolage dont on voit beaucoup d'exemples dans les tableaux de l’école allemande, ne résultait pas de l'emploi d’une étoffe rayée, mais bien de la juxtaposition de bandes de drap de plusieurs couleurs.

Cette livrée se complète par des souliers de même nuance que le bonnet etle pourpoint.

Le gondolier armé d’une seule rame, et placé à la poupe de sa légère embarcation, ne godille pas comme lerameur placé à la proue et qui met dans une échancrure de bois un aviron auquel on imprime le mouvement de la queue d’un poisson (voir n° 5), mais il use d’un procédé que les nègres rameurs de nos colonies expriment par le mot pagayer, c'est-à-dire que son aviron lui sert à la fois et en même temps de rame pour pousser la gondole en avant et de gouvernail pour diriger sa route,

N°2. Bonnet orné d’une plume rouge. Pourpoint de satin dont les ouvertures placées sur le devant du buste aux épaules et aux deux coudes, montrent les bouffants de la chemise; ces diverses ouvertures sont traversées par des aiguillettes. Haut-de-chausses rayé rouge. Bas-de-chausses uni.

N° 5. Berrettino rouge. Pourpoint bleu avec de larges ouvertures pratiquées sur les manches, sur la poitrine, sous les épaules, et qui permettent d’étaler une ample chemise dont la blancheur contraste avec la teinte sombre du pourpoint. Longues chausses rouges.

On voit ici un second exemple de la pièce de bois échancrée en rond pour le placement de la rame,

N° 6. Bonnet de laine écarlate. Pourpoint de satin. Petits brassards de soie jaune qui ne sont ici que les

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accessoires des manches de chemise se montrant avec leurs bouillons par les ouvertures laissées aux épaules et aux coudes ; ces brassards sont ornés de ru-

bans flottant au vent. Poignard passé dans une ceinture de cuir noir également garnie d’une sacoche, Longues chausses rouges,

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