chapitre V
raies de brillante, selon les fantaisies de la mode, La main-d'œuvre y tient une grande place.
Nankin. — Le nankin est un tissu de colon d'une nature particulière. Ainsi que l'indique le nqm qu'il porte, le véritable nanicin ne se fabriquait que dans la ville de Nanking, en Chine, avec le produit de l'espèce de cotonnier appelé par les botanistes Gossypium religiosum , et variété à bourre jaunâtre {Wa mien). On le fait aussi bien, sinon mieux, maintenant en Francie, en Angleterre et en Suisse; mais la couleur des nankins européens ne résiste pas à des lavages fréquents, comme celle des nankins chinois, parce que ces derniers récoltent leur coton dans la province de Kiang-Ham, dont le sol a sans doute une propriété particulière. IL est prouvé, en effet, que l'espèce dégénère lorsqu'on la cultive hors de ce pays.
Ceux qui maintiennent la supériorité du tissu asiatique prétendent qu'elle vient, outre la couleur inaltérable, de ce que les fils sont filés à la main et non à la mécanique, ce qui leur donne une torsion plus forte.
Une espèce de cotonnier, produisant un coton rougeâtre, aurait été découvert il y a quelques années dans les forêts du Brésil, et les étoffes confectionnées avec ce coton n'auraient rien à envier aux nankins du Céleste- Empire. L'avenir décidera celt^ question.
M. Thiers, dans son Histoire du Consulat et de PEmpire, rapporte que Napoléon I" avait un tel dédain pour les étoffes fabriquées hors de France, que lorsqu'il apercevait, dans son entourage, une dame vêtue d'une robe
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d'origine étrangère, il faisait en sorte qu'elle fût détériorée et déchirée, au point de ne plus pouvoir servir. Le lecteur qui voudrait avoir plus de détails sur les tissus, pourrait consulter avec fruit le Dictionnaire général des tissus anciens et modernes, comprenant un traité complet du tissage de toutes les matières textiles, par Bozon 0).