‹ Le costume historique vol. 6 1888Chapitre 106 sur 140 · VELAY · texte numérisé non relu

VELAY

I n'y a plus de Velay comme il n’y a plus d'Anvergne, inais cette province est devenue partie intégrante du département de la Haute-Loire dont une portion s'étend sur le territoire de l’aucienne Auvergne.

Les Vellaviens forment aussi une population montagnarde qui, sans avoir les mêmes apparences que celle de l'Auvergne, n’est pas moins robuste, infatiguable aux plus rudes labeurs. Toujours troublés par les douloureux souvenirs des guerres de religion, leur caractère s’en est longtemps ressenti; sombres, vindicatifs, ou les voyait, jusqu’en 1789, constamment armés d'un fusil et munis de leur coutelière à lame aiguë,

La fabrication de la dentelle a son centre au Puy et dans les environs, Il y a quelques ateliers dans la ville, mais, en général, les onvrières restent chez elles ; on les voit, dans la belle saison, travailler à leur carreau devant leurs demeures ; en hiver, elles se réunissent pour veiller dans la maison dite d'assemblée.

Les Podotes ont la réputation d'être très actives, amoureuses du travail; leur esprit net, positif, justifie ce vieil adage « qu'avec femme du Puy et homme de Lyon, on doit faire excellente maison >.

Pour retrouver un souvenir des anciens costumes dans la manière dont s'habillent aujour-

d’hui les paysans vellaviens, il faut remonter aux endroits les plus retirés de la montagne et encore, presque partout, disparaissent-ils de jour en jour.

La large braye n'existe plus, mais le lourd camail à capuchon (la capete) de quelques femmes de l'Auvergne est toujours en usage aux alentours du Mezenc; l'antique sagum gaulois se reconnaît dans le manteau de serge blanche rayée de noir dont se convrent les pâtres.

C’est surtout par la coiffure que se distinguent les habitants des campagnes. Les hommes conservent le chapeau à larges bords et les femmes le portent aussi. Pour elles, eest un feutre rond, presque plat, dout le diamètre varie suivant les loealités et qu’elles placent par-dessus leur coilte. Ce chapeau est quelquefois une parure élégante, puisqu’anx jonrs de fête on le voit sur le chef des riches paysannes, chargé de grandes plumes noires, de dentelles, de pompons, d'ornements en jais et en filigranes d'or. Ce chapeau sert de support pour tenir en équilibre jusqu'au fardeau le plus pesant ; car c'est un nsage dans le Velay, chez les femmes aussi bien que chez les hommes, de tont porter sur la tête.

Un trait caractéristique des mœurs vellaviennes, c'est le goût exagéré des femmes pour les joyaux. Ajouter un rang et nne plaque à son collier, attacher son monchoir où ses rubans avec des épingles aux lourdes têtes, allonger ses perdants, acheter une bague nonvelle, voilà leur suprême ambition.

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