INTERIEUR DE L'HABITATION RICHE AU CAIRE
DU REZ-DE-CHAUSSÉE D et
té avec bassin et ] d’eau.
Toutes les maisons des particuliers aisés, au Caire, ont plus ou moins la même dispo: sition, au dire de Pascal Coste, et sont décorées à l’intérieur suivant la fortune du propriétaire. La porte d'entrée est gardée par un portier qui n’a d’autre logement que le vestibule; il y a deux portes pour entrer dans la cour de la maison; l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes. « Les femmes en Orient ne sont pas recluses, mais elles sont séparées des hommes; comme les femmes grecques de l’antiquité, elles sont libres de sortir du gynécée, mais les hommes ne sont pas libres d’y entrer. » (Ampère, Voyage en Égypte et en Nubie.) La maison est ordinairement à deux ou trois étages. Le rez-dechaussée est composé d’une cour, d’une pièce pour les étrangers, d’une grande salle fraîche pour l'été, de cuisine et dépendances. C’est au premier étage que le maître reçoit les visites; il voit du mandarah tout ce qui se passe dans la cour. Le second eb le troisième sont destinés aux femmes; au dernier étage se trouve toujours la salle des festins. La distribution de ces maisons est toujours fort irrégulière ; selon Jomard, « les pièces d’un même appartement sont rarement de plain-pied ; il faut toujours descendre ou monter quelques marches pour aller de l’une à l’autre. » On sait assez que le luxe de la vie orientale ne montre toute sa splendeur que dans l’intérieur des maisons. Aïnsi que le disait Vivant-Denon en l’an XI : « Lorsqu'on a pénétré dans ces espèces de forteresses, on y trouve quelques commodités. » L’élégance est surtout remarquable dans le salon d'été; nous donnons le plan du rez-de-chaussée d’une maison, relevé par Coste, montrant l'emplacement de ce salon.
L'’élévation géométrale de la construction du salon de fraîcheur est nécessaire aussi pour apprécier le mérite d’une combinaison dont toute la valeur est surtout sensible au Caire, où la température est plus élevée que celle de la plupart des lieux qui se trouvent sous la même latitude. Un passage de Gérard de Nerval sur l’époque du ÆXhamsin nous suffira pour montrer et les inconvénients du climat et les moyens employés pour y remédier. « Depuis le matin l'air était brûlant et chargé de poussière. Pendant cinquante jours (Khamsin veut dire cinquante) chaque fois que le vent du midi souffle, il est impossible de sortir avant trois heures du soir, moment où se lève la brise qui vient de la mer. On se tient dans les chambres inférieures revêtues de faïence ou de marbre et rafraichies par des jets d’eau ; on peut encore passer sa journée dans les bains. » (Scènes de la vie orientale.) De Chabrol achève ce tableau : « Dans les appartements les plus frais, et même dans la basse Égypte, le thermomètre de Réaumur se soutient à 24 et 25 degrés pendant les mois de juillet eb d'août. » (Description de l Égypte.)
Le salon d’été se compose d’une cour couverte par une coupole en bois et à jour, très élevée, de manière que le soleil ne puisse pénétrer et que l'air circule librement dans les ouvertures de la coupole. Au dessous de la haute toiture est un bassin en marbre avec des eaux jaillissantes. Ce bassin, et son nivéau marginal même, sont en contre-bas du sol de la rue. Les latéraux de cette petite cour carrée sont sous des plafonds mains
S ge.
+ [e) Le.
élevés. L'ensemble affecte souvent la forme d’un T, comme le disent Jomard et Ampère. En ce cas une grande chambre meublée de sofas prend la pièce aquatique par le travers. Le salon de fraîcheur que nous reproduisons se rapproche de cette configuration, qui doit sembler telle si on examine la salle en se tenant dans l’alcove du milieu; nous
voyons que l’ensemble se complète de deux autres chambres, n'ayant pas d’ailleurs l’attrait du centre du salon.
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