‹ Le Cousin du roiChapitre 11 sur 32 · SCÈNE lit · texte numérisé non relu

SCÈNE lit

DUFRESNY

J'ai tout perdu! J'ai fui du tripot le dernier,

Les mains vides! J'aborde ici sans un denier.

Je dois! et mon chapeau dans leur antre est en gage.

Bast!

S'esaltant.

L'amour est le fond de mon léger bagage : Que je rentre en faveur chez ce porte-flambeau, Je brise ma prison et je me refais beau, Et l'on va me revoir, courtisant les duchesses! La cour ne se prend plus qu'au miroir des richesses? J'y surgirai, Crésus à la fois et Myrtil, A l'ombre d'un jupon blasonné ! Que faut-il Pour ne plus avoir l'air d'un rimeur famélique? Un coup de peigne et des manchettes ! Angélique, Mes manchettes !

DESMARRES, mélancoliquement.

Tout passe.

ANGÉLIQUE

Et j'ai tout repassé, Monsieur.

DESMARRES

On ne voit pas revenir le passé.

DUFRESNY, furieux.

Allez-vous-en !

ANGÉLIQUE

Monsieur, mon argent?

DUFRESNY

Que m'importe!

Ote-toi de ma vue, et que le diable emporte Toi, les chevaux, la rouge et mes chiffons épars, Et mes manchettes !

ANGÉLIQUE, très-attristée.

'Ah!

Après un silence.

C'est bien, monsieur, je pars!

Angélique sort. Desmarres s'empresse et lui offre son bras.

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