‹ Le costume historique vol. 6 1888Chapitre 6 sur 140 · CONSULAT · texte numérisé non relu

CONSULAT

Toilette de ville,

Capote imitant la coiffure antique; cet exemple de coiffure offre des réminiseences du spherdone, bandeau, et du cecryphale, filet ou réseau à l'aide duquel les dames grecques eontenaient la masse de leurs cheveux sur le derrière de la tête; le même arrangement se retrouve dans les n°5 1 et 2 (1801). Robe à demi-queue, couverte par une tunique fixée à une

. eeinture à fermoir orfévri ; cette tunique, qui s'ouvre en arrière, à ses bords garnis de losanges brodés, Corsage, très court, sans manches, et laissant les bras seulement couverts par eclles de la chemise. Écharpe posée en fiehu.

No 4, Toilette de ville.

Chapeau de velours nakara, couvert d'un voile de dentelle. Tunique à queue, échancrée sur le devant de la jupe. Gants longs dépassant l'avant-bras. Fichuchâle, dont les pans sont réunis dans un cowlant d'orfévrerie.

No 5.

Costume de bal.

Capote garnie d'une plume d’autruche.7'unique à bordure brodée, formant un nœud bouffant au-dessous du corsage à l’aide des plis ramenés sur le côté, Robe à queue ornée d'une bordure grecque, Les bras sont nus.

Costume d'intérieur.

Coiffure grecque, formée d’un réseau enserrant tonte la chevelure et ne laissant dépasser que les touffes de cheveux du chignon et celles qui sont rabattues sur les tempes et le front. Robe longue aux manches tailladées en rond que des eamées viennent orner dans les intervalles. Gants montant au-dessus du coude.

Toilette de soirée,

Cheveux ornés d'un large ruban et au chignon traversé par une épingle d’or, Collier de perles à plusieurs rangs. Tunique de crêpe noir à corsage décolleté très bas. Les manches courtes forment deux pièces indépendantes du corsage auquel elles se rattachent, Les bras sont nus. Ceinture de mousseline blanche nouée sur le côté,

Dans chaque appartement du beau moude de cette époque, il y avait toujours un piano d'Érard on de Pleyel, une harpe et même une guitare, Mais l’instrument auquel on donuait la préférence était la harpe, qui permettait aux musiciennes de faire valoir la beauté de leurs bras ; toutes les dames qui en jouaient étaient plus ou moins des Corinnes au cap Misène.

NES Costume de ville,

Capote de satin formant la coquille antique; ses plis sont couverts de nattes de cheveux, reliées entre elles au-dessus de la tête et formant des petits frisons. Esprit ou aigrette passé dans un croissaut d’or, Tu-

nique coupée dont le corsage, découvrant larsement la poitrine, est orné sur le côté d'un pan triangulaire de même étoffe qui se tiouve rabattu, Gants de même couleur que la jupe. Larges boucles d'oreilles,

INDRTS* Le volubilis,

Bonnet noué en marmotte ; ses pointes sont ornées de glands d’or; des volubilis s'entortillent sur le dessus de cette coiffure. Tunique rappelant la chlæne grecque, espèce de manteau léger et court garni iei de glands à chaque pointe; un des côtés du corsage est rabattu et également orné d'un petit gland d'or. Gants de même couleur que la jupe.

No 20, Toïlette d'intérieur,

Chlane croisée sur la poitrine; la pointe de l'un des pans se termine par un gland de même couleur que la bordure de ce vêtement. Jupe blanche.

DORE Capote en madras, qu'une bandelette de satin maintient sur les cheveux, Tunique croisée en mousseline, garnie d’une bordure d’étoffe bleue. J'upe rose dont le corsage à des manches bouffantes, Gants blancs dépassant le coude, INR

Toilette de ville.

Coiffure de mousseline, laissant voir l'extrémité dn chignon enveloppé d’uue résille. Robe de dentelle à longue queue. Tunique sans corsage; de légères bretelles en tiennent lieu. Le hant du bras est orné de bracelets de cheveux garnis de pierres fines,

Nos.

Toïlette & la Vestale.

Coïffure en cheveux recouverte d'uu voile léger et

ample. Tunique simple à queue traînante, Non

Costume de soirée.

Dans les cheveux, une couronne de corimbes. Canezou

blanc à cordons lacés sur le devant et aux manches No 1.

courtes garnies de lisérés bleus. Sous ce corsage

passe une large bretelle qui se relie à la jupe de Phaëton du haut duquel une dame tient les rênes même couleur. de deux petits chevanx,

Nes 14, 15, 16 et 19.

Le Courrier des Modes constatait dès 1786 que les dames Bonnets-calottes de Paris et de Londres.

venaient d'adopter l'usage d'aller en cabriolet sans

Tous ces bonnets ont la forme de la wesica (vessie), cavaliers : ( Elles y vont seules, elles y vont deux, espèce de coiffe en usage chez les dames grecques. mais point d'hommes. » Elles conduisaient elles-mê- Le bonnet n° 19 a de plus une fanchon de couleur mes, ordinairement accompagnées par un seul Jockei rose, venant se nouer sous le menton. qui criait aux passants de se garer.

Pendant le régime de la Terreur, quelques artistes, David à leur tête, avaient déjà préconisé le costume grec et le costume romain comme les deux types que les hommes et les femmes devaient s'appliquer à imiter et à reproduire dans la République française. Quelques essais en ce genre avaient été faits, avec plus ou moins de goût ou d’excentricité, parmi les classes appitenant aux arts, au théâtre, à la politique; mais ce ne furent que des essais isolés.

C’est du Directoire que date Padoption du costume grec ou du costume romain. Ce dernier convenait mieux aux femmes grasses qui, par leurs formes opulentes, se rapprochaient plutôt des matrones de Rome; l’autre costume appartenait de droit aux femmes plus jeunes, sveltes et bien faites, ayant une taille élégante, et n’ayant rien à redouter des indiscrétions d'un costume léger. Ces merveilleuses à la grecque s’appliquèrent dès lors à copier les statues antiques et n’eurent que l'embarras du choix entre les robes à la Flore et à la Diane, lestuniques à la Cérès et à la Minerve, les voiles à la Vestale, ete. Les couturières qui confectionnaient ces vétements archéologiques se faisaient aider par des peintres ou des sculpteurs : c'était Nancy pour les modes grecques ; Raïmbaut pour les romaines. Le cothurne avait remplacé, pour les yraies merveilleuses, le soulier en peau de chèvre rose, brodé en soie verte ou bleue.

La plupart des étoffes légères, exclusivement blanches, qu’on employait à la confection des costumes de femmes, étaient anglaises et provenaient des prises maritimes que le gouvernement faisait vendre à Brest et à Lorient, où les marchands se disputaient des milliers de pièces de mousseline, de linon et de batiste, que l’industrie nationale ne pouvait fournir. Le satin et le taffetas, le velours et les plus riches soieries ne trouvaient pas d'usage dans la toilette des femmes, iusouciantes des intempéries de l'air et de la rigueur des saisons. C’est à peine si une merveilleuse se décidait à endosser, au cœur de l'hiver, une redingote de satin sans manches, et si, dans les chaleurs de l'été, elle consentait à mettre son teint à l’abri du soleil sous uu chapeau de paille dont la passe allongée se dressait en l'air de manière à ne rien cacher du visage ni de la perruque frisottée, (Voir la planche AH.)

À ces restaurations archéologiques, on avait doncement gagné le nu. La robe s’était retirée peu à peu de la gorge; et les bras habillés jusqu’au coude, suspectés d'être de vilains bras, accusés de s’envelopper dans nne robe à l’hypocrite, se dénudaient jusqu'à l'épaule. On apprit tout à coup que les merveilleuses ayant jugé les chemises absolument inutiles, n’eu portaient

plus. La chemise, d'après la théorie des costumes étroits et collants, « déparait la taille et s’ar- « rangeait gauchement ; un juste bien fait perdait de sa grâce et de sa précision par les plis & ondulants et maladroïts de ce vêtement antique. »

C’est l’anglomante qui corrigea l’andace des merveillenses que leurs excentricités avaient fait appeler des änpossibles, en leur apportant des vêtements qui les couvrirent an lien de les découvrir, de véritables châles qui n'étaient plus des écharpes, des redingotes et des spencers. Les chapeaux de paille eb les turbans réussirent encore mieux, parce qu’on les accommoda avec les exagérations de la frisure et du chignon.

Vers la fin du Directoire, la forme des robes, était encore celle de la tunique à manches courtes ; si les manches étaient longues, on les rehaussait d'une lévère bordure en soie de couleur ou en broderie d'or. Les femmes se résignèrent à porter des bonnets on des cornettes en crêpe ou en bulle avec ruches, dentelles et fleurs artificielles, et même des chapeaux et des capotes plus ou moins fermées en étoffe de soie. Elles s’enveloppèrent aussi d'immenses châles qui tombaient jusqu’à terre et leur permettaient de conserver une toilette légère.

La mode des perruques se maintenait toujours, quoiqu’elle fût vivement blâmée et critiquée par les partisans des coiffures à 4 Titus, chez beaucoup de capricienses qui se plaisaïent à changer de physionomie en changeant de perruqnes qu’elles prenaient tantôt blondes et tantôt brunes. D’autres femmes refusaient d'abandonner leur longue chevelure, mais la mode vint à bout de leur résistance. Vers 1798, la Titus avait fait de tels ravages, qu’on ne voyait pas dix femmes sur mille qui eussent conservé leur chevelure; elles regrettérent amèrement ce sacrifice, quand on revint aux boucles frisées ét aux chignons nattés. Voir, au sujet des postiches, des tours ou cache-folie, la notice de la planche ayant pour: signe le Pied de cheval,

Pendant le Consulat, les révolutions perpétuelles des modes étaient tempérées par la liberté que chaque femme s’attribuait de choisir la toilette qui lui seyaït ou lui convenait le mieux. Pujoulx raconte dans son Paris à la fin du dix-huitième siècle (1801), que le même salon lui avait offert à la fois trois femmes habillées, ou plutôt costumées, comme en carnaval, & l« grecque, à la turque eb à Panglaise. « Je suis bien aise de faire observer », dit-il en terminant, « que ces trois êtres amphibies, franco-turco-anglico-grecs, étaient des Françaises. »

Le n° 9 est tiré d'une estampe où sont représentées deux merveilleuses : « Les Héroïnes « aujourd'hui, » Deret del. et Blondeau sculp. Le n° 11 provient d'une suite de gravures intitulée « Modes el manières du jour, » sans nom d'artiste.

Le n° 18 à pour original une de ces estampes enluminées qui se venduient chez Basset, rue Jacques, n° 670.

Les autres figures proviennent du « Journal des modes, » de la Hésangère, années 1800 cé 1801.

Voir, pour le texte : MA, de Goncourt, la Société française pendant le Directoire. — Quicherat, Histoire du costume en Vrance, — el Paul Lucroir, Directoire, Consulat et Empire.

he

PRANKREIER XVI-XINJAHR

LE

FRANCE XVII -XIXES €

Page 1