‹ Le Cousin du roiChapitre 24 sur 32 · SCÈNE V11I · texte numérisé non relu

SCÈNE V11I

Glose dans mon ménage et végétant sans bruit, J'essaîrai d'oublier votre oubli! Mais la nuit, Mes rêves parleront ainsi que tu me parles, Kt puis, que j'aie un fils, il s'appellera Charles !.. Et...

DUFRESNY

Je t'épouserai moi, je t'épouserai '

ANGÉLIQUE, avec explosion.

Vous!

DUFRESNY, très-vivement.

Mon cousin crîra; mais je glorifierai, Dans des noëls tournés d'une verte manière, Le goût de notre aïeul pour une jardinière ! Nous n'aurons pas de place au gala de la cour, Mais l'amour vaut un trône et nous avons l'amour !

ANGÉLIQUE

Ah ! vous extravaguez ou c'est moi qui délire !

DUFRESNY

Quel prodige est-ce donc qu'un vieux porteur de lyre, Sans amis, ait horreur de l'éternel exil , Et que le noir janvier veuille épouser avril ?

ANGÉLIQUE

Mais songez-vous ?. .

DUFRESNY

Je songe, ô ma gaité conquise, Que si j'étais marquis, je vous ferais marquise ! D'ailleurs, si les jaloux font trop de brouhaha, Fille de Pharaon, et toi, Nausicaa, Princesse dont Ulysse admira la lessive, Nobles garants, contre eux vous prendrez l'offensive !

ANGÉLIQUE

Comme vous m'enchantez par ces beaux sentiments !

DUFRESNY

Tant mieux, ma foi! Pourtant, en dehors des romans, A ton futur, dis-moi, pour ton gite et tes vivres, Tu n'offrais pas de dut ?

ANGÉLIQUE

Mais si, douze cents livres.

DUFRESNY

Douze cents ! un Pactole, où paisibles rentiers,

Nous puiserons tous deux le bonheur par quartiers, Et...

Page 1