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et on y faisait un nœud pour l'empêcher de repasser (voir n° 8). Cette façon était assez fréquemment usitée pendant le XIT° siècle et, comme elle exigeait la plus grande souplesse de l'étoffe, les bords du manteau n'étaient point passementés pour ce cas. La manière la plus généralement répandue était de relier les deux bords rectilignes par un cordonnet allant de l’un à l’autre et permettant de tenir le vêtement plus ou moins ouvert, ou de le fermer tout à fait. La ganse, fixée d’un côté, passait de l’autre à travers une boucle où se faisait l'arrêt à volonté ; le point de départet celui de passage avaient, en ce cas, la même apparence extérieure, celle de boutons de métal fixés sur l’étoffe (voir n° 5), ou encore, le cordonnet fixé d’un côté, passait de l’autre à travers un œillet et, noué, laissait pendre l’excédant au dehors (voir n° 4) ; on appelait cette manière : Jacer le manteau.
Le manteau était plus court que la robe ; il appartenait particulièrement à la noblesse. La façon de le porter en fut une marque qui ne s’effaça qu'à la fin du XTV° siècle.
Le port de ce long vêtement exigeait une éducation complète, une habitude prise dès l’enfance, dit M. Viollet-le-Duc (1), auquel nous devons la plus grande partie de nos renseigne-
ments ; la démarche des dames était lente, mesurée ; à la promenade elles faisaient usage de
cannes longues surmontées d’un oiseau (M. Quicherat).
Nous parlerons en leur temps des souliers ajustés, prolongés en pointe, et des couronnes orfévrées pour lesquelles il n’y eut de classement nobiliaire que depuis le XVI° siècle.
Le costume des hommes était beaucoup plus simple et plus pratique.
Le manteau était le même, comme on l’a vu, mais la robe non traînante ne dépassait guère les chevilles ; par-dessus on portait le Haut, que l’on ne mettait pas sans le manteau lorsqu'on était paré. Ce bliaut est une tunique sans autre ouverture que ie passage de la tête, composée d’une seule pièce d’étoffe, plus étroite à la hauteur des épaules qu’en bas de la jupe où elle était fendue jusqu’à une certaine hauteur pour la facilité de la marche; les deux parties de cette unique pièce d’étoffe retombaient devant et derrière, laissant le bas de la robe à découvert (voir n° 5). La robe qui était sous le bliaut était habituellement faite de lin ; elle était posée sur la chemise et souvent en tenait lieu. On en superposait parfois plusieurs, selon la saison. La manche, serrée au poignet, était très-large et étoffée à la naissance, nullement gênée par le bliaut qui, lui, n’avait pas de manches. La ceinture en rapprochant les deux pans du bliaut autour de la taille, ne rétrécissait pas le passage nécessaire aux amples entournures des manches de la robe. Une fois le bliaut passé, on fermait avec une agrafe la fente pratiquée pour le passage de la tête. Ces bliauts étaient, au commencement du XIIT® siècle, ornés de bandes d’ornements, d’orfrois, de broderies, posées en bordure.
La ceinture dans le costume civil ne fut reprise par les hommes que vers la fin du XII° siècle. Elle est longue, étroite et bouclée, en cuir souple ou en tissé de soie, garnie de métal doré ou émaillé, rivé à même pour l'empêcher de se plisser. Cette ceinture était aussi portée
(1) Dictionnaire raisonné du mobilier français, Vêtements.
par les femmes (voir n° 7); on y accrochait l’aumonière qui fut, jusqu’au XIV° siècle, le complément indispensable du vêtement journalier. C’était alors un petit sac avec deux cordons (coulants) pour le fermer, retombant des deux côtés, et un autre servant à la suspension et à l'ouverture. — La chevelure, divisée sur le front comme celle des femmes, tombait sur les oreilles et derrière le cou. Elle était maintenue, pour les hommes comme pour les dames, lorsqu'ils ne portaient pas de couronne, par un cercle d’or. Au commencement du XIT° siècle la barbe était encore longue, ce ne fut qu’exceptionnellement qu’on lui laissa dépasser le cou dans le courant du siècle; vers la fin la mode en était passée.
Les variantes des costumes féminins ne semblent pas avoir été considérables pendant le XIT° siècle. En avançant, on exagéra d’abord les modes byzantines : les manches traînèrent à terre et le corsage ajusté, moins prolongé, fut encore rendu plus étroit ; le luxe des ceintures croissant, ainsi que celu#des joyaux de tête, on adopta le cercle d’or ou les résilles ornées de perles et de pierres fines qui en tenaient lieu ou se posaient dessous. Souvent aussi les femmes portaient, sous la couronne ou le cercle, un petit voile circulaire de soie transparente ou de fin lin, dont elles s’encadraient le visage, rejetant le bout en arrière par-dessus l'épaule (voir n°*°7 et 12). Le costume des hommes avait suivi la marche contraire, et vers la fin du siècle la coupe en était de plus en plus simple et il était de plus en plus facile à porter (voir n°° 5 et 6).
Les n*® 9, 10, 11 sont des statues d’ecclésiastiques. L’évêque mitré porte la barbe. — Entre autres pièces de leur costume on remarque l’amict. C'était un des treize vêtements du prêtre officiant. Cette pièce d’étoffe qui est abaissée sur le cou de ces trois ecclésiastiques et y figure comme un capuchon replié, était relevée et voilait la tête du prêtre montant à l'autel ; elle était abaissée au moment de l'office; l’usage en durait encore au XIIT* siècle. Les deux clercs ou diacres portent le manipule; cet accessoire était une bande de lin attachée au poignet gauche et servant à la propreté. des objets employés à l’autel. Ce purificatoire était une marque distinctive. On brodait l’amict et le manipule comme on brodait l’étole-
Les manteaux des n° 13 et 14 ont un caractère romain; c’est le pallium quadrangulaire de la colonne Trajane. Le portait-on encore au XII° siècle ? Les chaussures et les couronnes paraissent être de cette époque. En tout cas leur présence à facilité l'erreur des premiers antiquaires. — Provenance de ces statues et noms sons lesquels elles sont consacrées :
N° 1. Clotilde, femme de Clovis; portail de Notre- tue qui recouvrait son tombeau. — N°9. Saint-Mar- Dame de Corbeil. — N° 2. Haregonde, femme de Clo- cel, évêque de Paris; portail de Saint-Germaintaire I*"; portail de Notre-Dame de Paris. — N° 8. l’Auxerrois. — N° 10. Prêtre ; portail de Notre-Dame Clovis I*'; portail de Notre-Dame de Corbeil. — de Chartres. — N° 11. Prêtre; portail de Saint-Ger- N° 4. Sainte-Geneviève; portail de Saint-Germain- main-l’Auxerrois. — N° 12. Frédégonde, femme de l'Auxerrois. — N° 5. Clovis I‘; abbaye de sainte- Chilpéric I’; portail de Notre-Dame de Paris. — Geneviève de Paris. — N° 6. Childebert I® ; fils de N° 13. Chilpéric I; même provenance. — N° 14. Clovis; même provenance, — N°7. Ultrogothe, femme Clotaire I‘; ibid.
de Childebert I", ibid. — N° 8. Childebert Ie" ; sta-
( Publié par Montfaucon, Monuments de la monarchie française.)
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