‹ Le courrier de Lyon drame en cinq actes et huit tableaux (volume 2)Chapitre 54 sur 84 · JÉROME, LESURQUES · texte numérisé non relu

JÉROME, LESURQUES

LtSVHQVM.

Vous seul, mon Dieu, tous savez ce rjue J'ai fttt pour mériter e chuintent dont vous me frappez ! Mon Dieu ! parfois l'homme heureux vous oublie, hélas ! que voire main est pesante à cour- Ber sous votre souvenir ceux qui vous avaient oublié!.,. Ma pahle* delounlé 843 re * alds <l0 moi I— ma fille me ci-oit cou- Jésour, allant a son fils.

Nous n’avons pas de temps à perdre, ecoutci-moil... LESCRQORS, avec joie.

Ah ! mon père me reste ! mon père ne doutera pas de moi !...

JÉROME

Gardez ces déclamations pour ceux qui ont un témoignage ou inutile ^ Prononcer contre vous, avec moi l’hypocrisie est

LESCBQCES.

L hypocrisie!...

. . rfftOME.

Oui, je ne suis ni un juré, ni un juge, ni un pilier de tribunal, moi... personne n est la pour vous entendre... vous savez bien que de vous à moi les belles phrases sont perdues.

LESURQUES

Je ne vous comprends pas !. .

jfooue.

Laissez donc!... Est-ce que vous avez peur que j’aille me joindre à tous ces gens qui vous reconnaissent et qui proclament votre crime? est-ce qu un père, le malheureux père d’un misérable tel que vous, s'en va crier : Mon fils est un assassin?... LESURQUES.

Mais, vous êtes pour moi plus cruel, plus acharné que tout le monde... vous, mon père!... Vous m’outragez comme n'a pas ose le ûure un seul des étrangers qu’on a entendus 1... lisons -

C’est qu’ils ne vous ont vu que sur une route, galopant à cheval, ou assis tranquillement à une table, le verre en main, au lieu de vous voir menaçant, ivre, sanglant, le poignard dune main, le pistolet de l'autre...

„ . . UœCRQCES.

Moi !...

jàROMV.

Cest qu’ils ne vous ont pas surpris courbé sur une de vos victimes, haletant, rugissant. altéré de meurtre, altéré d'or, arrachant à un cadavre le dernier lambeau de sa dépouille et de sa vi» t

„ . . MStlBQVES.’

Moi !...

J&tOUE.

C’est que pas un de ces témoins n'est votre père, votre père qui accourait aux cris des malheureux égorgés... C est que pas un de ces témoins ne vous ù saisi commo je l’ai fait, croyant saisir un malfaiteur ; c’est que nas un de ces témoins, n’a reçu votre dernier coup de pistolet dans l’épaule comme moi. qui vous ai vu à la fois voleur, assassin, parricide ! w tBMQOW.

Moi ! moi !.. moi !...

résous, avec force:

Je t’ai vu !

ICSURQÜES, abattu.

Mon pere, c'est du délire, mon père rappelez votre raison... Que d'autres le supposent, ils ne me connais^int pas ! mais... prenez garde à ce que vous dite* là. mon père... on vous croirait, mon Dieu !on vous croirait!.. Moi sur une grande route les armes à la main ... moi l’auteur d’un lâche guet - à pens !..

ridons.

Je t’ai vu !...

uhcrqck*, hors de lui «t indigné.

Après trente ans d’une probité qui ne s’est jamais démentie, quand je n'ai pas une tache sur ma vie, quand je suis riche d une fortune acquise noblement, quand ce vol, quand ce

mourtre infâme ne pouvait rien ajouter à ma richesse, j'aurais et® tremper mes mains dans le sang; j’aurais, surpris par vous soutenu vos regards; j'aurais levé sur vous une arme, j’aurais voulu tuer mon père à qui je portais la vie et l’honneur! Vous voyez bien que c’e&l impossible, vous voyez bien que ie suis innocent I

JÉROME

Je t’ai vu ! Bt maintenant assez de mensonge, assez de faible>.«; ! tout le temps de l’instruction, j'ai refusé de répondre aux juges, j ai laissé planer des soupçons sur moi ; jai souffert qu’on me crût votre complice, on a été sur le point de m’arrêter... je n’ai rien dit, j’ai laissé dire, tout le monde vous a reconnu, votre crime est avéré, certain, irrécusable!... Tout à l'heure Dauhenton à voulu tenter une dernière épreuve, ce pauvre honnête homme, il doutait encore, lui î... moi je n’avais jamais douté; n'importe, me suis-je dit... s’il arrivait que Dieu prit pitié de mon honneur et de celui de ma famille, s’il arrivait que ce criminel échappât aux lois, ma petite fille et moi. nous serions sauvés; mon nom resterait pur! je suis venu ici comme vous avez pu voir, j'ai entendu, j’ai écouté les nouveaux témoins : ils ont prononcé votre arrêt!...

LLclUQLLS.

Mon Dieu 1 mon Dieu !...

JÉROME

L’infamie du crime, l’infamie du jugement, des hommes, vous les avez infligées à votre itère et à sa famille; rien ne vous lavera désormais... ( Une demi-heure sonne.) 11 en reste une que vous pouvez nous épargner... l’infamie de l'échafaud...

LE8U&QUKS.

L'échafaud I...

jéroms, dé plus en plus abattu.

Ne m’interrompez pas, nous n’avons plus que trois minutes. Jo no veux pas qu’un Lesurques meure sur l’èchalaud. Je ne le veux pas... vous m'entendez î... Tenez... (/I lui donne un pietold.)

lb&uiqcsS, regardant le pistolet.

Oh I mon père !...

JÉROMB.

Prends donc, hésites-tu parce que ce n’est pas lo même pistolet qui t’a servi à me briser l’épaule î

LESURQUES, MilÛMnl le pistolet.

Eh bien ! soit ! la mort : aussi bien ce n’est pas vivre, que de souffrir comme je souffre !... Adieu, mon |>ôre, mon bon père !.. ( II embrasse la main de son paie et fiut un pas pour sortir.)

jéromb, fausse sortie.

Adieu t..;

lesurques jetant le pistolet.

Mais non !... Non !... Jo ne mourrai pas !... je ne peux pas mourir 1

Jérome, allant à lui.

Tu ne le peux pas, malheureux!..

LBstMiQtiss, avec force.

Non, parce que ma mort, quand tout m’accuse, serait l’aveu d’un crime et que je n’ai pas commis de crime... parce que mon honneur c’est celui de ma flllc et le vôtre et que je dois employai ma vio à le défendre... Oh ! vos regards ne me font pas peur... je ue mourrai pas avant d’être justifié !...

JÉROME

Mais tu préfères donc l'échafaud?

L8SURQUES.

Qu’importe, si j’y monte innocent 1

Mais moi... je sais que tu es coupable..:

UHRQUES.

Répétez-moi ces paroles quand mes juges m'auront absour. et rendez-moi alors ce pistolet; vous verrez si je tiens à h vio ...

Jérome, hors de lui.

Tu as peur !... tu as peur !...

LBSCROUBS, flCfC force.

J’avais seize ans, mon père, quand mon régiment marcha aux anglais, vingt hommes furent tués autour de moi; mon cœur battit moins vite qu’en ce moment.

JÉROME

Je te dis que tu refuses parce que tu es un lâche...

LESURQUES

Ne m’insulte* pas plus, mon père... j’ai pris mon parti l

JÉROME

Lâche ! lâche ! lâche !

le-urques, les larmes aux ynuc.

Quand vous m’avez appelé voleur, assassin, parricide, vous avez épuisé toute la colère de mon cœur...

jéromb, avec fort».

Tu ne veux pas ramasser ce pistolet !

lescrques, même jeui

Non!

JÉROMB.

Tu ne veux pas mourir de ta maint lesurques.

Non!

JÉROME

Eh bien ! tu mourrasdo la mienne, ce sera toujours un Lesurquos qui aura vengé l’honneur de sa famille...

(il rameute le pistolet et va pour ajuster ton fils ; entre Jeanne qui ta» prend le pistolet des mains.)

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