Récit inédit de l'abbé Mont fleurrj
78 hRBESTATION DES PHÊTH -
vers minuit, un commissaire accompagné de gendarmes
nous lut le sur la déportation et le laissa affiché
dans le sanctuaire. Dès le lendemain nous nous hâtâmes de recueillir le plus d'argent qu'il nous fut possible pour des voyages dont nous ne connaissions ni le tenu»' ni la durée. Nous étions alors environ cent soixante '. »
Le lendemain se passa sans incident grave; mais chacun commençait aux Carmes à a voir conscience du sort qui l'attendait. Dans la soirée, -M. Letourneur, grâce à la protection du perruquier de la maison qui était devenu a mmissaire, se rendit auprès de M. de Savine et rapporta aux ecclésiastiques de sa connaissance les nouvelles qu'on faisait courir dans Paris sur leur déportation. «Non, mon enfant, lui répondit M. Tessier, nous ne sortirons pas d'icil 2 »
Bientôt tout le monde se confessa, puis on agita la question de savoir si dans le cas où cela conduirait à la liberté, on devait offrir de prêter serment ou accepter nent s'il était proposé. Il fut décidé, à une grande majorité, qu'il fallait persister dans le refus qu'on avait fait 3. Tels on voit de vaillants soldats mépriser le
1. A la même époque, l'abbé Luzeau <le la Mulonn'ure écrivait à son pi re et l'engageait à n'avoir point d'inquiétude sur son compte, surtout
;iii<; visite que leur avait fait un commissaire de la Commune, qui leur avait assuré que leur affaire serait réglée et finie le 2 ou 3 septembn - avaient pris pour leur élargissent*