‹ Le cretin de la montagne drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 21 sur 120 · ROUSSEL, SIMON · texte numérisé non relu

ROUSSEL, SIMON

SIMON, se frolt&nt les mains.

Bon, bon !... Tu vas bien, Roussel?

ROUSSEL

Ab! c’est vous, père Simon?

SIMON

Tu as l’air tout triste... Des chagrins d’amour... pas vrai ? Eh, eh, eh!... ça passe... Moque-toi de ça, mon gars...

ROUSSEL

Si vous croyez que c’est facile, vous !

SIMON

Viens me voir... je te donnerai des conseils... J’étais l’ami de îod père... D’ailleurs, tu es un bon enfant... Chaque fois

3 ue tu reviens d’Espagne , tu me rapportes un petit caeau... Ça entretient l’amitié.

ROUSSEL

Votre provision de tabac, pas vrai?... Tenez, j’en ai là un paquet pour vous, (il se met à défaire son ballot.) C’était dans mes archives secrètes... Un double fond, quoi !... Les douaniers n’entrent pas !

SIMON, prenant le tabac.

Merci, mon garçon. (F»usse sortie.) Tiens, Prohibé, je veux faire quelque chose pour toi...

ROUSSEL. 1

Quoi donc, père Simon ?

SIMON

Je veux te faire un cadeau, après moi...

ROUSSEL

Ah ! bon, j’ai le temps d’attendre, alors... Vous avez encore bon pied bon œil... Vous devez avoir la vie dure, vous?

SIMON

Hum 1 Je me fais vieux... On né sait ni qui vit... ni qui meurt.

ROUSSEL

Bah 1 vous vivrez cent ans...

SIMON, riant.

Je ne demande pas mieux... Mais entin, si un jour tu apprends que Simon a passé l’arme à gauche, comme disent messieurs les douaniers...

ROUSSEL

Mes ennemis intimes !

SIMON, baissant la voix.

Eh bien... va dans ma petite maison de la montagne.

ROUSSEL

Oui... au Pic-d’En fer... Connu!

SIMON

Entre dans le jardin... et au pied du vieux sapin... Tu connais le vieux sapin? ..

ROUSSEL

Le vieux sapin creux, sous lequel nous avons si souvent fumé notre pipe ensemble?... Pardieu!

SIMON

Eh bien ! au pied du vieux sapin, en fouillant un peu la terre, tu trouveras quelque chose qui pourra t’être utile...

ROUSSEL, vivement.

Quelque chose?

SIMON

Oh! culme-toi!... ça n’est pas de l’argent...

ROUSSEL

Tant pis !

SIMON

Et, d’ailleurs, ça ne peut te servir qu’après ma mort...

ROUSSEL

C’est bien... c’est convenu, père Simon; je ne l’oublierai pas... (Gaiement.) Et maintenant... que j’hérite... vous savez... si l’existence vous ennuie, ne vous gênez pas !

SIMON, gaiement.

Ah! le plus tard possible, mon gars, le plus tard possible !... (il sort à gauche. — Les paysans, les paysannes et Mariette rentrent • par le fond.)

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