PAULINE, TOINETTE
XOINETTE.
Mais, dites-moi, mademoiselle, pourquoi donc... que madame se cache de moi... Enfin, depuis deux ans que vous me remettez en cachette les lettres pour le cousin , et que je vous repasse aussi en cachette ses réponses que je vais chercher à la poste de la ville voisine , 3Iadame doit bien penser que je me doute de quelque chose. Pourquoi ([u'elle ne me traite pas tout iranchement, comme un complice? c'est humiliant.
PAULINE, à part.
3Iaudites lettres ! (AToinette.) Ma sœur ne voudrait pas que personne soupçonnât...
ÏOINETTE.
C'est juste... Mais moi... je suis du complot, je dois en
avoir les honiicms Heiu ! Dites-donc , si ÎM. le
■comte de INeubouig se doutait de cette correspondance... Certainement , il n'est pas si brutal que le voisin Trumeau.... mais des lettres
PAULINE
Celles-ci sont fort innocentes.... tu les a bien cache'cs.
TOIIVETXE.
Oh! pour les précautions j'en prends deux fois plus qu'il n'en faut pour n'en pas manquer.
PAULINE
Bien — j'en aurai peut-être besoin aujourd'hui.
TOINETTE
Tantôt je vous les apporterai.
Oui
( Elle va pour sortir, et elle revient en recommandant de nouveau le silence à Toinette. ) Air : Allons de ta philosophie.
Toi seule est dans la confidence Je puis, je crois , compter sur le secret j Un seul mot , la moindre imprudence , Tu le sens bien , aujourd'hui nous perdrait.
TOINETTE
Allez , allez , je n'iaiss'rai rien paraître , Je frai comme la fille à Basticn , Elle a l'air de ne rien connaître , Pourtant ell' n'ignore de rien.
Reprise.
Toi seule est dans la confidence.
TOINETTE
J' suis seule dans la confidence , Yous pouvez donc compter sur le secret ; Un seul mot , la moindre imprudence, Je le sais bien , aujourd'hui nous perdrait.
(Pauline sort à «Iroite.)
~ii
( lO )