SCÈNE PREMIERE
REMONENCQ, seul.
Des millions ici ! Ah! si k Cibot était veuve !.. Le vieux Pons est au plus bas !.. comme il y aurait moyen d'avoir de ces belles choses pour rien !.. Mais à quoi que ça servirait, tant que son impotent de mari vivra ! A-t-il la peau dure, ce méchant tailleur. — Il se fait prier, mais ça finira tout de
même (il va voir à la porte de droite.) Il dort !.. (Revenant et se frottant
les mains.) Eh ! eh ! il a la respiration gênée, le tailleur !.. (n
tire de sa poche une rondelle de cuivre, attachée au bout d'une ficelle.) Le SUCre!.. (il regarde avec inquiétude de tous côtés. — 11 va pour mettre la rondelle sur le pot de tisane et s'arrête.) — Ah ! c'est Ce médecin qui
m'inquiète ! hier, il avait les yeux rivés aux miens. . . pourquoi donc?.. Ah bah ! la tisane bOUt! (il met la rondelle dans la tisane, et la retient par la ficelle.) Et allons-y donc !.. je Vas te la SUCrer, moi, la tisane !.. (il laisse la rondelle, se place devant le poêle, faisant face à la porte et tenant derrière le dos sa ficelle.) Une belle Créature,
la Cibot ! oh ! il faudra bien qu'elle soit ma femme!.. (Écoutant.)
Des pas !.. (il retire vivement sa ficelle, attrape la rondelle dans sa main et la cache dans la poche décote de sa veste, — il s'est brûlé, se secouant la main.)
Ah! fouchtra! c'est chaud, ça !... C'est madame Cibot. SCÈNE II
REMONENCQ, LA CIBOT.
REMONENCQ.
Eh bien?