‹ Le courrier des thèâtres;Chapitre 20 sur 25 · PARIS, LE COURRIER, CARTOUCHE · texte numérisé non relu

PARIS, LE COURRIER, CARTOUCHE

Tout cela est fort bien, respectable monsieur Cartouche, mais votre caractère ne me paraît pas aussi heureux que dans. votre histoire 5 car, ici, vous êies un véritable scélérat , vous brûlez, vous tuez , vous empoisonnez par pur agrément, tandis que de votre vivant vous étiez un voleur très- facétieux , un coquin fort divertissant.

CARTOUCHE

C'est bien gentil, ce que vous me dites-là, mon cher Courrier, mais je nie trouve bien comme cel ... D'ailleurs, qui vous a dit que je n'ai pas conservé mon caractère jovial... Je tue les gens, c'est vrai, mais je les divertis aussi; voulez-vous un échantillon de mon savoir faire?

(77 rentre.)

PARIS

Ah ! oui; voyons cela... On m'a dit qu'il changeait de costume presque aussi vite que le fameux Alexandre , et qu'il savait prendre les airs et le ton de mes premiers acteurs dans leurs principaux rôles j est-ce vrai cela, mon cher courrier ?

Vous allez en juger... 11 peut même, sans sortir d'ici , vous reproduire tous les brigands si célèbres en ce moment... Voulez-vous voir Poulailler?

PARIS

Ah! oui; Poulailler... qui a pris à la Gaîté.

Au contraire, il n'a pas pu prendre... Vous allez le voir,.. (// siffle. ) En avant Poulailler !

( Musique de mélodrame. )

cartouche, sous les habits de Poulailler» Dieu ! qu'ai-je vu ? C'est lui... Je ne me trompe pas... Ce vieillard décharné., dont je viens de dérober le vêtement, et qui est attaché sur un lit de douleur... C'est mon père... Mon propre père... Infortuné ! Et c'est moi , moi, son fils, qui l'ai réduit à l'hôpital... Que dis-je , à l'hôpital.. A Charenton !... Je devrais y être aussi !... Nous devrions y être tous!... Je suis un criminel... Je mérite la mort.... Je dois expier mon crime... Je cours me livrer à la justice... Dieu ! voici les archer?... Ce sera pour une autre fois. ( Use sauve , après avoir volé le mouchoir de Paris. \ pApas.

Air du Château de mon Oncle.

C'est charmant en vérité, Et je suis tout enehanté;

Mon a-ni , {bis) Je prétends rester ici.

Cartouche vraiment me plaît ; Oui , je l'aime tel qu'il est ,

Et je veux {bis) Passer l'hiver en ces lieux,

LE COURRIEE.

Eh hien , si Cartouche

Vous émeut , vous touche , Fixez-vous sans retard Sur ce triste boulevard ;

Mais avant la fête,

Monté sur ma bête , Je reprends mes paquets Et je retourne aux Français.

PARIS

C'est charmant, etc.

( Le Courrier s ort.

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