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L'île de Ceylan, Singhala, est la Taprobane des anciens; elle est située à l'extrémité sud de la péninsule indienne, à l’entrée du golfe de Bengale. Malgré cette proximité, elle se rattache par des traditions et ses relations intimes à l’Indo-Chine; aux contrées d’Ava et de Siam particulièrement. C’est une des plus belles et des plus fertiles îles du monde. Elle est éclairée presque verticalement par le soleil. Les Portugais ont occupé le littoral pendant le XVT® siècle; ils y furent remplacés au XVIT° siècle par les Hollandais à qui les Anglais lenlevèrent à la fin du XVIII*; enfin, dans la première partie du siècle actuel, ces derniers ont complété leur conquête, et sont aujourd’hui possesseurs de l’île entière.
La population indigène se divise en quatre races. Les Weddahs ou Beddas, probablement aborigènes, retirés dans les montagnes; les Singhalais où Chingalais, venus de l’Inde, anciens conquérants, divisés en Kandiens, du centre de l’île, et en Singhalais des côtes ; les Malabares, venus après, de l'Inde également, et les Mores, répandus dans toute l’île. Les Singhalais professent le bouddhisme, les Malabares, le brahmanisme; les Mores sont mahométans. La moitié des indigènes, surtout ceux des classes élevées, est chrétienne, catholique pour le plus grand nombre. Le christianisme leur fut apporté au XVI° siècle par saint François Xavier. Aux cultes des indigènes, on peut joindre le judaïsme, car on trouve partout des fils d'Israël trafiquant de bijoux, de petits ouvrages en bois d’ébène, en ivoire, en écaille, et agissant, dit-on, comme les Mores adonnés à ce commerce, c’est-à-dire mélangeant communément, des pierres fausses aux pierres véritables. On dit ces juifs venus directement de Jérusalem. Chez les Singhalais, comme parmi les Indous, il y a des distinctions de castes, ayant encore une importance réelle, malgré les conquérants anglais qui les ont abolies. On en compte quatre : la caste royale, XAastria, ou Radjah- Wansé; la caste brahmine, Brahmina- Wansé; les castes inférieures, Wayssia-Wansé et Shoudra- Wansé. Les Rodias, Gattarou, qui sont les Paridhs, sont hors de caste (out castes). L’esclavage est supprimé.
N° 1. — Noyice religieux.
N° 2.— Prêtre kandien.
Il yad
eux catégories de prêtres bouddhistes, d’un bérieur et d’un ordre inférieur. Avant de Mes ordres, ils sont soumis à un noviciat.
mgagés au célibat, et pour retourner à la S'ils sont obligés de se dépouiller de leur robe la jeter à la rivière. Les prêtres vivent en
Leur nombre est considérable. Ceux qui
les temples des dieux sont appelés Æapu-
bine ne peut s'asseoir en leur présence. Ils
iérés! comme supérieugs aux dieux qu’ils
Mais, et, quand ils prêchent, ils invitent
faire partie de leur auditoire. Ces prêtres
‘ ‘asteet découverte, comme marque visible
! cent aux vanités du monde; le sacrifice
nsible pour les Singhalais qui font de
n ornement si précieux. Ils ont trois
Ur jaune, la couleur sacrée, le sanghati,
met le antarawasako; ce sont de simples
Offe dont ils s’entourent le corps, lais-
sant nus ; ii et le bras droit. Les robes doivent
être confectionnées et teintes dans l’espace d’une
journée. ILeët des parties de Ceylan, dit M. Gran-
didier, où l’on récolte et file le coton, où l’on tisse et
teint l’étoffe en un jour, avant le coucher du soleil.
Notre novice n° 1, tient un parasol à manche de
bambou, de facture chinoise; le prêtre n° 2!a en main un évent en bois travaillé.
N°8. — Chef-de village. Les nobles Singhalais portent une jaquette boutonnée jusqu'au cou. Celle-ci est en drap. Son comboye ( voir au signe du Serpent) est en soie à dessins brochés; son baudrier est en soie, brodé d’or; le fourreau de son yatagan est métal-
si que les bas, sont
aujourd'hui d’un usage #énéral parmi les personnes
lique ; il à des souliers qui, à de distinction. Son peigne en écaille est travaillé d'or. (Voir pour le détail de cette coiffure la planche ci-
dessus rappelée).
N° 6.— Singhalaise des côtes, des castes moyennes.
Son canezou de coton est brodé au cou et même rehaussé de dentelles; elle est chaussée.
N° 10.— Singhalais de même rang social dont le costume en coton est aussi décrit.
N° 11. — Marin de Ceylan; son turban est de coton rayé, la veste agrafée est en soie rayée et brodée d’or, la robe et le pantalon sont en toile de coton ainsi que son mouchoir.
N°5 3, 7,9, — Israélites, dont le costume est remarquable par le bon goût et la qualité es étoffes. L'homme, n° 3, est vêtu de soie. Le turban, la robe ou surplis, le pantalon et jusqu’à la pantoufle indienne brochée d'or, aux bouts relevés, tout est de ce tissu, sauf la pièce d’étoffe sortant du vêtement à la hauteur de la poitrine, qui est de mousseline brochée d’or. La mode. en est des plus anciennes et de caractère indou. La juive, n° 7, porte également une coiffure en turban et une robe de soie; le corsage, taillé à la mauresque, ainsi que les manches, sont très élégants ; les souliers sont en velours. L'autre juive, n° 9, est habillée dans le même genre, mais avec un luxe supérieur ; le turban est également en soie, maïs la robe de soie, tissée d’or est un. véritable brocard; c’est de la dentelle qui termine les manches. La chaussure est aussi en velours; toutes deux portent des pendants d'oreilles, des colliers, des bracelets. Leurs cheveux découverts tombent librement en arrière.
Les deux enfants, n®% 4, 5 sont des parsis ou guébres. On trouve de ces originaires du Khoraçan dans toute l'Asie, depuis Aden jusqu'en Chine. Leur teint est plus clair que celui des Tadous. Ils ont un attachement sans bornes pour leurs usages primitifs; leurs enfants sont vêtus selon des traditions dont ils sont fidèles observateurs. Dès l’âge de sept ans les deux sexes revêtissent le sadra ou surplis sacré qui représente la cotte de mailles que les Guëèbres portaient avant leur arrivée dans l'Inde, pour se préserver des attaques d'Ahriman, l'esprit du mal, Ces enfants parsis sont vêtus, le n° 4 de coton,
beaux habits d’étoffe de soie brochée plus riches négociants de Bombay et
l’autre de d’or. Les même de l'Inde entière appartiennent à la communauté parsi. Ils déploient un luxe européen.
(D'après les photographies du Museum, rapportées pur M. Alfred Grandidier de son voyage duns les provinces
méridionales de l'Inde , dont lu relation lumineuse est aussi notre principal guide.)
Jrr abietta lith