‹ Le costume historiqueChapitre 99 sur 130 · LE CONSUL ROMAIN · texte numérisé non relu

LE CONSUL ROMAIN

Consul du Bas-Empire; cinquième siècle.

“Sous les empereurs, et à Constantinople, l’autorité des

consuls était devenue une charge purement honorifique réservée aux plus riches patriciens ; c’est alors que s’accrut la pompe de l’appareil consulaire.

Les ornements attribués aux consuls furent la trabea ou palmata, toge brochée d’or et ornée de clavi de pourpre, et la subarmalis profondum ou lorum, large bande d'étoffe enroulée autour du corps, laquelle en se rétrécissant graduellement, devint le pallium sacerdotal (n° 6, 17,18 et 19). On joignait à ces riches vêtements des calcei aurati, chaussures dorées,

Le consul représenté, trônant sur une sella curulis d'ivoire munie d’un marche-pied, tient d’une main le sceptrum eburneum, sceptre d'ivoire surmonté de la figure de l’empereur, et de l’autre, la mappa, linge que le consul jetait dans l'arène du cirque pour donner le signal des jeux. Cette mappa, originairement une serviette d’une étoffe quelconque, devint l’un des insignes de tous les magistrats appelés à présider les jeux publics, et enfin, celui des empereurs d’'Orient, lorsque le consulat leur fut conféré à perpétuité. C’est alors que cet objet se transforma en une espèce de petit rouleau allongé qu’on remplissait d’air pour imiter le gonflement de l’ancienne mappa repliée, rouleau plein qui prit, d’après Montfaucon, le nom d’acatia, c'est-à-dire &« sans malice ». Les empereurs portaient la croix d’une main et de l’autre l’acatia auquel un nouveau symbolisme donnait cette signification : (les souverains destinés à être réduits un jour en poussière, doivent s’étudier à passer leur vie dans l’innocence. » Voir les figures d’empereurs n° 5et8, planche G I, Abyssin et Byzantin.

Cette figure de consul provient d’un diptyque d'ivoire, tablette sculptée dont les Romains se gratifiaient mutuellement au renouvellement de l’année, Les consuls, entrant en charge au mois de janvier, tenaient naturellement la première place entre ceux qui se trouvaient dans l’obligation de donner des «étrennes ». Pour enchérir sur les simples citoyens, ils agrandirent le format des diptyques, voulurent y être représentés dans tout l'éclat du costume consu-

laire et y faire retracer les jeux qu'ils donnaient au peuple. Les diptyques devinrent ainsi des monuments d'art, infiniment précieux aujourd’hui par les renseignements qu’ils donnent sur les costumes et les mœurs des anciens.

Page 1