LES GUIDES
Allons, l'idiot !... faut lui conter ça!..%
CLAUDE-MARIE
Compter... lire et compter!. . Oui... oui... j’ connais ben!
ROUSSEL
Voyons!,., vous parliez de Simon!.-. Que lui est-il arrivé ?...
LES GUIDES, à Claude- Marie.
Parle donc !...
CLAUDE-MARIE
Simon?... Ah! oui... je sais... je m’ souviens... Dans la montagne... au Pic-d’Enfer... il montait... (imitant la démarche d’un ■vieillard . ) avec, son bâton... moi... je dormais. . dans mon trou... sur l’herbe... j’avais chaud... Tout à coup... (Faisant le signe d’ajuster et imitant la détonation d'une arme à feu.) Pan !...
ROUSSEL
Un coup de fusil?.,.
CASTALOU.
Laisse-le donc finir!...
ROUSSEL, à Claude-Marie.
Eli bien, voyons... ensuite?
CLAUDE-MARIE, riant.
Y tombe! y tombe!...
ROUSSEL
Qui?...
CLAUDE-MARIE
Simon.
ROUSSEL
Simon?...
CLAUDE-MARIE
L’eau rouge... la cloche... c’est moi qu’a sonné... J’ai sonné la cloche... dign !...don !...dign !... don !... Y n’ bougeait pus .. Et puis... et puis...
ROUSSEL
Et puis... quoi?... Voyons!...
CLAUDE-MARIE
Là-bas... dans la terre... Eli!
ROUSSEL
Comment!..'. Simon, le père Simon serait mort? CLAUDE-MARIE.
Mort... oui... (Riant.) Eh ! eh!... (U tire un morceau de pain de son bissac.) Du pain... pour manger... du pain. (11 s’éloigne en le mangeant.)
ROUSSEL, aux guides.
Ah çà! est-ce vrai ce qu’il dit là?
CASTALOU.
Très-vrai, mon garçon... Ce vieux roquentin de Simon a été tué, y a un mois, juste le jour de ton départ, d’un coup de fusil dans la montagne.
' ROUSSEL, devenant pensif.
Simon est mort !...
CASTALOU.
Et c’est son meurtrier, Pierre Pujol, que Ton juge en ce moment.
ROUSSEL
Pierre Pujol!... son meurtrier?
ANDOCHE, se récriant.
Ah ! c’est-à-dire, un instant ! l’arrêt n’est pas encore rendu.
CASTALOU.
Non; mais il le sera bientôt... Et, tenez, v’ià qu’on sort du tribunal.