VILAYET D'ERZEROUM
No 6.
Musulmane de Van; costume de ville.
Tcharchaf (drap de lit) que les deux mains tiennent étroitement croisé sur le visage de manière à ne laisser paraître que les yeux.
Cette pièce du costume, qui sert également de couverture de lit ou de sofa, est dans Le pays l’objet d’une grande fabrication, entretenue autant par la consommation locale que par l'exportation dans les vilayets voisins et à Constantinople. C’est une pièce de soie large d'environ un mètre et demi sur une longueur de deux à trois mètres. Sur la moitié de son étendue, elle est quadrillée soit en bleu, soit en rouge sur fond blanc ; l’autre moitié de l’étoffe est de même couleur, mais beaucoup plus foncée et seulement rayée, Le tcharchaf est bordé de larges franges composées d’eflilés où le fond blanc du milieu reparaît entre les raies.
Chez elle, la musulmane de Van est habillée comme l’Arménienne représentée sous le n° 10.
Arménienne de Van.
Fez entouré d’nn mouchoir yemeni roulé sur un étroit bourrelet de façon à dessiner une sorte de couronne. Les cheveux crespelés tombent derrière les épaules,
Entari et chalwar de solide étoffe de soie dite koutnou, disparaissant sous le chapô, sorte de chape se rapprochant de celle des prêtres latins. L’étoffe de cette pièce importante du costume est un cachemire de soïe et coton à larges raies, alternativement de couleur claire et de couleur foncée, sur lesquelles courent des guirlandes de palmes. Le chapô n’a pas de manches; il est ouvert sur les côtés dans toute sa longueur; le djubbé de drap uni le recouvre entièrement et n’en laisse voir que le devant; les manches uu peu courtes du djubbé, montrent celles de
l’entari découpées en sabots et garnies d’un liseré dentelé. Paboud) en cuir, à pointes recourbées.
VILAYET D'ALEP, IN97s Femme Bedewi.
Asaba noix, voile épais encadrant étroitement le visage. Une épingle fichée sur le haut de ce voile fait pendre d’un côté du front une espèce de cocarde où se balancent des sequins. Parfois le nez de la femme Bedewi est orné de boucles passées dans la cloison médiane en traversant les narines,.
Yachmak de soie transparente, tissu fin et crespelé, teint en noir et orné de longues houppes de cordonnet sur un entari de laine également noir traînant sur des bottes de maroquin.
Une ceinture en argent ornée de chaînettes serre le yachmak autour de la robe, Les manches flottantes de l’entari et les larges plis du yachmak cachent quatre bracelets dont deux garnis de grelots sont en argent travaillé à jour, et les deux autres en verre filé. Bagues d'argent.
No 9.
Dame juive d'Alep.
Véritable mitre de soie rayée de plusieurs couleurs; cette coiffure se complique d’une garniture de faux cheveux en partie tressés et tombant droit de chaque côté de la poitrine, en partie disposés en nappes se répandant sur les épaules et le long du dos.
Long entari de soie rayée et sans manches ; on le passe sur le chalwar après avoir mis un mintan d’étoffe pareille à celle de l’entari, à manches démesurément longues, collant aux bras et s’élargissant en éventail à partir du poignet où elles s’ouvrent jusqu’à leur extrémité coupée carrément.
Hyrka de taffetas couleur claire, fermé juste au cou et dont les manches étroites s'arrêtent plus haut que le coude.
Le corsage de l’entari monte sous les bras, par-
dessus le corsage du mintan et du hyrka ; il contourne le dos en ligne droite et reste entr'ouvert sur la poitrine où il s’ajuste. La jupe de l’entari est froncée à petits plis autour des reins et tombe roide sur les pieds chaussés de échédik (bottines molles) et de paboudj. Ceinture en châle de soie et coton. Bagues en argent et pendants d'oreilles de même métal.
VILAYET DE HOUDAVENDIGHIARK.
Femme turcomane des environs de Brousse.
Fez mou très élevé et entouré d’un mouchoir yemeni
de couleur vive; jupe de soie brodée d’or, couvrant le chalwar ; kapout, capote, descendant jusqu’à terre ; salta, yelek et paboudj brodés d’or.