‹ Le cotonChapitre 182 sur 245 · Chapitre VIL · texte numérisé non relu

Chapitre VIL

vent véritablement remplacer le coton; ils sont presque tous habitants des zones tropicales,

La tige de la mauve sauvage, qui donne son nom à la famille, offre un textile analogue au jute, dont il sera question plus loin; ainisi de la guimauve chanvrlère. Les fibres du genre malaehra sont d'une grande ténacité; ce serait une source de richesses pour nos colonies, si cette plante était cultivée, ainsi que l'observe M. A. Lecomte. M. Bélanger, directeur du Jardin botanique de Saint- Pierre, a exposé, en 1878, des échantillons de fibres de cette espèce cultivée, lesquels sont d'une longueur remarquable, et bien supérieurs au chanvre.

On désigne, dans nos colonies d'Amérique, le genre malaehra, et quelques autres genres de la même famille, sous le nom de mahotj auquel on ajoute une épiihète distinctive. Le malaehra capitata donne des fils analogues à ceux du jute du Bengale et du Kokan; on les prépare de la même manière.

Les genres urena et pavonia fournissent des fibres d'une assez grande ténacité. On dit que celle de Varena est supérieure à celle du jute. Mais à part le précieux végétal, qui fait l'objet de ce travail, nul autre genre de la famille des malvacées n'est aussi abondant, en matière filamenteuse, que le genre hibiscus. Il se compose d'un grand nombre d'espèces, presque toutes susceptibles d'être utilisées comme textiles.

Le gfowfto, originaire de Ceylan, est cultivé maintenant, dans tous les^ pays chauds, plutôt comme plante

alimentaire que comme plante textile. On- pourrait tirer un grand avantage de la culture du mahot à fleurs roses, dont les fibres, longues de 3 mètres environ, servent à faire des cordages, dans la Guyane et dans rinde. La culture de cette plante, dit M. Lecomte, peut donner, par hectare, à raison de deux coupes par an, 8,000 kilogrammes de filasse , et peut être développée sans installation dispendieuse d'exploitation.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur les qualités plus ou moins textiles des autres espèces, qui sont citées dans la liste ci-dessus. Les fibres qu'elles donnent sont' plus ou moins employées à la fabrication de cordes, lignes, filets, hamacs, etc., etc.; quelques-unes ne pourrissent qu'à la Ipngue, étantplongées dans l'eau. Mais, en général, l'usage de V hibiscus ^ comme plante textile, est tout à fait locsrl, et le produit n'est pas répandu dans le commerce. Vhibiscus cannabinus est cultivé, dans rinde, sur une certaine échelle.

Nous avons vu l'emploi avantageux que font les indigènes des îles du Pacifique, de l'écorce des bourao ou peuhj appelé mahot maholière, aux Antilles. Les cordes <}u'ils confectionnent avec la fibre, ont plus de ténacité que celles du chanvre. Les navires de commerce de ces îles ne se servent pas d'autres cordages. Les Kanacs l'emploient pour relier, en guise de clous, les différentes, parties de leurs embarcations et du toit de leurs cases.

Le miio des Kanacs, des Marquises, fournit à ces indigènes des fibres qu'ils convertissent en cordelettes, pour divers usages domestiques.

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