HINDOUSTAN
Nos 6, 8, 22 et 24,
Les turbans varient dans l’Inde comme dans les autres parties de l'Asie, On y porte le turban de laïne, de soie ou de mousseline, Non seulement sa figure se modifie selon les localités, mais le turban est de dimension différente selon: les castes et les sectes. Le kinkab est l’étoffe brochée d’or et d'argent dont on fait les turbans riches, On porte beaucoup de turbans blancs parmi le populaire ; mais sous ce rapport, comme sous tous les autres, il n’y a rien d’absolu : à Madras, la tête est toujours couverte d’un turban de couleur ; quelques derviches de la secte de Rifah, qui portent le turban de laine ou de mousseline, ne les ont jamais autrement que de couleur noire ou olive foncée. Notre n° 6, dont l’origine locale ne nous est pas désignée avec précision, appartient aux régions de l’'Hindoustan voisines de l'Afghanistan; son turban est en toile et s’enroule sur une calotte de feutre.
Le n° 8 est un Parsi, un Guèbre de Bombay ; son turban en mousseline se dispose sur le bonnet en peau, souvenir direct de l’origine nationale.
N° 22, Indien Thug. — Le turban de cet homme est en mousseline; il est son unique coiffure. Les Thugs ou T'hags, donnés comme une association occulte de sombres fanatiques, les étrangleurs de l'Inde, ne sont, en réalité, selon M. de Jancigny, qu'une nombreuse espèce de voleurs; continuellement en route, affublés chaque jour d’un costume nouveau, insinuants, ils se font admettre dans la compagnie des voyageurs et les accompagnent jusqu’à ce qu’ils trouvent l’occasion de leur administrer une drogue assoupissante, ou de les étrangler, Ils n’ont qu’un seul scrupule, c’est de ne pas verser le sang, comme ils n’ont qu’un but, qui est de dévaliser les gens; ils enterrent du reste leurs victimes avec tant de soin, qu’en général on ne sait ce qu’elles sont devenues. Bhavâni est leur patronne, et ils lui offrent tuujours une partie de leur butin,
N° 24, Derviche indien. — Ce qui est dit ci-dessus
tan est habité par plusieurs peuples distincts, les Lesghiz ou Lesghiens, les Kouinuks, les Nogaïs, des Arabes et des Juifs. Le n° 18 est de Derbend, au sud de la mer Caspienne ; le n° 23, est un Lesghien.
KURDISTAN, Nos 7, 12, 13 et 26.
Le gros de la nation kurde habite aujourd'hui le pays des montagnes qui s'étend à l’est du Tigre, ausud des lacs de Van et d'Ourmiah. C’est le territoire où les historiens et les géographes placent les Carduques, Gordiens où Gordiéniens. En Persan, kourd, gourd, veulent dire : fort, vaillant. Les Kurdes en prenant ce titre, auraient fait, selon M. G. Perrot, comme les Francs, comme les Germains et d’autres peuples encore ; leur nom ne serait qu'une épithète louangeuse, une naïve expression de leur confiance en leur énergie et leur courage. S'il est vrai que les Kurdes soient les anciens Carduques, et si ce sont toujours les mêmes montagnards qui ont vu passer à leurs pieds toutes les invasions sans jamais être délogés, il faut convenir que leur nom de vaïllants est largement justifié. Aujourd’hui une partie du-Kurdistan dépend
nominalement de la Turquie, et l'autre, non moins nominalement, de la Perse; mais pachas turcs ou gouverneurs persans, chargés de prélever de faibles tributs, n’insistent guère quand ces montagnards font la sourde oreille et se montrent récalcitrants. Les Kurdes sont redoutables et ne se contentent pas, en cas de désaccord, de rester sur la défensive : ils désolent les plaines par de rapides incursions, et, sur toutes les routes voisines, les passants sont détroussés, les caravanes arrêtées par de hardis cavaliers, armés de la lance et du fusil,
N°7. Kurde coiffé d’un fez avec puskul sur lequel est
enroulé un léger turban de foulard.
Nos 12 et 13. Kurdes avec la coiffure du costume de
guerre, — La calotte damasquinée et à pointe aiguë est ornée de trois plumes de paon; elle soutient un camail de fer indépendant de la cotte de mailles, et se divisant sur le devant pour ne pas gêner les mouvements de la tête. Ce casque porte à l’avant un nasal qui s’abaisse ou se relève à volonté, comme on peut le voir en nos deux exemples,
N° 26. Kurde d'Ourmiah. — L’enroulement bizarre de
cette coiffure est un composé de foulard et de cotonnade,
Cette suite de coiffures asiatiques fait aujourd’hui partie du Muséum d'histoire naturelle de Paris, à un titre qu’il importe de signaler. Les types si différents les uns des autres des hommes qui y figurent, ont été relevés sur place, au point de vue anthropologique, c’est-à-dire
avec le soin particulier du tracé de l’angle facial eb du rapport des traits entre eux, sans
compter les mesures crâniennes dont les chiffres (que nous n’avions pas à reproduire ) accom- Ï
agnent d'ordinaire ce genre d’études. Cette œuvre remarquable de M. le colonel Duhousset pag 8 )
à qui nous en devons la communication, est reproduite ici aussi scrupuleusement que possible. Nos réductions, fac-simile de grandeur, et réduites photographiquement, sont exactement, pour la sincérité des lignes, ce que sont les originaux eux-mêmes.
Voir pour le texte : M. de Gobineau, Voyage en Perse. — M. Em. Duhousset, les Chasses en Perse. — M. de Blocqueville, Quatorze mois de captivité chez les Turcomans. — . Basile Vereschaguine, Voyage dans les provinces du Caucase. — . Alf. Grandidier, Voyage dans les pays méridionaux de l'Inde ces divers voyages parus dans le Tour du monde, Paris Hachelle. — Jacquemont, Voyage dans l'Inde, Paris, Didot, 1835-1844, 6 vol. — Hamdybey et de Launay, Costumes populaires de la Turquie, Constantinople, 1873. — Xuvier Raymond, Y Afghanistan, Univers pittoresque, 1841. — G. Perrot, les Kurdes de l’'Haïmaneh. Revue des Deux-Mondes, 1865. — Le Magasin pittoresque, 1841.
PERSE