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plus été que de a, et avant de sentir les effets du renchérissement du capital comme nous les avons sentis, nous aurions pu faire beaucoup plus de choses utiles que nous n’en avons fait.
Je sais bien que dans les dépenses de l’État, même extraordinaires, il y en a de très-utiles, de parfaitement justifiées, et que, même au point de vue économique, Userait injuste de condamner, [«a guerre elle-même a son utilité à certains moments, et parmi les grands travaux publics qui profitent à la communauté, il y en a que l’État seul peut faire. Mais qu’on retranche ce qu’on voudra et ce qui sera parfaitement justifié des G milliards de tout à l’heure, il restera encore assez de dépenses extraordinaires non justifiées, au point de vue économique bien entendu, pour laisser aux observations qui précèdent la plus grande partie de leur force.
Il sera toujours vrai qu’avec plus d’économie et de prévoyance, l’État aurait favorisé plus encore qu’il ne l’a fait, et je reconnais qu’il l’a fait sur une grande échelle, le progrès de la richesse publique. Mais le résultat auquel il serait arrivé surtout, c’eût été d’avoir pour lui-même une situation financière moins embarrassée. Aujourd’hui il use de toutes les res-
sources que donne la plus-value de la richesse publique, il y ajoute même de nouveaux impôts comme en 1862, et il ne parvient pas à établir l’équilibre de son budget, de sorte qu’à tout moment il est obligé de recourir à des ressources extraordinaires par emprunt ou autrement. C’est là une situation des plus fâcheuses, avec laquelle on ne peut pas jouer impunément quand on se préoccupe des éventualités de l’avenir. Aujourd’hui nous payons facilement, je l’accorde, un budget de 2 milliards 200 millions, car on est arrivé à ce chiffre ; mais demain, s'il arrivait un événement grave quelconque, pourrionsnous le payer encore? et si nous ne le pouvions plus, comment ferions-nous avec un crédit dont on a trop usé, avec le taux de la rente à 67 francs? C’est une perspective que je ne veux pas envisager, mais qui doit être sans cesse présente à l’esprit de tout homme qui cherche à voir un peu dans l’avenir.
Maintenant comment dans les divers États en Europe, et particulièrement en France, eston arrivé depuis un certain nombre d’années à ces déficits constants dans les budgets? 11 y a
là une question qui intéresse le politique plus que le financier.
Il y a une chose certaine, c’est que les finances les mieux réglées sont généralement celles des Etats où règne la plus grande liberté politique. Si nousexaminonsaucontrairequelles sont celles qui sont le plus embarrassées, nous trouvons celles de la Turquie, de l’empire russe, c’est-à-dire des deux Etats où il y a le moins de contrôle politique. Je ne parle pas de l’Autriche, ni de l’Italie, qui ont aussi de grands embarras. Mais ces embarras tiennent pour l’Autriche à la liquidation d’un passé fort onéreux, de charges considérables contractées alors que la liberté n’existait pas encore dans ce pays. Depuis qu’elle existe, la situation s’améliore d’année en année, le contrôle est devenu plus sérieux, et en ce moment même, sous l’influence des vœux énergiques exprimés par le Reichsrath , le gouvernement autrichien se décide à faire des économies sérieuses dans le plus gros chapitre de ses dépenses, celui de l’armée. Quant à l’Italie, ses embarras financiers naissent de la situation tout exceptionnelle où elle se trouve ; elle se croit obligée en vue de son unité d’avoir un effectif militaire qui dépasse toutes ses ressources, et, en atten-
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dant, elle subit les épreuves financières les plus pénibles.
Hors ces deux exceptions, auxquelles il faudrait peut-être joindre encore l’Espagne pour d’autres raisons , tous les Etats en Europe qui jouissent de la liberté politique ont en même temps de bonnes finances. Ea Belgique, la Hollande, la Suisse, sont des États libres: ce sont aussi des Etats où les impôts pèsent peu, et où les charges n’augmentent pas. Mais l’exemple le plus saillant dans cet ordre d’idées, c’est l’Angleterre. Depuis 4 ans, l’Angleterre a diminué les dépenses de son budget de près de i jo millions de francs, de ya millions de livres st. à G6 ; et comme en même temps les recettes n’ont fait que s’accroître, elle a employé les excédants à réduire les impôts, elle en a déjà réduit pour 9 millions i/a de livr. sterl., ou a35 millions de francs, depuis le ministère de M. Gladstone; et ces diminutions faites avec intelligence ont été pour la prospérité publique un tel stimulant, qu’à quelques millions près, le chancelier de l’échiquier a déjà retrouvé dans la plus-value du produit des autres impôts la compensation des diminutions qu’il a opérées.