‹ Le cretin de la montagne drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 67 sur 120 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

CLAUDE-MARIE, se levant.

Épouser!... (a Roussel.) Toi !... épouser Jeanne?... (il le prend au collet.)

ROUSSEL

Mais non... il n’est pas question de ça...

CLAUDE-MARIE, montrant son livre. .

C’est moi... puisque... je vas lire... là... tiens, là... (il montre

uue page.)

C’est un Z...

CLAUDE-MARIE

Un Z?...

ROUSSEL

Oui... Quand tu connaîtras toutes tes lettres, je te payerai quelque chose... Va lire, mon vieux! va!

CLAUDE-MARIE

Oui... pour épouser Jeanne... Un Z!., (u se rassied.)

ROUSSEL

Eh bien, voyons, mam’selle, est-ce que vous ne vous marierez pas bientôt aussi?.. Quoique vous m’ayez rebuté plus souvent qu’à mon tour, je serais toujours disposé à vous prendre au mot si vous disiez oui.

JEANNE

Vraiment?

ROUSSEL

Sans compter que je suis en train de devenir un crâne parti...

JEANNE, devenant attentive.

Vous!... Et comment ça?...

ROUSSEL

Alt! voilà!... affaire de chance !... Y en a d’aucuns qui ont parfois des secrets qui valent leur pesant d’or.

Des secrets! Vous avez des secrets?

ROUSSEL

Enfin, suffit!... Contentez-vous de savoir que demain matin je pourrais bien me trouver à la têle d’un joli magot.

JEANNE

Je comprends !... Vous rêvez à quelque mauvais coup ?

ROUSSEL, se frottant les mains.

Du tout... fi donc!... un simple marché!...

JEANNE

Un marché que vous devez faire celte nuit?...

ROUSSEL

Ce soir même... à dix heures...

JEANNE

Alt!... Et... où donc?

ROUSSEL

Chez moi, pardié!...

JEANNE; à pari#

Chez lui!... à dix heures!...

Ah! ah ! ça vous fait réfléchir...

JEANNE

Il y a bien de quoi.. .un mariage... une fortune... (On entend le brait de la file et de la danse.)

ROUSSEL

Eh bien , mam’selle Jeanne, en attendant que vous vous décidiez à accepter ma main, prenez toujours mon bras, et venez faire un tour à la danse.

JEANNE, hésitant.

Moi?... (a part.) Quel peut être ce secret?... Mon Dieu, serait-ce un indice que vous m’envoyez?... {Elle va pour prendre le bras de Roussel.)

CLAUDE-MARIE, se levant.

Non... non !... pas toi !... (il repousse Roussel loin de Jeanne.)

ROUSSEL, menaçant.

Ah! bête brute!...

JEANNE

Oh! ne lui faites pas de mal... il m’aime tant!...

ROUSSEL

Mais il vous aime trop !... C’est un chien enragé!,..

CLAUDE-MARIE, prenant la main de Jeanne et repoussant Roussel.

Pas toi!... pas toi!... Moi!... moi!... Venez!... (il sort avec Jeanne.)

ROUSSEL, les regardant sortir, et avec colère.

Elle se moque de moi... la coquette! Bah! ne songeons qu’à faire fortune!... 11 se fait tard... allons à ma cabane de Reidac ! (n sort.)

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