TROISIÈME QUESTION
Quels sont les salaires des ouvriers, hommes, femmes et enfants, par jour ou par semaine, à la tache ou à la journée?
Réponse. Le métier circulaire à platines, très-facile à conduire, est mené à bras par des hommes, des femmes ou des jeunes gens; ce travail est payé à la tâche, et suivant la force, l'adresse, l'activité déployées par le travailleur, les journées varient de 1 fr. 50 c. à 2 fr. 50 c. pour les produits ordinaires; certains travaux spéciaux faits par un petit nombre d'ouvriers comportent un salaire pouvant s'élever à 3 et 4 fr. ; mais ce dernier taux est exceptionnel. Quant aux femmes et aux enfants occupés au doublage et i la couture, et dont il est parlé dans la réponse à la première question, leur salaire, payé à la tâche, peut s'élever facilement à 80 c, lorsque ce travail n'est pas interrompu et suspendu par les soins du ménage.
Les commis de magasin et employés divers livrés au détail des soins particuliers à donner à la marchandise rentrée de chez l'ouvrier se composent d'hommes et de femmes gagnant, les hommes, de 2 fr. à 2 fr. 50 c. par jour, et les femmes de i fr. à 1 fr. 50 c. suivant leur aptitude.
OUATR1EME Ql'FSTION.
Quel est le prix des vivres? Combien la subsistance par journée? Combien l'entretien? Combien le loyer? Les ouvriers sont-ils propriétaires de leurs maisons, par exception ou en général ?
Y ALAISE. — BoNNETEHlK. 453
Réponse. Le prix des vivres n'est ni bas ni élevé ; du reste l'ouvrier des villes dépense tout son salaire pour vivre et s'entretenir lui et sa famille; il ne fait pas d'économie, et s'il a, lorsqu'il se conduit bien, une aisance relative tant que le travail ne lui manque pas et que la santé ne lui fait pas défaut, il est habituellement sans ressources suffisantes lorsque l'une ou l'autre de ces calamités viennent l'assaillir.
Très-peu, pour ne pas dire davantage, très-peu d'ouvriers dans la ville possèdent leur habitation; le loyer d'une famille est, à la ville, d'environ 00 à 70 fr., sans jardin ni dépendances; mais dans les campagnes il arrive souvent que l'ouvrier est propriétaire de sa maison et d'un petit jardin en dépendant; un certain nombre même possèdent quelques pièces de terre, et joignent les soins de la culture au travail industriel. Ceux qui , moins favorisés, sont obligés de se mettre à loyer, trouvent une maison et un jardin pour le prix annuel de 40 à GO fr.
Tous ou presque tous sont propriétaires de leurs métiers, surtout dans les campagnes, où l'ouvrier est généralement plus à son aise et plus économe que celui de la ville.