PRIERE A LA MORT
De l'antique néant aïeule injuriée, Pourquoi restes-tu sourde, ô mort, à mes douleurs? Du banquet des heureux déesse expatriée, Pourquoi n'éteins-tu pas mon âme avec mes pleurs?
Jamais par mon effroi je ne t'ai décriée :
Brodant ton noir manteau de leurs jeunes couleurs, Mes vers, sœur du sommeil, avant lui t'ont priée. Et je t'ai, pour de l'ombre, offert toutes mes fleurs.
Au lieu de voir en toi ce squelette difforme. Dont le bras vermoulu tient les clefs du tombeau , Je t'ai donné d'un ange et les traits et la forme :
Prendsnnoi donc dans tes bras, afin que je m'endorme ; Viens, séraphin sans nom, toi que j'ai fait si beau. Souffler, dans un baiser, ta nuit sur mon flambeau I