MULHOUSE. - CONSTRUCTION DES MACHINES
Construction des machines.
Quoique depuis les dernières années le nombre des ateliers de construction ne' se soit pas sensiblement accrus dans le Haut- Hhin 1 , il est à remarquer cependant que la plupart des établissements qui «s'occupent de cette branche d'industrie ont fait de louables efforts pour suffire aux besoins des industrie* tributaires et pour perfectionner leurs produits de manière a pouvoir lutter, tant pour la solidité que pour le fini des machines, avec leurs plus puissants concurrents d'autres contrées de^la France et de l'étranger.
De notables perfectionnements ont été introduits dans les machines-outils par les constructeurs spéciaux. Des inventions nouvelles dont nous avons parlé précédemment ont donné une impulsion sérieuse à certaines branches de la construction appliquées à la filature du coton et de la laine.
L'introduction de machines nouvelles pour l'impression des tissus à plusieurs couleurs a été la source de nombreuses demandes. Enfin, la grande construction des machines à vapeur et des locomotives a pris un développement sans précédent dans nos contrées. On a construit jusqu'à quatre-vingt-dix locomotives par an. Nous rappellerons à cette occasion la puissante et ingénieuse locomotive de montagne à articulations qu'un de nos compatriotes a imaginé pour traverser les Apennins. Comme auxiliaires des grandes entreprises, nous avons vu se créer et se développer dans le Haut-Rhin une foule d'ateliers produisant des pièces détachées
1. La construction des machines occupe 6,000 ouvriers et fait pour 15 à 18 millions d'affaires (2,500 à 3,500 fr. par ouvrier.) On peut compter 6 à7 grands ateliers de constructions. A cùté de.ces maisons, on voit Ugurer un grand nombre de petits ateliers de chaudronnerie, de fonderie, de mécaniciens, de sorte qu'au total uous trouvons, en 1862, 83 ateliers employant 46 machines à vapeur d'une force totale de 523 chevaux, tandis qu'en 1851 il n'y avait que 14 ateliers possédant des moteurs à vapeur et employant 15 machines d'une force de 210 chevaux. 11 faut y ajouter aujourd'hui 5 forges et hauts-fourneaux qui emploient 5 machines à vapeur d'uue force totale de 113 chevaux, tandis qu'en 1851 elles marchaient à l'eau.
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pour la filature et le tissage du coton et de la laine, et la plupart «l'entre eux, rivalisant de zèle, d'activité et d'économie, sont -parvenus à établir ces pièces avec une perfection rare et à des prix très-bas.
Les travaux destinés à l'exportation n'ont pas eu pour les machines de filatures, en général, autant d'activité que par le passé; cela provient naturellement de la concurrence écrasante des constructeurs anglais sur tous les marchés du continent. Nos machines-outils, nos moteurs hydrauliques et à vapeur, nos locomotives, ont au contraire été exportés sur une assez grande échelle dans ces dernières années.
Le prix élevé de la houille en Alsace a, depuis longtemps déjà, porté l'attention des industriels sur les économies à réaliser dans son emploi. Ce combustible, en effet, est devenu de première nécessité dans les usine! de la plaine, où la vapeur seule sert de moteur. L'esprit inventif de nos mécaniciens, l'expérience acquise dans les moyens de chauffage, et la nécessité de plus en plus sentie dé diminuer les frais généraux, ont produit des résultats très-remarquables. La Société industrielle de Mulhouse, par ses études spéciales et les concours qu'elle a établis, a répandu de grandes lumières sur cette question. Il a été démontré par le concours de 1850 que les générateurs de vapeur, à réchauiîeurs construits et perfectionnés dans notre département, sont supérieurs, tant pour la production de vapeur que pour l'économie du combustible, à tous les autres systèmes qui leur ont été opposés. Les garanties de sécurité, la facilité d'accès dans toutes les parties de ces appareils, et leur emploi mis à la portée de toutes les intelligences, leur assure à tous égards une préférence marquée.
Malgré cela la houille, dans nos parages, est encore une dépense énorme. Il est à souhaiter que le canal de la Sarre soit promplement achevé; car il est difficile de lutter avec avantage contre les Auglais quand on pa\e la houille six fois aussi cher qu'eux 1 .
1. Kl a été consommé dans le département du Haut-Rhin 4,548,460 quintaux métriques de houille pendant l'année 1861, tandis qu'en 1851 on n'en avait employé que 864,000 quintaux métriques, ou env;ron 1/ide la consommation actuelle.
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Nous ne devons pas non plus passer sous silence l'application des cables en fil de fer comme moyen de transmission. Grâce à cette ingénieuse invention, la distance, cet obstacle autrefois insurmontable lorsqu'il s'agissait de transmettre la force d'un moteur, la distance n'existe plus. Une machine à vapeur peut, pour ainsi dire, faire rayonner sa puissance au loin et faire marcher comme par une communication électrique les métiers les plus éloignés, sans qu'on voie autre chose dans l'air qu'un léger fil se balançant au gré du vent. Aussi ne faut-il pas s'étonner du succès qui a accueilli jusqu'à présent ce nouveau mode de transmission.
Il n'est pas sans intérêt d'ajouter encore que, grâce au bon marché croissant des machines, leur emploi devient de plus en plus général dans les petites industries. Nous voyons les moteurs à vapeur adoptés aujourd'hui par les graveurs sur rouleaux, le? brasseurs, les charpentiers, les tourneurs, etc.; nous les voyons aussi se répandre dans nos campagnes, et les machines locomobiles, entre autres, rendre tous les jours des services plus signalés à l'agriculture.
En 1862, les diverses industries du Haut-Khin autres que les filatures, tissages, impressions, ateliers métallurgiques, employaient I3j machines A vapeur d'une force de 1581 chevaux. En 18ot, les mêmes industries n'employaient que 20 machines A vapeur d'une force de 44 chevaux.
Le combustible a été fourni par les sept houillère* suivantes et dans les proportions ci-de*sous :
En 1851. En INttl.
Sarrebruck... 51,500 quiut. metr. 1,154,101 quintaux métriques. Epinac 5,000 — 128,230 —
Creuzot J 111 ' UUU 17,080 -
Loire j 124,319 —
Saint- Etienne j 276,000 — 125,440 —
Mnntchanin. . ! 4.220 —
Ronchamp... 420,000 — 872,908 — -
Total.... «64,000 — 2,548,460 —
Les bassins de la Loire, Siint-Elienne, Hlaniy ont presque toujuurs livré la même quantité de houille à la consommation du Haut-Khin, mais ceux •le Sarrebruck, Epinac et Rouchauip ont constamment augmeulé leurs livraisons, surtout le bassin de Sarrebruck, qui a livré, en 180], vingt foi» plus qu'en 1851.