‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 132 sur 193 · MANCHESTER. - ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

MANCHESTER. - ESCLAVAGE

ce n'est dépassée; l'esclavage avait sapé de ses mains le seul fondement sur lequel il repose, l'intérêt; il commençait à devenir une mauvaise affaire, au grand soulagement delà conscience publique. Depuis qu'on l'a mis en question l'affaire n'est pas seulement mauvaise, elle n'est plus possible, dans sa forme actuelle du moins; quelque arrangement qui survienne, temporaire ou définitif, cet arrangement ne pourra que diminuer les chances de l'esclavage et non les accroître. Dans tous les cas, le coup qu'il a reçu et qui s'aggrave par une résistance désespérée, n'est pas de ceux dont on guérit en un jour. Des dommages incalculables sont au bout de cette lutte qui ne s'éteindra que dans le sang et l'incendie; bien des champs doivent rester en friche, d'autres changer de destination et quitter le coton pour les denrées alimentaires, dont la disette se fait déjà sentir. L'imagination se trouble à mesurer ces désastres ; elle n'en saurait prévoir la fin, ni comprendre comment, de cette querelle envenimée, il pourra sortir un pacte de conciliation qui permette aux arts de la paix de commencer leur œuvre de réparation. Que sera ce pacte? Que respecte ra-t-il de ce qui est? Quel moyen terme trouvera-t-il entre des prétentions et des passions qui s'excluent? Ce sqnt autant de problèmes. La seule conclusion à en tirer ici est que les États du Sud sont atteints pour longtemps dans leur puisssance de production. Sans doute avec leurs anciens dépôts et leurs récoltes, mêmes réduites, ces États garderont sur le marché une place considérable ; ils ne pourront plus prétendre à une domination qui mettait le repos et la fortune de l'Europe à la merci de leurs fureurs et de leurs égarements. Depuis leur désistement, les autres centres de production se sont ranimés et s'appliquer^ à combler les vides existants : l'élévation des prix

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