TROISIÈME MARCHANDE
Les belles truites de l’Adour !... Voyez!.., voyez!.,. (En ca moment on voit paraître madame de Flavigneul et Noémi. Madame de Flavigneul est pâle et semble abattue.)
NOÉMI
Venez, chère tante.... l’oftice va commencer... allons prier...
MADAME DE FLAVIGNEUL.
Oui, la prière me donnera du courage. U y a aujourd’hui vingt-deux ans que mon fils m’a été ravi... Depuis si longtemps mon cœur a perdu l’espérance... mais j’ai voulu, du moins, perpétuer le souvenir de ce funeste événement... Et, chaque année, mon Dieu, je viens m’agenouiller dans votre temple et vous dire : « Donnez le bonheur à mon fils, s’il existe... et, s’il n’est plus, donnez à son âme le repos éternel !... »
NOÉMI, à part.
Pauvre mère!... elle n’oubliera jamais!... (Les deux femmes
entrent à l’église. Presque au même instant on voit arriver» Caussaile par la gauche. Il regarde sur la place et semble chercher quelqu'un. Derrière lui, entre Claude-Marie, qui ne le quitte pas du regard et le suit comme uu chien, marchant quand il marche, s'arrêtant quand il s'arrête.)