‹ Le costume historiqueChapitre 61 sur 130 · LEA · texte numérisé non relu

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salliées et chez lesquelles on retrouve les caractères de la race primitive. Il y en a aussi un

certain nombre qui se disent descendants des musulmans de l'Espagne et que l’on désigne

sous le nom d’Andalous. Leur peau est un peu basanée, mais elle est plutôt blanche que brune. Un certain embonpoint distingue, en général, au premier coup d'œil ces citadins peu actifs de l’Arabe et du Berbère industrieux.

Le jeune garçon n° 4 est coiffé de la chachia rouge de Tunis qui se. rencontre partout; son gilet est en soie brodée, et sa chemise, en coton.

Le n° 5 représente une Mauresque de sang bistré. Elle est coiffée d’une calotte posée droit, maintenue par une jugulaire dorée, donnant à la tête la figure d’un assez long ovoïde. Ce bonnet est entouré d’une espèce de turban plat en soie rayée de couleurs vives: une étoffe prise sous la calotte, attachée sous le menton, et tombant dans le dos, cache entièrement le cou ; c’est une réduction du haïk. Les cheveux qui apparaissent aux tempes sont courts. Cette femme a des boucles d'oreilles composées de deux anneaux de grandeur inégale en or, d’où pendent, en éventail, cinq rangs de perles montées; elle est encore parée d’un collier à double rang, assez lâche, formé de perles rondes en corail ou en graines rouges. Son corsage entr’ouvert, non ajusté, est en mousseline sur laquelle de légers tracés d’or forment des carreaux. Enfin, il y a encore des bordures en lacet doré au haut des manches et au dessous des seins, où commence la robe de laine attachée par un bouton d’or.

Le n° 6 représente une mauresque andalouse. Celle-ci ne porte ni boucles d'oreilles ni collier; un simple bouton métallique fixe l’ombre de la veste en soie orange qui dessine et soutient les seins sous la mousseline dont elle est couverte. C’est avec un simple mouchoir de coton, capricieusement arrangé sur une chevelure en liberté, que se trouve complétée cette gracieuse toilette d'intérieur.

La mauresque (n° 8) est coiffée d’une calotte conique, en soie brodée d’or, avec jugulaire. Cette calotte est posée beaucoup plus en arrière que celle du n° 5; elle cache à peine la chevelure abondante, régulièrement divisée sur le front, et retombant sur les épaules, sans cacher les oreilles. La robe, non ajustée, est brodée d’or sur soie aux manches et à la poitrine; la ceinture nouée est en soie; la chemise, à la manche ample et courte, est en léger coton; les anneaux des bras sont en or.

N°®2 — 7 —9. — Types de femmes Kouloughlis. Quoique leur état social soit le même, la condition de ces femmes est plus relevée que celle des Mauresques, à cause de leur parenté avec les Turcs. Le costume des Kouloughlis est celui des Turcs et des Maures; mais celui des femmes est empreint d’un caractère asiatique qui sied à leur figure, où la tranquillité et la douceur sont peintes.

Le n° 2 porte une coiffure de ville dont la forme élevée se rapproche de celle des hommes, lorsqu'ils portent deux et trois chachias superposées. Cette coiffure est entourée d’une bande en coton à plusieurs tours, fixant le haïk de mousseline retombant sur les épaules, et encadrant le visage, non sans laisser passer d’un côté une partie libre de la chevelure. Cette femme

porte, par dessus sa robe, un vêtement de coton rayé couvrant les épaules, qu’on retrouve dans la figure n° 9. C’est un habit fermé, avec un trou pour le passage de la tête, retombant par devant et par derrière; sa disposition est tout-à-fait antique, rappelant la pænula sans capuchon des Grecs, des Romains et des Gaulois, dont l’un des dérivés fut la chasuble ecclésiastique du moyen âge.

Le n° 7 est en costume d'intérieur. La robe, aux larges manches, est en coton, ainsi que le mouchoir noué qui retient la chevelure. La veste aux longues épaulettes formant le corsage, qui dessine et soutient les seins, esten soie brodée et passementée d’or. Ses boutons sont en passementerie; la ceinture est en soie; les boucles d'oreilles sont en perles.

Le n° 9 est une jeune femme Kouloughlis coiffée, avec un goût exquis, d’une étoffe de soie frangée, rayée d’or. La chevelure est divisée en deux parties; en avant, les cheveux couvrent le front jusqu'aux sourcils et descendent de chaque côté du visage, sans cacher l'oreille; ceux del’arrière, ramenés d’abord au sommet et contenus par un peigne, s’en échappent et, retombant dans le dos, y étalent toute leur opulence. La moitié environ de l’étoffe carrée servant de coiffure fait le tour de la tête, au-dessus de l’oreille ; elle est ramenée, puis nouée sur le haut du front; l’autre partie retombe librement en arrière, montrant sa frange. Un large anneau d’or monté de pierreries pend aux oreilles; un fin collier de corail à double rang est posé à la base du cou, par dessus le vêtement. Ce vêtement, composé de deux pièces, est entièrement en mousseline : celle de dessus est légèrement rayée de carreaux d’or et brodée en quinconce de fleurs colorées; celle de dessous est simplement rayée. Enfin, cette jeune femme a l’avant-bras largement tatoué de rayures en quadrillé.

C’est un usage encore fréquemment pratiqué que celui de ces tatouages fixes ou passagers ; les femmes de la Kabylie, comme les Mauresques, et, en général, toutes celles du littoral barbaresque, se décorent ainsi diverses parties du corps. Outre le Zoo! dont elles se noircissent le tour de l’œil pour l’agrandir, ainsi que l’ont pratiqué les Orientaux de tous les temps, elles emploient encore cette poudre d’antimoine pour dessiner sur leur front et leur menton de légers dessins symétriques, ou pour piquer des mouches éparses sur leur figure. Ces tracés à l'aiguille, d'un noir bleuâtre, durent cinq à six jours. Il y en a d’autres plus tenaces et résistant à tous les détersifs ordinaires, dus à la poussière colorante de la feuille du henné. Cette teinture, rouge-orangé, est employée là, comme dans l’Indoustan, comme en Perse, pour teindre les onoles et les paumes de la main; les courtisanes en embellissent jusqu’à la plante de leurs pieds, les ongles de leurs orteils et les malléoles de leurs chevilles. Ce genre singulier de parure est principalement porté aux jours de fêtes, et surtout dans les célébrations de noces, Il est aussi commun aux chrétiennes qu'aux musulmanes.

Tous les originaux de ces reproductions appartiennent au Muséum d’histoirenalurelle de Paris.

Voir pour le texte : Voyage dans la Régence d'Alger, par P. Rozet, 1883, in-8° ; — l’A/gérie, par E. Carrette (Univers pittoresque) ; — Exploration scientifique de l'Algérie, par A. Ravoisié ; Paris, 1846 et suiv., in-fol.

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AFRIQUE

ALGÉRIE. ET TUNISIE

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