COSTUMES CIVILS ET MILITAIRES; ACCOUTREMENTS DE THÉATRE
I 2 6) 4 6) 6 7 8 9 Nos 1 et 8 : Laotiens, — N°5 2, 8, 4, 5 et 9 : Siamois. — N°5 6 et 7 : Coréens, Laos.
L'ancien royaume du Laos est aujourd’hui partagé entre l’empire Birman, l’Annam et le royaume de Siam. L’appellation de Zeo ou Lao (ancien, ancêtre) dont on a fait les mots Laos et Laotiens, est surtout particulière aux habitants de toute la vallée du Mekong, depuis le Cambodge jusqu’à Luang-Brabang inclusivement.
La race laotienne rappelle les types-du nord de la Polynésie et entre autres rapprochements, elle conserve l’usage de se tatouer. Les habitants des bords du Mekong n’ont qu’un ou deux dessins isolés sur les jambes ou sur la poitrine, mais les Laotiens occidentaux se tatouent depuis le nombril jusqu’au-dessus du mollet. Ils n’attachent d’ailleurs au tatouage aucune idée de superstition, le considérant seulement comme souvenir d’un antique usage et principalement comme un signe de courage et de virilité chez ceux qui se soumettent à cette torture.
À Bornéo, chez les Dayaks, c’est la femme qui se fait tatouer pour plaire à son amoureux ; chez-les Laotiens, c’est l'homme qui subit cette opération pour trouver une épouse.
La polygamie n'existe dans les mœurs que pour les gens riches qui, seuls, ont plusieurs femmes ; encore en est-il toujours une parmi elles qualifiée de légitime, — Beaucoup de
Laotiennes sont gracieuses et jolies; elles sonb comparativement plus blanches que les
hommes.
Comme dans le royaume de Siam et au Cambodge, l'esclavage existe au Laos; on devient esclave pour dettes et aussi pour éviter la mendicité; mais cette dernière catégorie d'esclaves
est extrêmement restreinte.
Laotien interprète.
Madras en coton; veste de soie rouge à broderies d’or; langouti de soie noué sur le côté. La soie est réservée aux gens d'un certain rang ; quant aux chaussures, elles sont presque hors d’usage ou ne consistent simplement qu’en sandales de cuir de buffle attachées avec des cordons de même matière. L’accessoire obligé du costume, c’est une énorme cigarette roulée dans un fragment séché de feuille de bananier ; on la porte souvent sur l'oreille, comme fait un scribe avec sa plume.
Laotienne de Bankok, capitale du royaume de Siam.
Cheveux noués en torchon derrière la tête ; pièce d'é-
toffe couvrant la poitrine ; jupe ouverte dont la partie supérieure est d’étoffe jaune ; langouti rayé, serré à la ceinture et tombant un peu au-dessous du genou; panier en écorce tressée. Toutes les femmes portent au bras des cercles d'or, d'argent ou de cuivre. Les plus pauvres se contentent de cordons de coton ou de soie auxquels sont suspendus, surtout chez les enfants, de petits amulettes ; les pendants d'oreilles sont aussi d’un usage assez répandu.
SIAM OU THAI.
Ce royaume, l’un des plus riches de l'extrême Orient, appelé par les indigènes Swyjam (race brune) ou Thaï (hommes libres), est entouré par la Birmanie, l’Annam et le Cambodge.
La population n’y est pas homogène, à beaucoup près; elle se compose de Chinois, de Malais, de Cambodgiens, ete. ; les Siamois comptent à peine pour deux millions sur six millions d'habitants. Ils appartiennent à une ramification de la race jaune, celle des Indo- Chinois.
Les Siamois ont tous la tête complètement rasée, à l’exception du sommeb où ils laissent croître une espèce de petit toupet; cet usage existe aussi chez les femmes qui ne conservent que deux mèches de cheveux longeant les tempes (voir les n° 5 et 9). La tête des enfants est rasée dès le bas Âge; lorsqu'ils ont trois ou quatre ans, on commence à leur laisser pousser un toupet rond, lequel, bien peigné, artistement noué et retenu par une belle épingle en or ou en argent, que les pauvres renplacent par une épingle de porc-épic,. n’est coupé que lorsque lés enfants atteignent douze ou treize ans. Cela donne lieu à une cérémonie de famille nommée a tonte duw toupet, une des phases de la vie sociale équivalant, pour le Siamois adolescent, à la prise de la robe virile chez les Romains ou à la première communion chez les nations chrétiennes. La tête devient donc comme une chose sacrée, au point que personne, même les esclaves, n’y pourrait supporter le contact d’une main quelconque ;
enfin les Siamois portent si loin le respect du chef, que le séjour dans une maison dont
l'étage supérieur serait habité leur deviendrait. odieux.
La femme est honorée et jouit d’une grande liberté. Le roi n’en possède pas moins de six o
cents; mais, dans le nombre, une seule à droit au titre de reine.
Comme toutes les populations serviles, celle de Siam donne une bonne part de son existence aux jeux et autres divertissements. Parmi ceux qu’on lui jette en pâture, la comédie en plein vent est le plus de son goût. Le théâtre ne consiste guère qu’en une sorte de tréteau sur lequel des acteurs et des actrices au corps frotté de poudre blanche, aux vêtements
excentriques, aux bijoux de clinquant, chantent et crient, à tour de rôle ou en chœur, des
histoires et des scenarios fantastiques en s’accompagnant d’une pantomime exagérée.
Le roi et chaque grand personnage entretiennent une troupe d’acteurs dont le talent ne dépasse guère celui déployé par ceux qui amusent le peuple.
No 2.
Acteur siamois.
Serre-tête en tissu de soie et fils d’or, comme toutes les autres pièces de ce costume ; bonnet conique orné de pierres fausses et de verroteries ; veste ajustée, à longues manches ; tunique sans manches dont on n’aperçoit que les larges pans tombant sur un langouti qui couvre immédiatement les jambes; gilet à épaulettes relevées, couvert de verroteries, de pierreries et de grosses broches orfévrées ; long tablier; éventail en bois garni de soie et de satin: Tous les doigts de la main, excepté le pouce, sont chargés de bagues et munis à leur extrémité d’étuis protégeant les ongles qu'il est de bon ton de porter très longs comme en Chine, où l’on aime à montrer la main oisive des gens qui n’ont pas besoin de travailler ; ici les étuis des doigts sont recourbés en sens contraire,
On peut considérer cet accoutrement d'acteur comme un costume traditionnel et d’une haute antiquité ; ses rapports avec les représentations anciennes des divinités indoues sont évidents.
Comédienne de la troupe du roi.
Bonnet rouge avec broderies d’or; cercle en métal sur les cheveux ; veste à longues manches, en soie et fils d'or ; langouti noué par devant ; sur ces deux pièces, une longue tunique à manches courtes, à larges pans couvrant les hanches et tombant au-dessus du genou ; gilet sans manches à épaulettes rouges relevées et à collerette passementée de fils d’or; brocarts en soie
rouge garnis de bijoux formant bordure et ceinture; tablier de soie.
Amazone habillée à l’écossaise ; garde du roi de Siam.
Béret en soie ; fleurs dans les cheveux ; veste rouge; Jheile-beag en laine; hauts-de-chausses en tartan ; écharpe jaune; chaussures en feutre. Sabre au côté ; carquois sur l’épaule ; gibecière en poils. Le roi recrute ses amazones parmi les plus belles filles du royaume et en fait les sentinelles de son palais. Les J'emmes-hommes, comme on les appelle, forment incontestablement le corps militaire le mieux tenu de l’armée siamoise.
Les femmes-hommes, c’est également la garde du corps d'Aureng-Zeb ; encore un rapprochement avec les Mogols. Quant à cette imitation du costume écossais, inutile de dire à quelle influence elle est due.
Siamoise de Bankok,
Écharpe en sautoir, de manière à ce qu’une des extrémités retombe en arrière de l’épaule ; langouti de coton.
Reine de Siam,
Châle en brocart d’or; langouti rouge, orné à la ceinture d’une plaque en or émaillée et ornée de pierreries. La reine et les princesses ne se distinguent de leurs sujets que par la richesse de leur costume dont la coupe ne change pas.
CORÉE ov TCHAOSIAN.
La Corée est connue des étrangers sous un nom que n’emploient plus depuis longtemps les indigènes. Cette appellation, appartenant jadis à la petite principauté de Korié, l’un des États qui se partageaient le territoire, a été appliquée à l’île entière par les Chinois et les Japonais. Mais, au quatorzième siècle, lors de la réunion des États de la péninsule en un seul royaume, ce pays, qui se trouvait sous la suzeraineté de l’empereur de Chine, prit le nom
officiel de Tchaosian ou sérénité du matin, à cause de sa position géographique à l’orient
de l’empire.
L'influence de la Chine est prépondérante dans la civilisation de la Corée; l’administration, les pratiques du monde officiel sont chinoises ; mais le peuple à gardé ses coutumes et offre même de frappants contrastes avec celui de l’empire du milieu.
N° 6, No 7.
Mandarin coréen,
Chapeau de paille en fils de bambou, retenu par une LAS COREn eh copine 0e pins
espèce de chapelet en boules résineuses ; chemise de toile à larges manches; justaucorps sur une jupe unie ; large pantalon serré à la cheville; bottes à entonnoir et à pointes relevées ; grand sabre à longue poignée ; ceinture avec petit sac contenant tous les accessoires du fumeur.
Coiffure de papier huilé sur un chapeau de feutre. Quand il fait beau, on replie ce cône de papier pour le remettre dans une poche. Robe de toile ; justaucorps rouge; large pantalon; sabre à longue poignée; chaussures de cuir.
Ces documents appartiennent au Museum de Paris : les n° 1,2, 3, 4, 5, 8 et 9 sont des
photographies ; les n° 6 et 7 des dessins de M. Zuber.
Voir, pour le texte : Pallegoix (Myr), Description du royaume de Thaï ou Siam, Paris, 1854, — H. Mouhot, Voyage dans les royaumes de Siam, de Cambodge, de Laos, etc., 1863. — M. A. Gréhan, le Royaume de Siam, 1870. — . Zuber, Une Expédition en Corée (Tour du monde, 1873). — M. Élisée Reclus, Géographie universelle, — 47. C. Bock, le Tatouage au Laos (Revue ethnographique, mai-juin 1884).
NÉCESSAIRE DU FUMEUR ANNAMITE ; PIPES ORDINAIRES ET A EAU. INDE, PER$SE ET JAVA.
Nos 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8.
Empire d'Annam.
Nos 9, 12 et 18.
Inde,
Nos 10, 14, 16 et 17.
Perse.
Nos 11 et 15.
Java.