Chapitre VIL
toile de Manille. Mêlé avec de la soie, on en fait une jolie étoffe trè3 claire, qui porte le nom de jousi.
M. Perrotet, botaniste du gouvernement français, introduisit Vabaca dans la Guyane; de là, il passa à la Martinique et à la Guadeloupe, où il croît maintenant à rétat sauvage. Le savant voyageur fondait de grandes espérances sur la culture de ce végétal dans nos colonies occidentales, où il se trouvait, en 1841; il inséra, à ce sujet, dans Te Journal commercial de la Pointe-à- Pitre, du 10 juillet de cette année, une note sur la culture de Vabaca, sa préparation comme produit filamenteux, et son emploi dans l'industrie. Il recommande ce végétal aux habitants de Pîle, mais le résultat n'a point répondu à son attente, et Vabaca n'est point cultive dans ces colonies; ce serait cependant une branche d'industrie lucrative (i).
L'introduction de Vabaca en Angleterre, comme fibre textile, semble devoir prendre de l'extension, étant tenue en très haute faveur, est-il dit dans une note statistique pour les îles britanniques, 1878.
Les cordes (ïabaca ne valent pas celles de chanvre, à cause de leur défaut de souplesse et d'élasticité. Pour eh faire des chemises, les Tagals mêlent souvent le coton à Vabaca. Dans la province de Camarines, on fait, avec le fil d'abaca non blanchi, des étoffes connues sous le nom de guinara et de madriniaques; l'Espagne en consomme beaucoup.
(i) Revue coloniale, 1846-3, p. 85.
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On fait aussi dtt papier, avec la filasse provenanl du bananier, et le rendement est considérable. M. Aùbry- Le Comte cite la fabrique d'Echarcon, comme ayant obtenu de 50 à 60 ^o, avec de la filasse bien épurée, et celle d'Essonne, 25 <>/o, avec de la filasse brute.
La Société africaine a exposé, en 1878, un spécimen de la filasse provenant du M. ensete; elle a présenté, en outre, des fibres d'un bananier, désigné sous le nom de bananier d'Abyssinie. Les Néo-Calédoniens font, avec le colahoutej divers objets de ménage, frondes, filets, ceintures de femmes, etc.
Le voyageur Dampier fait connaître la manière dont les habitants de Mindanao emploient le bananier, pour faire des vêtements. « Lorsque le fruit est mûr, dit-il, « on coupe le bananier près de terre, pour en faire des e draps; un long couteau suffit, pour le partager en € deux; ensuite, on coupe la tête, qui laisse au tronc « de 8 à 10 pieds de longueur. On enlève les écorces « extérieures, qui sont fort épaisses du côté des racines; « le tronc devient alors d'égale grosseur et de couleur « blanchâtre. On le fend par le miUeu, après quoi on « réunit ses deux moitiés, le plus près du milieu qu'il « est possible; on laisse tous les morceaux au soleil, « l'espace de deux ou trois jours, pendant lesquels une « partie de l'humidité de l'arbre se sèche, et les bouts € paraissent alors pleins de petits filets. Les femmes, « dont l'occupation est de faire des draps, prennent un « à un ces filets, qui s'enlèvent aisément, depuis un « bout du tronc jusqu'à l'autre, de la grosseur d'un fil