SCÈNE lit
DUFRESNY
J'ai tout perdu! J'ai fui du tripot le dernier,
Les mains vides! J'aborde ici sans un denier.
Je dois! et mon chapeau dans leur antre est en gage.
Bast!
S'esaltant.
L'amour est le fond de mon léger bagage : Que je rentre en faveur chez ce porte-flambeau, Je brise ma prison et je me refais beau, Et l'on va me revoir, courtisant les duchesses! La cour ne se prend plus qu'au miroir des richesses? J'y surgirai, Crésus à la fois et Myrtil, A l'ombre d'un jupon blasonné ! Que faut-il Pour ne plus avoir l'air d'un rimeur famélique? Un coup de peigne et des manchettes ! Angélique, Mes manchettes !
DESMARRES, mélancoliquement.
Tout passe.
ANGÉLIQUE
Et j'ai tout repassé, Monsieur.
DESMARRES
On ne voit pas revenir le passé.
DUFRESNY, furieux.
Allez-vous-en !
ANGÉLIQUE
Monsieur, mon argent?
DUFRESNY
Que m'importe!
Ote-toi de ma vue, et que le diable emporte Toi, les chevaux, la rouge et mes chiffons épars, Et mes manchettes !
ANGÉLIQUE, très-attristée.
'Ah!
Après un silence.
C'est bien, monsieur, je pars!
Angélique sort. Desmarres s'empresse et lui offre son bras.