‹ Le costume historique vol. 6 1888Chapitre 41 sur 140 · ANUS · texte numérisé non relu

ANUS

Paysan des environs d’Achensee ; vallée de l’Inn.

Le costume des montagnards du Zillerthal se retrouve,

avec quelques modifications, chez les habitants de la vallée inférieure de l'Inn La graude route ouverte de cette vallée à permis aux éléments étrangers de s’y iutroduire, tandis que le Zillerthal, pays étroit et fermé, est resté exempt de tout contact ct a, par conséquent, conservé son costume traditionnel. Cette différence est sitout visible à la frontière nord du Tyrol, du côté de la Baviére et dans les environs d'Achensee, où l’on rencontre des redingotes, des pantalons de drap, ainsi que des chapeaux de feutre bas de forme ; mais, à ces vêtements modernisés, il est toujours ajouté quelqne chose de l’ancien costume.

Chapeau de feutre de forme conique, aux bords entourés d’un cordon terminé par des glands retombant sur la nuqne; ce chapeau est orné des insignes particuliers à ces contrées, c'est-à-dire de la plume de coq de bruyère, de la barbe de chamoïs et du bouquet de fleurs alpestres, Chez les paysans des environs d'Achenseec, la large ceinture de cuir ne se voit plus que rarement, car elle s’harmonise peu avec le gilet moderne sur lequel s'étale ici une lourde chaîne d'argent, Cravate de soie rouge. Joppe,

veste de drap. Culotte noire en peau de chamois, soutachée eb serrée aux genoux par des cordons, Bottes de cuir.

Paysan du Oetzthal.

Lorsque, dans un chef-lieu de la contrée, le tir à la cible réunit tous les habitants des vallées environnantes, le costume caractéristique des hommes du Oetzthal se fait remarquer par dessus tous les autres : chapeau conique on évasé, tantôt vert, tantôt noir; Joppe.de gros drap brun foncé, dont l'un des revers est orné d’une longue broderie de couleur, insigne particulier aux habitants de cette vallée ; ceinture de cuir décorée de nombreux rangs de clous d'étain poli; culotte en peau de chamoïs, couturée de blanc, et attachée aux genoux avec des boutons et des rubans de soie; bas de laine; gros souliers lacés,

Paysanne de la vallée de Passeyer.

Coïffe de coton tricoté. Sur un niederleibel, jaquette de drap violet garnie, à l’encolure et aux parements des manches, de soie cramoisie; par devant, cette jaquette est fermée au moyen de rubans de couleur

et d'un rang de boutons d'argent. L'entoilage de la manche de chemise, dépassant la manche de la jaquette, rejoint un rebras de velours garni de fourrure, couvrant l'avant-bras et une partie de la main. Longue robe à plis serrés, d'étoffe laine et fil. Ample tablier de toile bleue rayée et à rubans de soie. Bas de laine rouge vif. Souliers de cuir.

Note

Jeune paysan du Sarnthal, Costume de fête,

Le Sarnien aime les couleurs éclatantes : sa joppe et

son brustfleek sont en drap rouge vif, et sur ce dernier, se croisent des bretelles de damas vert clair, La chemise, visible à la partie supérieure de la poitrine, est garnie d'une étroite dentelle qui entoure le cou et forme jabot en descendant vers la poitrine, Les hommes mariés portent un chapeau noir et les jeunes gens un feutre veré clair, de forme basse et aux très larges bords. La forme et l'ornementation de la ceinture n'offrent aucune différence avec celle des habitants des autres vallées, Une culotte de laine épaisse, et plus large que d'ordinaire, laisse le genou entiérement à découvert. Bas blancs avec jarretières rouge vif. Souliers de cuir.

Bohême. — En général, la bourgeoisie des villes de cette contrée est allemande, tandis que les Tehèques, les véritables Bohémiens de la Bohême, appartiennent à l'aristocratie où forment une bonne partie de la foule des paysans et des ouvriers. Les Slaves de même race qui habitent la Moravie et la Hongrie occidentale reçoivent les appellations de Moraves et de Slovaques.

Aujourd’hui, les Allemands, comme les Tchèques, ont cessé presque partout de porter un

costume national.

Non

Jeune Allemande d'Auherzen ; district de Pilsen, Costume d'été.

Les cheveux, relevés en arriére, pendent en tresses terminées par de longs rubans blancs ; ils sont ornés du stirntüchel, baudeau, et du nardel, diadème de cuivre orné d'arabesques, Une épaisse touruure en foin, crin ou autre matière, fait bouffer la jnpe de laine. Ceinture remontant à la hauteur de l'épaulette de la chemise aux manches longues et larges. Corsage décolleté, en laine de couleur ou en étoffe d'or. Fichn de laine à dessins de fleurs, Tablier noué au moyen

d'étroits rubans de couleur, Bas de laine rouge pourpre. Souliers de cuir à bouffettes de soie verte, Pour sortir, le costume se complète du Æwrass, jaquette de.piqué blanc, et d'un grand fichu de toile dont on se couvre la tête,

Le costume d'hiver ne se distingne de celui d'été

‘que par deux objets : un bonnet et une jaquette de

fourrure, Non9!

Jeune Allemand des environs le Kladau.

Chapeau en feutre, de forme basse, garni de fleurs et

entouré d'un cordon dont les bouts se terminent par boutonnières d’étoffe verte ct bontons de métal

des touffes de soie noire. Veste de drap bleu avec jaune. ALLEMAGNE.

Silésie. — Indépendamment de la race politiquement dirigeante, la Silésie (ScAliesen) est

peuplée de Polonais, de Tchèques et de Moraves. La haute Silésie est souvent désignée sous le nom de « Sibérie prussienne ».

Pendant que le pays plat ne conserve que partiellement le costume national, celui que Pon rencontre entre Fischbach et Tannenhausen est resté l’un des plus intéressants de la partie centrale de Ia Silésie. Le costume des hommes ne diffère pas sensiblement de celni généralement en usage en Allemagne, mais les femmes ont dans leurs vêtements, et surtout dans leurs coiffures, plusieurs détails propres à cette partie du pays.

N°7. — Paysan des monts Géants. Les jours de fête, le paysan des monts Géants porte un chapeau de feutre noir de forme évasée, eb est vêtu d’une redingote de drap dont les pans descendent jusqu'aux pieds. Cette redingote, qui se met surtout pour aller à l'église, est qnelquefois appelée « der Gottestischrock », redingote de la sainte Table.

Waurtemberg: cercle de la Forêt- Noire. — Aucune contrée n’a été plus respectée par les invasions que les hauts plateaux du Wurtemberg ; les montagnes, où les villages sont très clairsemés, n'avaient point assez de richesses pour tenter des conquérants, de sorte que les habitants du pays ont gardé le type de leurs aïeux. Cependant les émigrations de ces populations sont une cause de changements de plus en plus rapides dans les mœurs, Comme les Auvergnats, les Savoyards, les Tyroliens, les hommes de « l’âpre mont » émigrent en grand nombre et se font colporteurs, mereiers, marchands de fleurs, etc. Dans les environs de Rentlingen, à la base des hauts escarpements de l’Alp, se trouve le village d’Ehningen, dont les émigrants, merciers e ngrande majorité, reviennent à la Noël pour célébrer leur « congrès » (ZÆlninger Congress), c’est-à-dire pour tenñ: une foire. Enrichis par leur commerce, ils ont fait de leur bourg d’origine « le plus beau village du Wurtemberg »,

culaire d'environ huit pouces de haut, tendu sur un k encadrement de fil de fer; quatre larges rubans noirs fixés au fond de velours descendent derrière le dos, tout en laissant un espace suffisant aux longues tresses de cheveux dont les extrémités sont nouées

NS 5 et 4, Femmes de la forêt Noire,

Dans le village de Rottenbonrg et jnsqu’au delà de

Rottieil, le costume des femmes est surtont remarquable par sa coiffure. Un bonnet de soïe noïre pigné leur couvre le sommet de Ja tête; la partie supérieure de ce bonnet est formée d’un fond de velours de coulenr garni de riches broderies métalliques; puis, sur ce fond, s'élève encore un cimier demi-cir-

par de larges rubans ronges. La jaquette est le plus souvent de velours noir avec de larges manches bouffantes. L'échancrure du cou est fermée par un col garni de dentelle, sur lequel les paysannes nonent une cravate aux bonts pendant par devant. Jupe de

laine et souliers de cuir.

Saxe. — Cette nation a été longtemps considérée comme celle qui représentait la nation allemande tout entière ; actuellement encore, en Transylvanie, les descendants des colons germains de diverses provenances n’ont d'autre appellation que celle de « Saxons ». La race saxonne à toujours eu, d’ailleurs, une influence des plus actives sur Ie grand corps germanique.

Le haut du bassin de la Spréc, en Saxe et en Prusse, est encore occupé par quelques populations de langue wende, vestiges de la grande nation slave qui s'étendait autrefois jusqu’à VElbe, dans la grande plaine comprise entre les montagnes et la Baltique.

N° 10. — Femme de Dannstedé, distriet de Magdebonre'; province de Saxe (territoire prussien). — Les femines de Dannstedt ontune coiffure composée de longs rubans qui entonrent le visage et tombent sur la poitrine; en arrière sont deux rubans reployés et deux autres qui descendent jusqu'aux pieds; ces derniers, d’uue grande richesse, sont sarnis de passementeries et de longues franges de soie; le prix de ces rubans s'élève souvent à cinq frédérices d’or (cent dix francs). Chaîne massive ornéc d’une croix. Corsage de soie aux manches longues et étroites. Jupe de même étoffe, garnie de broderies. Fichu de laine brodé de fleurs de soie, ainsi que de paillettes d’or et d'argent. Sur ce fichu, s'en trouve un autre plus petit en soie de couleur. Tablier couvert de broderies; ses rubans, qui retombent en avant, sont frangés d'argent, Bas bleu-cris. Souliers de enir à rubans croisés sur le pied.

Les jeunes filles portent le même costume, mais leur coiffure ne consiste qu'en une couronne de fleurs,

N°12. — Jenne fille wende de la Lusace. — Petit bonnet gaufré entouré d’une fraise de mousselinc. Corsage de liuon dans lequel disparaît un fichu de couleur éclatante, dont les extrémités reviennent décorer un gracieux tablier brodé. Les Wendes catholiques ont les plis de leurs jupes cousus les uus sur les autres; ces plis sont sans coutures chez les protestantes de la même race.

Saxe-Altenbourg. — Les Slaves de la famille des Sorbes ou Sorabes ont pénétré jusque dans cette région de l'Allemagne, ct forment encore une population à part dans les campagnes de Saxe-Alteubourg ; ils ont perdu lenr idiome slave, mais ils se distingnent toujours par le costume et les mœurs. Chez eux, et d’après l’ancienne coutume du pays, les propriétés ne se partascut pas entre tons les enfants : c’est le plus jeune fils qui hérite, les grands étant censés d'âge et de force à pouvoir sc tirer d’affaires tout seuls ; souvent ils restent domestiques chez leur puiné et contribuent à l'enrichir.

NOIRE CRIE coiffure, faite de soie on de satiu, ornée de broderies

d'or où d'argent, est un objet important de la toi-

Femmes altenbourgeoises. $ je.

. lette. Les couleurs foncées forment généralement le

Coiffure qui se eompose d'une pièce d’étoffe formant fond du costume féminin altenbourgeois, qui n’est calotte, plissée à la nuque et descendant jusqu’à I relevé que par l'originalité de sa forme et l'éclat de ceinture ; par le moyen de deux carrés de carton, la ses garnitures. La chemise cest couverte d’une japartie pendante est horizontalement maintenne près quette de cotonnade aux courtes manches toujours

de la tête et retombe perpendiculairement ; cette | ornées, prés de l'épaule, d'initiales broïces. Sur la

jaquette, est un corset très échaucrèé par devant ; par le tablier; cette robe ue dépasse pas le genou. cette échancrure est remplie par uu large buse recou- Pour les fêtes, elle est toujours de soie foncée, et les vert de la même étoffe quele corset auquel il est fixé broderies de la partie supérieure, ainsi que l’ourlet par des rubans de couleur; l'extrémité supérieure du bas, sont garuis de rubans de soie de couleurs. du busc cache une partie dn menton ; de là, pour les Tablier de soie (que l'on remplace par un tablier de paysannes, l'habitude de poser la main sur la partie toile dans l'intérieur de la maison) à larges plis et supérieure de cette pièce de leur costume afin de tombant un peu plus bas que la jupe; il est retenu pouvoir parler plus aisément. Large cravate de soie par des rubaus qui peudent sous ceux couvrant la uoire dont les extrémités ornent le haut du busc. jaquette. Bas de coton blanc maintenus par des jar- Rubans de soie aux bouts frangés, convrant entiere- retières de couleurs placées au-dessous du genou. ment le corsage et retombant sur les côtés du tablier. Souliers plats, sans talons. Par le mauvais temps, Sur une jupe de laine, se trouve la robe, formée de les Altenbourgeoises portent des bottes de cuir moncinq aunes d'étoffe; la moitié est cousue en plis si tant à mi-jambe et garnies de velours à leur partie serrés, que ce vêtement, formant maillot, accuse ri- supérieure.

goureusement les parties du corps non recouvertes

N°13. — Frnitière de Hambourg. — Bonnet d’indienne sur lequel est posé, en bandeau, un fichu empesé dont la pointe se tient droite au-dessus de la tête. Dans cette classe de marchandes, une femme était antrefois regardée comme pauvre si elle avait moins d’une demi-douzaine de jupes les unes sur les autres,

N° 18. — Jeune fille de Cobonrg. — Sur le haut de la tête est fixée une petite calotte ornée de grosses perles de verroterie. Chemise à manches bouffantes, recouverte d’nn corsage à petites basques. Robe à petits plis. Souliers découverts.

N° 5. — l'ype d'étudiant de l’université d’Heidelberg ; commencement du siècle. — Cet étudiant, d’allure romantique, a un toquet brodé d'argent ; son abondante chevelure retombe sur un col brodé. Avec sa gigantesque pipe de porcelaine, il a bien la tournure particulière à la jeunesse des nniversités allemandes ; il ne lui mauqne, indépendamment des balafres de rigueur qui décorent habituellement là figure de tout étndiant d’ontre-Rhin, qu’une colichemarde peudue aux côtés de sa redingote brodée et des hottes à l’écuyère dans lesquelles s’enfoncerait son pantalon bleu à bande d'argent.

Les n° 1, 2, 3, 4, 7, 9, 10, 11, 14, 15, 16, 17 of 19 sont tirés du beau recueil Deutsche Wolkstrachten, de NW. Albert Krestchner; Leipziy, 1870. Les n° 12, 15 el 18 proviennent du recueil de Lanté et Gatine : Costumes féminins de différents pays; Paris, 1827.

Les n°®% 6 el 8 font partie du Osteirreich-Ungarn National Trachten, collection de photographies édilée à Vienne.

Le n° 5 est reproduil d'après une gravure faisant partie de la collection de costunes publiée au commencement du siècle par Martinet.

Voir, pour le texte : Deutsche Volkstrachten cf la Géographie universelle de M, Élisée Reclus.

SWITXERLAND Ro SCHWEIZ

fs

Nordmann lith.

SUISSE

COSTUMES POPULAIRES

LUCERNE, FRIBOURG, ZUG, BERNE, SCHWITZ, SCHAFFOUSE ET VALAIS. PREMIÈRE PARTIE DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE.

ss] ee]

N°9 1, — Femme du canton de Encerne.

Pays varié par de jolies et fertiles collines entrecou-"

pées de torrents et de ruisseaux; race forte et saine uniquement vouée à l'agriculture.

Partout en Suisse, dans la première partie du siècle, la mise ést gaie et brillante. Les habitants aiment à se vêtir d’étoffes claires; il y a quelque chose d'éclatant et de fieuri dans toutes leurs personnes.

L’attitude tranquille de cette campagnarde fait admirablement valoir la coquetterie de son costume. Un large chapeau de paille forme comme une couronne autour de la tête. La chemise, étroitement fermée au cou, a des manches qui laissent voir le bras nu, ce qui est de tradition et se rencontre chez les femmes de chaque canton. Un corset orné de broderies emprisonne la taille. La jupe claire, dont les plis soulignent une courbe gracieuse, doit s'arrêter au-dessus du genou, découvrant ainsi les bas blancs. De petits souliers à nœuds écarlates complétent cet ensemble, (Au sujet de ces costumes écourtés, voir le n° 5.) Û

10 il

N°s 2, 7 et 9. — Femmes du canton de Fribourg.

La fig. n° 2 est de la partie romane, c'est-à-dire

française du canton. Presque toutes les femmes ont la même coiffure ; elles se chargent la tête de tresses nourries de crin ; par-dessus s'étale un large chapeau de paille gami d'une dentelle noire flottante. La robe longue accuse une habitante des vallées. Les attaches qui se voient derriére le corsage sont les bretelles de la laitière.

La partie allemande du canton est représentée par les n°5 7 et 9. Ces deux fiancées ont revêtn la fraise antique empesée eu bleu. À nn collier de ruban est suspendue une boîte d'argent nommée l’Agnus Dei. Elles portent le corsage lacé et relévent leur tablier de soie noire pour montrer la cotte rouge en même temps que leur riche ceinture aux longs bouts frangés. La coiffure de la fig. 9, non moins coquette que l'autre, en diffère par ses dimensions étroites.

Nos 8et 4, — Paysan et paysanne du canton de Zug;

costume des dimanches.

La population se distingue par une physionomie

franche et ouverte; elle a de plus la réputation de se livrer au travail avec zèle.

C’est surtout ici que l’on voit s'épanouir dans tout leur éclat les couleurs chères aux habitants des montagnes, gens dont l'imagination se trouve fortement influencée par la grandeur et la richesse de la natnre. Non seulement, comme on le voit dans la fig. n° 8, le jeune homme du canton de Zug aîme, les jours de fête, à se parer de ruhans, à en placer sur son chapeau, sa cravate et sa veste, mais il pousse encore l'amour du pittoresque, ou bien le respect de la tradition, jusqu'à se vêtir d'un costume représentant à lui seul plusieurs époques. En effet, ses chausses houffantes rappellent autant le costume Henri IV que la chemise aux plis bouillonnés remet en mémoire les galants du règne de Louis XIV.

Chez les jeunes personnes, les rubans et les fleurs se prodiguent snrtout dans l’ornement du chapeau. Elles portent des jupes courtes et serrées, d'étoffe bleue ou verte. Les has sont généralement rouges. De longues tresses de cheveux retomhant assez bas sout comme l'accompagnement nécessaire d'un costume où l'harmonie se maintient malgré des couleurs vives et brusquement opposées.

N° 5 et 11. —- Femmes mariées du canton de Berne.

D'une nationalité très prononcée, la race est forte et belle dans ce cantou qne l’on regarde comme le plus grand, le plus peuplé et l’un des plns heaux de la Suisse.

La fig. n° 5 a des demi-manches à gigot; une coiffe de satin noir très étroite est posée sur le haut de la tête. Les Bernoïises qui ne sont pas mariées attachent nn grand prix à la longueur de leurs cheveux ; elles les partagent, les tressent et les laissent pendre jusqu'aux talons. Après le mariage, ces tresses, qu’il n’est plus permis de laisser flottantes, sont tournées en spirales et fixées sur le sommet de la tête. Deux lettres, brodées sur la chemise à la hautenr des seins, indiqueut, l'une à droïîte le nom de baptême, l’autre À gauche le nom de famille. Collier formé de deux petites languettes d'étoffe ronge; ces languettes sont encadrées par des bandes de velonrs noir qui se retrouvent sur la pièce d'estomac. — Dans un pays où les chemins, souvent à pic, ne peuvent être gravis qu'à l’aide d’échelles fixes, la nécessité pour les paysannes d’avoir une jupe courte s'explique parfaitemeut : ayant souvent à mainteuir un fardeau placé sur lenr tête, elles ne pour-

raient guère s'occuper de relever une jupe qui entraverait leur ascension, C’est aussi pour cette raison que les has sont jarretés au-dessous du genou.

La fig. n° 11 représente une habitante des vallées. Cette laitière d'Oberhassli sort prohahlement d’un châlet où elle à rempli de crème un vase de hais. Elle a une toque de velours, maïs, dans le Hassli, les femmes sont plutôt tête nue. La poitrine est recouverte d'une large pièce d’étoffe formant plastron. Uu ample tahlier garantit une jupe lougue de couleur claire.

Aujourd'hui on retrouve encore dans les campagnes quelques restes du costume bernois, principalement dans la partie allemande du canton où les femmes portent toujours de larges manches de chemise. Près de Berne, elles sont coïffées d'une sorte d’auréole de dentelle noire et portent souvent des chaînes d'argent par-dessus leur corset, (V. pl. le Lit et le Bébé.)

N° 6, — Habitant du canton de Schwitz.

Ce pays, sillonné de montagnes, est une fraction des

N'aldstelten ou cantons forestiers.

Son nom de Schwitz, qui devint plus tard celui de la Suisse entière, signifie, paraît-il, défrichement par l'incendie; il rappelle la prise violente du sol par ceux qui l’occupent.

Les Schwitzois se livrent essentiellement à la vie pastorale, comme leurs voisins les Unterwaldais et les Uriens. Dignes héritiers de leurs ancêtres, les traits principaux de leur caractère sont le courage, la franchise et une vigueur morale particulière, due à leur genre de vie.

Le paysan porte une veste à petits brandehourgs; un gilet entr'ouvert laisse apercevoir la chemise serrée à la taille au moyen d’un ceinturon; il a une culotte courte et des bas blancs retenus au-dessus du geuou par des jarretières. Sa chaussure consiste en escarpins à bouffettes,

Le seul vestige du costume de ses pères doit se retrouver dans cette ceinture de cuir autrefois portée par les lihérateurs de la Suisse, ceux dont le Dante aurait pu dire, comme des Florentins, qu'ils étaient ceints d'os et de cuir, On pourrait reconnaître encore l'ancien chaperon dans la toque posée si cavalièrement sur le côté de la tête. (Voir, à la pl. le Lit, le costume des femmes du canton de Schwitz.)

No 8. — Jeune fille du canton de Schaffouse.

Dans ce charmant costume on remarque d'abord la

coiffure si originale consistant en un très petit ca-

lot de velours noir, maintenu sur le sommet de la tête par deux petites brides ; puis, l'aspect artificiel produit par les tresses entortillées de rubans de couleurs différentes et ornées à leur extrémité de larges baudes de soie blene.

Quant aux pièces de l'habillement, c’est toujours la chemise à manches courtes, le corsage lacé orné de broderies, la jupe courte montrant une jambe fine et le tablier blanc serré à la taille par des cordons rouges se nouant par devant,

N° 10. — Jeune fille du Valais,

Les Valaïisannes portent un petit chapean de paille

à bords relevés, orné de dentelles; on y met quelquefois du drap d’or, mais la forme et la paille ne varient pas et les dames les mieux mises soumettent rarement leur coiffure à l'empire de la mode,

Ou à conservé en partie les modes du siécle dernier ; aussi la mise de cette jeunc fille est-elle du plus gracieux effet. Un fichu couvre les épaules et la poitrine, laissant toutefois apercevoir la broderie d’une fine chemisette; le corsage a les anciennes petites manches garuies de dentelles ; enfin une jupe courte et un tablier de soie achèvent ce modèle de simplicité et de bon goût,

Les n° 1, 2, 4, 8, 5 et G proviennent du Recueil de costumes suisses, allemands, etc. ; sendus autrefois à Paris chez Martinet, libraire, rue du Coq.

Les n°5 7, 8, 9, 10 eé 11 sont tirés des Costumes des femmes de Hambourg, de la Hollande, de la Suisse, etc.; dessinés par Lanté et gravés par Gatine, — Paris, gr. in-89 ; 1827.

Voir, pour le texte: de Golbéry, la Suisse (Uuivers, Didot) et A. Elysée Reclus

: la Suisse (Géographie

nuiverselle, tome III, Europe centrale), Hachette, 18TS.

SWITZER LAND cisbheress SCHWEIZ

Enp Firmin Lidot et C#* Paris

SUISSE

COSTUMES FEMININS.

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