‹ Le costume historique vol. 6 1888Chapitre 99 sur 140 · COSTUMES POPULAIRES DE MAJORQUE ET DE MINORQUE · texte numérisé non relu

COSTUMES POPULAIRES DE MAJORQUE ET DE MINORQUE

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N° 9, 8, 4, 5, 7, 8, 9, 10 et 11.

Majorquins.

N®1et6.

Minorquins.

Peu de contrées ont reçu, de la part des anciens, plus de dénominations que les îles Baléares. Elles sont tantôt appelées les Eudémones ou {es des Bons (énies, tantôt les Aphrodisiades ou terres de © Amour, ou encore les Chiriades, à canse des écueils qui les environnent; les Grecs les divisent en Gymnésiennes on îles des Honumes nus, et en Pityuses ou îles des Pins ; dans la suite, et en raison de l’adresse extraordinaire déployée par les insulaires dans le maniement de la fronde, elles reçoivent le nom qu’elles ont toujonrs conservé depuis, celui de Baléares, de BxN&, lancer.

Les monuments parsemés dans les îles Majorque et Minorqne attestent que les Baléares étaient habitées même avant l’époque historique. Quel qne soit le fonds de la population première de ces îles, il a dû être singulièrement modifié par les envahisseurs de tonte race et de tonte langue, Phéniciens, Carthaginois, Grecs, Massaliotes, Romains, colons latinisés d'Thérie,

Goths, Vandales, Arabes, Génois, Pisans, Aragonaiïs, ete. En présence d’un pareil croisement, il serait téméraire de vouloir classer les Baléariotes suivant les affinités de la race primitive.

Les pageses, où paysans majorquins, ont eu de tout temps la réputation d'être d'excellents agriculteurs ; leur âpreté au gain, leur passion de la terre, font qu'ils emploient toutes leurs économies à conquérir sur le roc on sur le marais nn petit lopin de terre, anssitôt mis en culture ; mais, comme la superficie des terres agricoles ne suffit plus à la population qni se presse dans l’île, l'excédent de beaucoup de familles est contraint d’avoir recours à l’émigration. Les habitants de l’ancienne Baleuris major, de même qne leurs voisins de Minorque, les excellents jardiniers mahonnais, sont fort nombreux dans les villes du littoral méditerranéen, en Algérie et dans tous les ports des Antilles espagnoles.

Les Majorquins se livrent en outre à l'exportation des étoffes de laine et de toile, des ouvrages de vannerie, des vases de terre poreuse; mais ils n’ont plus le monopole de ces faïences si célèbres à l’époque de la Renaissance et que l’on appelle encore m#ajolica, mot qui, d’après les lexicographes, est la forme italienne du nom de Majorque.

Des huit Baléares désignées par Pline l'Ancien, — les deux Pitynses, les Gymnasies, Capraria, Colubraria, Ménariès, Tiquadre et la petite île d’Annibal, — les trois dernières nons sont entièrement inconnues aujourd’hui ; nul ne sait à quel cataclysme remonte cette disparition qui n’a laissé aucun souvenir dans le passé si effacé de ces Baléariotes qu'on ne peut considérer ni comme Enropéens, ni comme Africains.

MAJORQUINS, N'a

Fermier des environs de Palma; 1835.

Chapeau à larges ailes; cheveux taillés à 1n mode du moyen âge; visage complètement rasé; cape étroitement boutonnée; culotte bouffante; bas bleus: souliers découverts.

Paysan en costume dn dimanche; 1778.

Chapcan en poils de chat sauvage (moxine) aux bords relevés des deux côtés ; large rabat en toile; tunique blanche boutonnée jusqu’à la ceinture et formant une jupe qui couvre une partie de la culotte bouffante; veste de soie; frac; cape noire à large collet; bas blanes; souliers à boucles ; canne de jonc.

Garçon de ferme; 1855.

Mouchoir d'indicnne roulé sur Ja tête en manière de turban ; veste courte sur une chemise bonffante ; cravate de laine; large culotte; bas blancs et souliers. Le fardeau qu'il porte oblige ce garçon de ferme à tenir son chapeau à la main.

Berger; 1818.

Chapeau à larges bords; le cou est nu ; deux tuniqnes

en étofles de couleurs différentes sont croisées sur a poitrine et serrées à la taille par une ceinture à large boncle de cuivre; besace portée en bandoulière ; caleçon houffant d’étoffe fabriquée dans le pays; jambes seulement couvertes de guêtres de euir; souliers lacés,

Ne 9,4 et Tr.

Cultivateurs; costume actuel.

Chapeaux de fentre (fig. n° 4 et 7}; sur la chemise, d'un blanc toujours irréprochable, le guarde-pits, gilet, et le sayo, veste de drap courte et collante ;

culotte houffante; bas de fil ; souliers à boucles ou à cordons, La fig. n° 7 a de plus une ceinture en cordelière.

No 8 et 5.

Femmes de cultivateurs; costume actuel,

Rebozille, guimpe blanche de dentelle ou de mousseline composée de denx pièces superposées : l’une, nommée rebozillo en amount, est posée un peu en arrière de la tête et passe sons le menton comme une guimpe de religieuse; l’autre, appelée rebozillo en rolant, forme pélerine sur les épaules, Cette coiffure, commune à toutes les classes, est en indienne chez les femmes du peuple (voir la fig. n° 7 dela planche la Grue, Espagne), ou d’une mousseline moins fiue relevée par un ruban de soie de couleur,

Les cheveux sont séparés en bandeaux sur le front; autrefois, ils étaient attachés par derriére et, en sortant du rehozillo, retombaient en une grosse tresse flottaut dans le dos et se relevant sur le côté, passée qu'elle était dans une ceinture, comme le montre la fig. n° 2 de la planche ci-dessus désignée; les jours de semaine, la chevelure non tressée restait en estoffade, c'est-à-dire flottante.

Corset haleiné recouvert de.soie noire ; les manches, fort étroites, s'arrêtent à l’avant-hras; jupe d’indienne chez la fig. n° 3, et de percale chez la fig. n° 4, Ces dames ne portent pas de tahlier, cette piéce du costume étant généralement réservée aux femmes de condition inférieure. Éventail à la main et point de bijoux, contrairement à ce qui caractérisait le costume des Majorquines d'autrefois,

MINORQUINS,

RL

Paysan en costume du dimanche; fin du dix-huitième siècle.

Costume empreint de la tradition arahe : chapeau de feutre à larges bords ; mouchoir autour du cou ; tunique ornée d'une ceïnture en cordelière; pantalon large descendant jusqu’à la cheville; souliers plats ; grand manteau rouge drapé sur les épaules.

Paysanne de la même époque.

Sur le rebozillo garni de rubans noués sous le menton, les Minorquines portent le mentéle, variété de la mantille, pièce de drap qui se retire dans l’intérieur de la maison. Ces femmes se parent quelquefois du Jloqué, espèce de collerette rappelant les anciennes fraises (voir les figures n° 4 et 5 de la planche la Grue).

Camisole d’étoffe ouverte sur le cou, aux manches étroitement fermées sur le poignet; jupon court attenant à la camisole; les plis de ce jupon sont disposés de manière à exagérer la largeur des hanches, Bas à coins hrodés. Souliers tailladés au-dessus des orteils et garnis de larges talons. Éventail et chapelet.

Les n°° 1 et 6 sont tirés de l'Encyclopédie des Voyages, de Grasset de Saint-Sauveur. Les n° 2, 3, 4 et 5 ont été reproduits d'après des aquarelles de MM. Bustinos et Gare. Le n° 7, d'aprés une photographie de M. Laurent.

Les n°° 8 et 9 proviennent de lu Collection de trajes de España, de la Cruz; Madrid, 1777. Le n° 11 est reproduit d'après une lithographie de Lecomte, dalèe de 1818.

Voir, pour le texte : Grasset de Saint-Sauveur, Voyage dans les îles Baléares et Pityuses, 1507, — Alex. de Laborde, Itinéraire descriptif de l'Espagne (tome V), 1809.— Georges Sand, Un Hiver à Majorque, 1837. — #. Lacroiz, Iles Baléares et Pityuses (Univers, Pot, 1863). — D. Étisée Reclus, Géographie universelle, Æachette, 1875.

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