‹ Le credo du jardinierChapitre 30 sur 37 · Annales des conciles · texte numérisé non relu

Annales des conciles

» Le laisser librement et sûrement passer, demeurer, s'arrêter et retourner, pour l'honneur et le respect de la majesté impériale. — Donné à Spire, leiS octobre 14*14. »

Jean Huss parut* donc devant le concile,, auquel assistait l'empereur Sigismond en personne, et soutint ses opinions ; aussitôt après la première séance, ou le mit en prison, et c'est chargé de fers qu'il parut aux séances suivantes. On déclara ses opinions « hérétiques, captieuses, séditieuses, offensant les oreilles pieuses », puis on l'abandonna « au bras séculier »; c'est ainsi qu-'oii désignait l'office que les empereurs et rois avaient accepté d'être les bourreaux des papes; «t l'empereur Sigismond eut la criminelle lâcheté de te faire brûler vif immédiatement. Pendant ce même concile, Jérôme de Prague, disciple de Jean Huss, fut également brûlé ; tous deux subirent leur supplice avec énergie et enthousiasme .

L'Église ne comprend pas qu'en faisant ainsi des martyrs hérétiques, elle détruit la valeur du témoignage des martyrs, sur lesquels elle fonde en grande partie sa puissance.

Il est à noter que, dans ce même concile, Jean XXIII, qui venait de faire brûler deux hommes pour les « crimes » que nous avons rapportés, fut accusé lui-même de « soixante-dix-sept crimes, tous bien prouvés; on ne lut publiquement que cinquante des chefs d'accusation, ceux qui parlaient de ses mauvaises mœurs, de ses simonies, de ses parjures, etc.; on supprima ceux que la bienséance ne permettait pas de rapporter1.

Jean XXIII se sauva déguisé en cuisinier; repris plus tard, il fut simplement emprisonné.

L'Église a essayé de défendre et l'acte atroce du concile, et la sanguinaire et honteuse lâcheté de

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