MOINES ET RELIGIEUX CHRÉTIENS D'ANCIENNE INSTITUTION
1 2 8 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 N°: N°7, Templier primitif, en habit ordinaire. Chanoine séculier du Saint-Sépulcre, à Jérusalem. Nos 2 et 8. N°5 9 et 14, AR ie | Religieuses SE géorgiennes ; ordre des
Nos 3 et 6.
Religieux mingréliens, en habit ordinaire dans la maison, et en habit d'hiver.
N°5 10 et 18.
Religieuses d'Orient, en Égypte.
N° 4. de Religieuse arménienne.
Moine arménien ; ordre de Saint-Antoine, dans la Morée.
N° 12, N° 6, Religieuse maronite, dite capucine, en habit de ville ; Moine acémète ou studite ; Syrie, Alep, mont Liban.
Ces costumes orientaux remontent à des époques lointaines; quelques-uns d’entre eux proviennent d'institutions qui n’ont parfois laissé que le souvenir de leur existence. — Les auteurs spéciaux, comme le père Hélyot, Schoonebeck, etc., en s'appliquant à restituer l’habit des religieux qui étaient disparus, en même temps qu'ils reproduisaient le vêtement réglementaire de ceux qui existaient à leur époque, ont comblé une importante lacune historique; leurs savants travaux sont restés comme le meilleur guide sur ce sujet ; et c’est sur leurs dessins et leurs commentaires, complétés à l’aide de l’œuvre postérieure de de Bar, que nous nous appuyons ici.
Le Templier primitif.
L'habit des chevaliers était blanc et porté d’abord sans croix; ce n’est que plus tard qu'on y ajouta une croix rouge. Les chevaliers seuls avaient l’habit blanc, qui les distinguait des autres membres de cette célèbre association. Cet habit de chevalier ne différait qu’en très peu de chose, selon le climat; il était plus ou moins long, sans excès. Trop court, on le tenait alors pour indécent ; trop long, il sentait la vanité. Les deux extrêmes étaient prohibés. En temps de guerre, il était permis de le retrousser avec une ceinture, pour faciliter les mouvements. On sait que l’ordre, fondé en Palestine en 1118, comprenait pour ces moines-chevaliers, outre les vœux ordinaires de chasteté, pauvreté et obéissance, l'engagement de porter les armes contre l’infideleet de protéger les voyageurs et les pèlerins.
Nos 2 et 8.
Carmes dans leur ancien costume.
Ces moines abandonnèrent la Syrie et vinrent en Europe à la suite de la paix conclue avec les Sarrazins, en 1229, par l’empereur Frédéric. Quoiqu’ils paraissent n'avoir jamais su eux-mêmes quelle était préci-
‘ -sément la première forme deleur habillement, il est certain que ces religieux, en passant d'Orient en Europe, avaient sur leur manteau ou kappa de grandes raies voyantes ; on les appelait les Barrés. La chronique attribue cette singularité à la volonté des Sarrazins, qui ne purent souffrir que les Carmes eussent des manteaux blancs, ce qui n’était permis qu'à leurs chefs. Les monuments représentent, aveç, des intensités diverses, les bandes foncées de ce vêtement. Dans les anciennes peintures des couvènts de Louvain et de Cologne, les bandes étaient blanches et noires ; à Anvers, dans l’ancienne cathédrale de Salamanque, ainsi qu'à Paris, dans l’ancien cloître des Carmes de la place Maubert, elles se montraient blanches et tannées. Les quelques carmes amenés de Palestine par saint Louis avaient, sous leur chape barrée, une robe brune. En 1287, les carmes prirent la chape blanche et commencèrent à porter le scapulaire ; à la fin du treizième siècle leur costume consistait en une robe noire avec capuce et scapulaire de même couleur, que recouvraient une ample chape et un camail blancs. Ceux qui vont pieds nus, les carmes déchaussés ou déchaux, ne datent que du seizième siècle.
Nos 8et6.
Religieux mingrélien, en habit ordinaire dans la maison, et en habit d'hiver.
L'ordre, toujours existant, auquel appartient cereligieux, a une origine aussi ancienne qu’obscure ; les Géorgiens passent pour s'être convertis à la foi chrétienne dès la fin du premier siècle, et l'institution monastique . remonte peut-être à cette date. Les moines mingréliens ne se distinguent pas des séculiers par leur vêtement, imitant en cela, comme le remarque Chardin, les ecclésiastiques hébreux. « Hors de leurs fonctions sacerdotales, dit ce voyageur, ils paraissent aussi mal vêtus que la plupart de leur nation. » Leurhabit consiste en une chemise de grosse toile, renfermée dans un caleçon ou pantalon étroit ; ils ontune espèce de veste courte, ou, selon la saison, un feutre semblable à la chlamyde des anciens, que l’on met en passant la tête dedans et que l’on tourne à volonté pour se garantir du vent ou de la pluie. Ce pluvial ne couvre que la moitié du corps et ne tombe que jusqu'aux genoux. La chaussure est une semelle de buffle sans apprêt, attachée aux pieds avec une courroie de même peau, et lacée par dessus. Dans ces sortes de sandales, les pieds ne sont guère moins mouillés que s'ils étaient nus. Il n’y avait, au temps de Chardin, que les moines et les ecclésiastiques qui fussënt dans l'usage de laisser croître leurs che- ‘veux et leur barbe ; cela servait à les distinguer des laïques. Une calotte et un bonnet par dessus, de couleur noirâtre naturelle, forment la coiffure. On dit que ces moines ignorants, qui font consister tout leur devoir dans le jeûne et la prière, sont peu considérés, à l'exception de ceux qui exercent des fonctions sacerdotales,
Moine arménien de l'ordre de Saint-Antoine, dans la Morée.
Cet ordre fut fondé au dix-septième siècle par un converti nommé Mochtar, qui en fut le premier abbé. L’habillement de ces religieux consistait en une robe tombant sur les talons, serrée d’une ceinture de cuir large d'environ trois doigts ; une autre robe par dessus, mais plus courte que la première, et ouverte par devant, avec un grand manteau et enfin un capuce assez large, le tout de couleur noire.
Moine acémète ou studite; Syrie.
.Le moine Alexandre avait fondé cet ordre au com-
ATEN SMRERET
mencement du cinquième siècle; le premier monastère fut bâti sur les bords de l’Euphrate. Après s'être étendue et avoir vécu pendant plusieurs siècles avec une splendeur d’un lustre inégal, cette institution disparut entièrement. On donne le costume de ces acémètes ou studites comme ayant été composé d’une robe longue, à manches étroites ne passant pas les poignets. Le pardessus était une espèce de chape, ouverte par les côtés, qui retombait en s’arrondissant devant et derrière ; sur le devant de cette chape, vers la poitrine, il y avait une double croix rouge ; un petit capuce attaché à une mozette couvrait les épaules en retombant sur la poitrine ; le tout était vert. Ces moines laissaient croître leurs cheveux et leur barbe, qu'ils avaient fort longue.