CHOEUR
Air : Ce sont les bohémiens.
Ce moment plein de charmes
Comble enfin tous nos vœux.
Oui ; Paris nous rend les armes En se montrant en ces lieux.
Astolvke et Joconde viennent faire des révérences à Paris, et par une pantomime ils lui font des reproches de s'être éloignés d'eux , sur l'air : Amour pour amour.
PARIS
Quelle diable d'idée ont eu ces braves gens de perdre la parole^ Ils parlaient si bien.
Vous n'entendez pas ce qu'ils veulent vous dire ?
PARIS
Pas un mot , je vous l'assure.
En avant la traduction.
( Ils font des gestes , il traduit. )
Air : Amour pour amour.
Jaloux d'un noble suffrage , Ils voudraient , ces chers amis, Chez eux sans aucun partage Pouvoir posséder Paris.
L'Opéra, malgré son âge, Aime Paris sans détour; Mais Paris toujours volage Ne rend pas amour pour amour.
PARIS
Ah! pourquoi . . . pourquoi ? Je vous assure que'j'aime beaucoup l'Opéra , moi -, c'est bon à voir une fois par an : le mercredi des cendres, par exemple.
Si vous voulez prendre place, monsieur Paris, ces messieurs vont vous danser un îrio.
PARIS
À eux deux ?
Non, avec la petite Jeannette.
PARIS
Ali ! bon! autrefois ils l'auiaient chanté, et j'aimais autant cela ; c'est comme là-bas. . sur mes boulevards, n'ont-ils pas imaginé de mettre le Mariage de raison en ballet! Faire danser ce pauvre Bertrand!
Ah! c'est pourtant bien joli.
Air : de Fanchon.
L'adorable Suzette Par un flic ilac se jette Dans Ses bras de Bertrand
Boitant.
Lui devenant ingambe,
Tout finit par un rigaudon,
Et par un tour de jambe
De madame Pinchon.
PARIS
Silence ! 0:1 va commencer,
( // se place dans un fauteuil; Astolphe, Joconde et Jecm,nette dansent le trio de Joconde : Prends cette écharpe. A t tjin du trio , Paris tire son bonnet de nuit de sa poche, et s'en coiffe. )
Que vois-je? le bonnet: En route!
Air du vaudevillede Madame Favart.
Au revoir, au revoir,
Ce refrain que j'aime
Me donne l'espoir De revenir bientôt le soir.
Au revoir, au revoir,
Sans nul siratagème,
C'est notre devoir De vous souhaiter le bonsoir.
Ces coureurs, pour des giissadeSj Ont , hélas ! perdu l'esprit.
1,E COUIliilER.
N'est-ce point par des gambades Qu'aujourd'hui l'on réussit ?
Les preuves en sont fâcheuses; Mais enfin elles sont là....
Les jambes des danseuses Font marcher l'Opéra.
Au revoir, au revoir, Ce refrain que j'aime Me donne l'espoir De vous revoir bientôt le soir.
H \ Au revoir, au revoir,
Voilà mon système....
Mais c'est mon devoir De vou $ souhaiter le bonsoir.
( Le Courrier fait claquer son fouet ; il sort avec Pa ris ; la cour d'Astolphe et de Joconde se disperse..
(Ze théâtre représente une foret ; une ferme à droite.