PREFACE. III
contre-sens funestes, qui ne tendent à rien moins qu'à faire de la France un vaste dépôt de mendicité ; il s'agit de réformer les abus dont notre ordre social est dévoré, d'affranchir le travail, encore esclave, quoi qu'on en dise, et de sauver l'industrie en lui permettant de se sauver elle-même.
Parmi les mesures propres à faire renaître le travail en ranimant l'industrie et le commerce, il n'y en a point de plus efficaces que celles qui tendront à l'établissement du crédit. On l'a dit souvent, et on ne saurait trop le redire, le crédit est l'âme du commerce ; sans le crédit point de commerce, et sans le commerce, point de travail. Qu'on s'applique donc à ranimer, ou plutôt à faire naître le crédit, qui n'a jamais été malheureusement fort étendu en France. Il ne faut pour cela, d'ailleurs, ni de grands efforts, ni surtout des mesures excentriques, qui manqueraient certainement tout leur effet. Une seule chose est nécessaire, la hberté ; non point cette liberté menteuse dont on prétend que l'industrie jouit depuis longtemps j mais une liberté véritable, qui n'ait point à compter avec le monopole.
La liberté des banques : voilà le principal remède à la détresse commerciale dont la
lY PUÉFACE.
France est affligée. C'est la conclusion à laquelle j'arrive dans cet écrit. Ce n'est pourtant pas un ouvrage de circonstance que j'ai entendu faire. Déjà j'avais eu occasion de proclamer et de soutenir le même principe dans un travail publié dans la Revue des deux Mondes, en 1842. Seulement les circonstances actuelles en rendent l'adoption plus nécessaire et plus urgente.
Quoique l'ouvrage que je livre aujourd'hui au public ne soit que le développement d'un premier essai publié en 1842, il s"y trouve pourtant un grand iiomijre de points de vue entièrement nouveaux. Les principes y sont d'ailleurs exposés dnns tout leur jour, et apl)uyés, je crois, sur des preuves de fait nrésislibles.
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